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Vendredi 15 janvier – Koh Lanta à Chiang Mai – On perd un voyageur et 20 degrés

Mauvaise nouvelle. 
Réjean est absolument incapable du moindre mouvement. Il ne peut pas mettre un pied devant l'autre et décide de passer quelques jours pour se rétablir. Il nous rejoindra à Chiang Mai dans quelques jours. 

Aux alentours de midi, nous attendons notre transfert vers le quai de Saladan. Nous montons avec la patronne qui doit aller faire des commissions au bourg et laissons, le cœur gros, notre ami à son sort. 

Le bordel est pogné sur le quai, mais notre bateau n'est pas annoncé, nous avons le temps de nous tirer une chaise en plastique et d'avaler un riz frit. 

Le Ao Nang Princess accoste et les gens sont des animaux. À vouloir monter trop vite, ils en oublient de laisser descendre ceux qui arrivent. De toute façon, ce n'est même pas notre bateau, il faut laisser embarquer tout le monde, traverser le pont et descendre dans le speed-boat amarré de l'autre côté. 
C'est spartiate, peu spacieux, et la mousse de notre banquette est imbibée d'eau. Nous le constaterons à l'arrivée, le short trempé comme si notre couche avait débordé. 
Le bateau mérite son qualificatif de rapide, ses trois énormes moteurs hors-bord de 225 chevaux sauvages chaque, emplissent la cabine de leur hurlement. Nulle discussion possible dans cet espace ouvert au vent du large. 
En exactement 1 heure, nous accostons à couple d'un autre bateau au petit quai de Had Nopparatthara à Ao Nang et montons dans le minibus en direction de l'aéroport. 
C'est maintenant que je me rends compte que mon short beige est trempé, je ne ferais pas de comédie dramatique comme les Italiens devant nous et me contenterais d'en rire en marchant de reculons, fesses au vent, pour le faire sécher. 

Il est encore très tôt lorsque nous arrivons à l'aéroport de Krabi, les kiosques d'Air Asia pour Chiang Mai sont encore fermés pour au moins deux heures. 
Nous allons donc manger dans un chouette restaurant au niveau des pistes, ça change des soupes déshydratées vendues dans la zone d'embarquement. 

Enfin, il est l'heure d'enregistrer nos bagages. Nous expliquons à l’hôtesse que l'un des voyageurs ne sera pas du vol et qu'elle peut annuler son billet. Ceci fait, nous passons au contrôle des bagages et allons patienter quelques heures de plus dans la salle d'embarquement. 

Le ciel s'assombrit, les nuages noirs deviennent menaçants, les éclairs transpercent les ténèbres, la foudre tonne et roule de plus en plus proche de la piste de décollage. 
André n'en mène pas large et blêmit à chaque flash, je tente de le rassurer en lui disant que l'orage va passer avant que nous décollions et que les avions sont de toute façon conçus pour supporter ce genre de phénomène climatique. 
Hein, c'est vrai ? 
De toute façon il faut y aller, les autres passagers sont déjà en ligne devant les patientes hôtesses. Je sors les boarding pass et me rends compte qu'il manque celui d'André ! Misère… 
En nous enregistrant, la jeune fille a fait une erreur et a oublié de valider le billet d'André sans doute pensant qu'il était Réjean, mais en validant 2 bagages pour Robin qui n'en a qu'un et que de toute façon nous n'avons droit qu'à un bagage en soute, et inversement. 
En tout cas, ça a l'air aussi compliqué que ça. 

Être plus blanc que blême ça existe, je l'ai en face de moi… Gardant notre sérénité, nous attendons que les demoiselles passent leurs appels et valident la place déjà achetée. Finalement, 5 minutes peuvent paraître très longues dans ce genre de situation, mais tout s'arrange avec le sourire et nous pouvons prendre place dans la cabine. 

Une jeune fille change de place avec ses copines, nous avons 3 sièges avec vue sur de gros nuages noir pleins de tension électrique. Je ferme discrètement le rideau et assure à mon fantôme que tout va bien et que l'orage est dernière nous. En vérité, il a fait demi-tour, et après le décollage nous secouera pendant une trentaine de minutes, histoire de nous faire sentir bien vivants. 

Une heure 45 plus tard, nous atterrissons tranquillement à Chiang Mai en ayant perdu une vingtaine de degrés au passage. L'air est respirable, il fait frais, la nuit est claire et le taxi nous emporte pour 150B vers le White Houste Guesthouse où j'ai réservé nos 3 nuits. L'aéroport est vraiment à coté de la ville, il nous faut à peine 10 minutes pour arriver au grand portail vert qui n'a pas changé depuis 2002 et ma première visite. 

Un peu désuet, mais très central et calme, le White House a été racheté par un Suisse et affiche fièrement ICI ON PARLE AUSSI FRANÇAIS. 
Ce qui lui vaut nombre de demandes de renseignements de la part des touristes francophones. Les chambres avec climatisation sont louées 500B, celles avec ventilateur 350B, inutile de préciser que la clim est totalement inutile en ces fraîches contrées. 
Évidemment, à ce prix là il ne faut pas s'attendre à du grand luxe. Les peintures sont fatiguées, les salles de bains sommaires, mais c'est propre, les lits sont confortables et l'accueil chaleureux. 

La journée a été très longue. Nous prenons un repas léger et une dernière bière, en souhaitant le rétablissement rapide de notre ami Réjean.

Points d'intérêts Chiang et alentours

Détails centre historique



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Jeudi 14 janvier – Koh Lanta – plage et dispensaire

Programme concis et efficace : ne rien faire. 
Tourner la poignée de la mob vers la plage de Khlong Jak et se reposer sur un transat en regardant le flux de la marée et les petites vagues s'éteindre sur le sable. 

La mer est chaude, quelques filaments urticants nous rappellent qu'il y a plein de choses vivantes dans toute cette eau et le soleil continue sa course. 


Sur une terrasse rasta, nous prenons un repas copieux et économique en s'étonnant de la qualité merdique des pansements d'un jeune homme probablement accidenté de scooter. Si c'est sa copine qui lui a fait ça, il devrait s'en trouver une autre.

Beaucoup de touristes se donnent pour mission d'absolument monter sur un deux-roues en Thaïlande. Si les grandes villes sont compliquées à conduire, la chose devient plus aisée sur de petites îles où la circulation est nettement moins anarchique. Mais. 

Mais, conduire un scooter ce n'est tout à fait la même chose que faire du vélo. Ils sont lourds, puissants, ont des freins relativement pourris, et l'île recèle son lots de virages traîtres et de descentes abruptes. Sans compter les petits génies qui décident de s'égoprotraitiser (se selfier) tout en roulant ! 

J'ai vu beaucoup trop de jeunes gens, surtout des jeunes filles, complètement perdus au guidon de leur petite machine, ne sachant plus s'il fallait rouler à gauche, tourner à quel carrefour et s'arrêter n'importe où pour faire une photo. Heureusement, les locaux sont habitués à ce genre de comportement et font leur possible pour éviter les accrochages. 


Carte de Koh Lanta
Mais les occidentaux n'ont besoin de personne pour se vautrer en short et gougounes sur le macadam brûlant. Les jambes, les bras et les pieds à vif, ils finissent dans un des nombreux dispensaires ou cliniques de l'île où ils seront rapidement pris en charge. 

Certains décident de se dispenser de dispensaire, et se soignent eux-même. Comme ce garçon en face de moi, qui ne semble pas avoir la moindre expérience de soins infirmiers basiques. Mauvaise idée… 
Les vacances à la plage sont finies, plus de baignade, plus de soleil, on se dit finalement que c'était vraiment une mauvaise idée de faire quelque chose de nouveau sans aucune formation. 

Nous revenons à nos transats, trempons un peu dans l'eau, séchons et recommençons le processus de façon régulière. 

Un cri de douleur se fait entendre. Notre ami Réjean pense s'être coincé le nerf sciatique et ne peut plus bouger. Nous devons rentrer doucement et lui éviter les chocs. 

Je m'arrête acheter quelques fruits et joue à cache-cache avec le petit garçon de la découpeuse de saparot. Timide, il finit par trouver mes grimaces rigolotes et esquisse un sourire. Sa mère doit me trouver complètement taré.

Le soleil descend sur la mer, les îles de Koh Ha Yai se découpent sur un horizon fantasque. Un énorme nuage vide son trop plein d'eau dans la mer d'Andaman, d'autres se parent de rouge et orange en défilant au-dessus de nos têtes, c'était notre dernière soirée à Koh Lanta. 

Demain, nous serons dans le grand nord, à Chiang Mai, où la température devrait être plus clémente.



#LesDrolesdIdeesDeChristophe .

Mercredi 13 janvier – Koh Lanta - De poussière et de boue

J'ai prévu de faire découvrir l'intérieur des terres à nos amis. 
Une route traverse plus moins l'île dans le sens de sa longueur du nord au sud et inversement. 

Les cultures d'hévéas sont en pleine production. Depuis la baisse drastique du prix du pétrole, le latex naturel est redevenu à la mode. 
Les exploitations ont été nettoyées, les arbres entretenus et entaillés. Les demies noix de coco accrochées aux troncs se remplissent de l'épaisse sève blanche et, en séchant forme des ballons un peu collants. 
La route en terre est poussiéreuse, il y a un énorme nuage rouge derrière moi, je dois absolument rester devant ! 

Nous quittons le chemin de terre et bifurquons à l'est. 
En remontant vers le nord, nous tombons sur la mangrove et décidons de nous offrir une balade en kayak. 

La marée est encore basse et les palétuviers ont les racines découvertes, c'est le meilleur moment pour visiter ce site naturel. 
L'embarquement est un peu délicat, mais personne ne tombe à l'eau. 
La marée est montante et le vent de face, idéal pour commencer une excursion sur l'eau, ce n'en sera que plus facile pour revenir. 

C'est sans compter sur l'esprit aventurier qui nous gagne. Nous visitons les petits méandres hors piste, dépassons la maison flottante et, ayant tourné, avançons à présent le courant et le vent dans le dos. 
J'ai comme une envie de voir de plus près cette étrange mangrove et décide d'accoster. Le débarquement sur le rivage est acrobatique, mais, aidés de branches et de racines, nous mettons pied à terre. Pieds dans la boue en fait. 

Le sol chaud est mou et onctueux comme une Danette. Les orteils s'y enfoncent avec délectation. Le bruit de succion à chaque pas est obscène, la sensation est extraordinaire. 
Nous ne pouvons pas aller plus loin que le petit mètre carré sur lequel nous pataugeons, la forêt est dense et impénétrable. L'embarquement à bord de notre frêle et instable esquif est un grand moment de fou rire. 
Les pieds pleins de boue noire glissent, nos petits sièges sont sales, le rafiot est plein d'eau. Hélas pour nos spectateurs, aucun incident fâcheux ne viendra s'immortaliser sur la carte mémoire de l'appareil photo. 

Nous repartons de plus belle... J'imagine que le petit cours d'eau que j'ai pris nous ramènera à notre point de départ. En tout cas, sa courbe le laisse fortement supposer. 
Et puis, c'est si romantique de se laisser tranquillement porter par le courant sous la canopée protectrice, la pagaie servant juste de gouvernail. 
Les ombres et lumières donnent à cette forêt impénétrable des airs de début du monde. Les racines forment un abri inexpugnable pour les millions d'alevins qui vont y commencer une vie mouvementée. Les crabes à grosse pince se font la main sur du menu fretin avant d'aller à la chasse au gros gibier. Mort de préférence. 

Au détour d'une courbe, on distingue la montagne et le bruit de la route côtière, nous ne sommes plus loin de notre port d'attache. Mais le remblai qui obstrue l'horizon nous ferme définitivement l'accès à la suite de la visite et nous devons faire demi-tour. 

Le sympathique petit courant est maintenant face à nous, mais il est doux et nous pouvons remonter facilement cette partie de la mangrove. Le gros virage à droite nous ramène sur l'artère principale. Le vent est l'allié du courant. La maison flottante semble à des années-lumières. 
Terminée, la petite balade pépère, il va falloir donner un coup de main au pagayeur principal, c'est-à-dire moi. 
André est donc mis à contribution. Fin de la pause contemplative, confortablement allongé au fond du kayak. 

 Après quelques rapides conseils sur les procédures de propulsion du navire, le jeune homme retrouve ses gènes de coureur des bois. Il manie la pagaie comme ses ancêtres, veut remonter les rivières jusqu'à leurs sources, courir les bois peuplés de sauvages, trapper et revenir, le canot débordant de fourrures. Acheter quelque pacotille à échanger aux autochtones contre filles et gîte. Attendre la nouvelle lune, et, enfin, après des semaines sans se laver, le retour à la grand'ville où il s'encanaillera avec des marauds comme lui, dans un bouge de la basse-ville, deux greluches malsaines et avinées sur les cuisses. 
Photo pas très nette du quinquisaïeul Dion.
Il avait déjà échangé ses fourrures contre un peu de chaleur

 En attendant, il ahane sous le soleil implacable, demande une pause, et reprend du collier avec la promesse d'une boisson fraîche dans cette maison flottante qui semble enfin se rapprocher. 

Nos efforts communs ont eu raison des éléments.  Vents et marées nous ont à peine ralentis et nous arrivons essoufflés, le front rouge d'effort et d'ultra violets sur le ponton de cette maison. Un jeune homme nous aide à débarquer et attache notre canot. 
Nous échouons sur quelques coussins moisis, un shake au citron bien frais à la main. 

 Le retour jusqu'au ponton principal se fera plus aisément puisque le vent nous pousse. Le débarquement de nos corps ankylosés par trois heures d'efforts intenses sera à nouveau une grande crise de fou rire qui n'aide en rien à la tâche. Nous rendons l'attirail à la drôlesse du kiosque d'accueil et reprenons quelques forces à la cantine de la Mamma. 

 Chauffés par le soleil du haut, cuits par ses reflets aquatiques, nous revenons vers nos chambres prendre un peu de repos et nous glisser sous une douche froide. 

 La soirée sera consacrée à un cocktail sur la plage et à un restaurant où, pour une fois c'est moi qui ferait les frais de l’incompétence de notre jeune serveuse. Elle a tout simplement oublié de commander mon plat en cuisine. 
J'en suis quitte pour souper avec une grosse bière et une fourchetée de salade de papaye volée à mon voisin et serait charmé par les enfants fascinés par le trio de musiciens.



#LesDrolesdIdeesDeChristophe

Mardi 12 janvier- De la pastèque farcie au singe

Réveil tranquille, déjeuner sur terrasse. 

Ce matin, nous montons à Saladan. 
Le long des plages, quelques bateaux attendent l'heure de l'appareillage sur une mer tranquille translucide. Au loin les petites îles inhabités de Koh Ha Yai sont posées sur un horizon flou de chaleur. 

 Je suis certain que ce mardi, le marché est ouvert. Je n'ai bien sûr demandé à personne de confirmer ma supposition et me fie à ma bonne étoile. Qui semble quelque peu ternie, puisque de marché il n'y a point. Tant pis, nous en verrons d'autres et serons rapidement contentés de têtes de cochon et autres tripailles. 

 Un jeune homme ouvre son kiosque de jus frais et le jus du jour est à base de gingembre. Le résultat est à la hauteur de nos attentes. Une belle grosse dose de gingembre, un citron vert, de la glace, du sucre de palme, un tour de mixer et nous voilà armés de gros verre débordant de jus frais piquant et rafraîchissant. C'est exactement ce qu'il nous fallait, il n'est pas encore midi et il fait 38º. 

 Nous grignotons dans une gargote de bord de route et revenons vers notre hôtel. 

Je me réjouis de dévorer la demie pastèque achetée hier, mais elle a pris le chaud et elle a commencé à fermenter. Immangeable. Je la laisse donc enveloppée sur la balustrade de la terrasse et regagne la chambre climatisée. 

 Quelques minutes plus tard je détecte une activité suspecte sur la balcon. Je tire le rideau et voit un singe les deux mains déchirant le sac en plastique, plongeant la tête dans la chair du fruit trop mur. Ses moustaches dégoulinent de jus rouge, il a l'air de se régaler. 
Un comparse le rejoint et ils se disputent les restes de ma regrettée pastèque en se chamaillant. 

 Je jetterais le cadavre sanguinolent du fruit sous mon bungalow, où les poules, et autres insectes gourmands finiront de nettoyer la carcasse.

Ainsi passent les jours sur Koh Lanta...

Village de Saladan
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Lundi 11 janvier - Koh Lanta - Isolement et dépendances

Lanta National Park
Mais dis donc, on dirait qu'il va encore faire beau aujourd'hui ! 
Ça tombe, bien puisque c'est piscine… Enfin mer bleue et sable fin. 

Nous embarquons sur nos nouvelles pétrolettes, un peu en moins bon état, mais également moins chères, et prenons la route du sud. Il est tôt, il a peu de monde sur la route et le petit parking du Parc National est presque vide. 
À nous la sublime plage de sable fin et blanc, les eaux turquoise et l'ombre des cocotiers. Avant de profiter de ce farniente de luxe, nous montons au phare qui surplombe cette magnifique baie. 
La vue y est époustouflante, le regard porte loin et les eaux claires laissent apparaître multitudes de poissons. 

Nous profitons longuement de la baignade et de quelques minutes de repos à l'ombre de larges branches. Il est déjà l'heure de manger. Le parc n'offre pas de nourriture, alors nous quittons ces lieux idylliques pour d'autres. 

La prochaine plage vers le nord-est l'endroit idéal pour poursuivre la journée. Une hutte, des bancs, un menu et nous sommes immédiatement devant une assiette et un verre. 

Le sable est brûlant, nous devons marcher sur la bande mouillée de la plage pour rejoindre un arbre salvateur. 
Nous installons nos serviettes et allons nous baigner. 

Non loin, une famille thaïe a décidé d’emmener leurs deux chiens hideux se baigner et surtout aboyer. Le calme est brisé par les jappements de ces deux mini-monstres, qui ne dérangent nullement leurs maîtres. 

De toute façon, il fait trop chaud, nous sommes un peu rouges, rentrons. 

Le soir, nous mangerons sur la plage, qui d'un gros poisson grillé ou d'un calmar. 
Les nouveaux jeunes sont tous rétro éclairés par leurs téléphones qu'ils ne quittent jamais des yeux. Les réseaux Wi-Fi haute vitesse sont partout et les occidentaux avides de renouveler leur statut Facebook ne peuvent se passer de cette dépendance. 
Les couples ne se parlent plus, il n'y aucun échange et ils s'intéressent à peine au contenu de leurs assiettes.
C'est bien de décrocher de temps en temps. 

En face, patiente, sa copine, attend en tortillant sa cuillère dans son riz blanc. Lui va manger froid, il ne se rappelle même plus qu'il a commandé quelque chose.
Les voyages font et défont les couples, attention à toi mon petit bonhomme accro.


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Dimanche 10 janvier - Koh Lanta - Des girafes jaune et bleue, Apsara à Old Town

En ce beau dimanche ensoleillé, les bras et les jambes noyés sous une couche de crème solaire, nous traversons l'île au guidon de nos petites 125. 
La route est belle, le point de vue sur la côte est superbe, nous poussons jusqu'à la pointe sud pour voir ce qu'il y a au bout du monde. 

Un café-restaurant-terrasse au-dessus de la mer nous attend. Un chat dort au milieu du parking à gougounes, un bébé sommeille sous le regard attendri de sa maman, les rares touristes chuchotent en attendant leur jus de pastèque ou de mangue. 

Encore plus bas au sud, un petit panneau indique View Point, nous avons beau avoir cherché, de vue, point. 
Par contre, une marche extrême dans la brousse sauvage sur un petit sentier qui ne mène nulle part, ça, on y a eu droit. Des bouffées de vent chaud nous font suffoquer, les sandales s'accrochent tant bien que mal sur les cailloux poussiéreux, mais qu'est-ce qu'on fait là ?
Allez, demi-tour, on ira acheter une carte postale ou on fera une capture d'écran de Google Map. 

Tout au bout du bout de la pointe sud-est, il y a un petit guesthouse. C'est perdu, tranquille au possible et les chambres sont des proues de bateaux baptisées du nom de villes célèbres. 
Une piscine surveillée par des girafes en plâtre et des éléphants bleus darde ses reflets verdâtres vers les cieux. Un ponton fait de branches d'arbres, de bambous, de bric et de broc s'élance sur la mer, j'ai l'impression que c'est solide et m'y aventure. 
Des noix de coco vides, des flotteurs de filet de pêche, des coquillages, des cages à poules, des fruits de je-ne-sais quel arbre se balancent au rythme de la brise et décorent la hutte marine. 

Nous enfourchons nos montures et reprenons la route nord en direction de Old Town, le vieux village de Koh Lanta. 
Un très long ponton s'enfonce dans la mer, quelques bateaux de pécheur s'y bercent en attendant un prochain appareillage. 

Dans le vieux village, il y a quelques touristes courageux qui bravent l'explosion attendue des thermomètres, mais il y surtout Apsara. 
Ce tout petit restaurant sur pilotis face à la mer sort de la cohorte des restos trop fréquentés. 
Le jeune homme qui s'en occupe parle très bien anglais, la cuisine y est délicieuse et ses tatas sont d'excellentes cuisinières. C'est un vrai bonheur de manger à l'abri du soleil, ventilés par la brise du large. 

Nous visitons quelques boutiques de la rue principale, des magasins vendent des épices un peu trop ventilées, d'autres des souvenirs classiques, c'est touristique et sans grand intérêt.

Nous devons traverser l'île pour rendre la mob de luxe à notre locatrice à 14 heures. Mais on est en Thaïlande et finalement, l'échange ne se fera que le lendemain matin.


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Samedi 9 janvier - Koh Lanta, mob et resto à Saladan

Tiens, mais qu'ai-je fait du décalage horaire cette année ? 
Le gros flacon de mélatonine va repartir dans un prochain colis à destination de Montréal. Pas de coq pour nous réveiller à 4 heures du matin, le silence est de mise, le grand lit très confortable, des vraies vacances de luxe ! 

Un muesli au yaourt et fruits sur la terrasse face à la mer, une théière d'infusion de gingembre, des grandes respirations saines et enfin, la quiétude. 
Bangkok est une ville géniale pour qui la connaît un peu, mais elle est terriblement énergivore. Ce séjour îlien nous sera précieux et régénérateur. 

Aucun programme aujourd'hui. 
Nous prenons possession des motos et montons en direction du nord et du petit village de Saladan. Je veux faire découvrir le petit marché à mes amis, mais il est fermé et nous raterons régulièrement son ouverture. 
Nous parcourons la petite rue, le soleil est un maraud qui va nous faire payer très cher l'outrecuidance de notre présence en cette heure de zénith. 

Nous entrons dans un de ces petits restaurants sur pilotis qui surplombent la passe entre Koh Lanta la grande et la petite. L'eau est bleue céruléenne, le souffle d'air qui fait frisotter l'écume nous rafraîchit un peu, la place à l'ombre est un bonheur indicible. 

Le Som Tam et le khao niao sont parfaitement adaptés à la situation thermique. Moi qui rêvais d'une bonne soupe aux gourganes. 

Il fait trop chaud (je l'ai déjà dit ?) pour continuer plus avant notre équipée. 
Retour à l'hôtel, de toute façon, c'est une première en deux-roues pour nos amis. Je crois qu'ils sont assez éprouvés par ces quelques kilomètres, et je ne veux pas que cela se termine mal dès le premier jour.

Khao Niao et Som Tam
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Vendredi 8 janvier - Bangkok/Koh Lanta, de l'ombre à la lumière

Il est 3h30 du matin et nous nous levons pour rejoindre l'aéroport de Don Muang. 
Pour une fois, le décalage horaire va jouer en notre faveur, aucune fatigue, réveillés avant l'heure, nous sommes prêts à quitter l'hôtel en moins de 10 minutes. Le réceptionniste nous offre une carte VIP en espérant nous revoir à notre retour, nous appelle un taxi et nous lance des bebye de la main en nous souhaitant un bon voyage. 

Finalement, ça rentre 4 personnes avec armes et bagages dans un taxi régulier ! 
Il est 4 heures, les rues sont vides, certains petits restaurants roulent leurs volets métalliques, d'autres éteignent les feux de leurs barbecues en les noyant, et certains se préparent à ouvrir. Bangkok ne s'assoupit jamais. 
Le taxi est même capable de rejoindre le terminal 2 de Don Muang en moins de 30 minutes sans monter sur l'autoroute. Un record. 

L'enregistrement est rapide, passage au contrôle de bagages cabine et nous voilà coté fast-food et salle d'attente. Les gourmands fumets du McDo, Subway, PFK et Burger King agressent nos narines, nous nous dépêchons d'avaler un café avant de rejoindre le troupeau de touristes qui, comme nous, attend son vol pour quelques îles du sud. 
Dès cet instant, il est possible de savoir qui va où sans même regarder les panneaux au-dessus des guichets de contrôle. 
Koh Phangan attire sa foule de fêtards des pleines lunes, ainsi que des demies, quarts, noires, montantes ou descendantes. Tout est prétexte à gober des champignons hallucinogènes, se vautre dans des buckets de sangsom/red bull, et finir torché sur une plage où les plus malins tenteront un bain de minuit et finiront probablement dans la rubrique des fait divers. 
Les autres destinations sont Koh Tao pour la plongée, Phuket et Koh Samui pour la fiesta… 

Devant notre kiosque, il y a un peu de tout. Nous constaterons en arrivant, que sur Lanta il y a aussi des full moon partys. Alors dans le groupe, il y a autant de familles que de jeunes gens prêts à en découdre avec les nuits blanches et la techno plage. Mais nous ne les verrons plus une fois débarqué du bateau. 

Ce matin, dans l'aube naissante, nous constatons que la ville est complètement enveloppée d'un épais brouillard. Mélange de pollution, de brume de chaleur, de fumées diverses, la chape de plomb donne un aspect malsain à la Cité de Anges. 

L'Aibus A320 de la compagnie Air Asia quitte son parking et sans prendre le temps de regarder à droite et à gauche se positionne face aux petites lumières vives qui ponctuent la piste, met plein gaz et décolle sans autre forme de procédure. 
Ça, c'est du pilote décidé à partir !

Quelques minutes suffisent pour passer au-dessus de la grisaille toxique. Le soleil levant est éclatant et nous mets immédiatement de bonne humeur. 
Dans exactement une heure, nous atterrissons à Krabi. 
De grands panonceaux explicites, indiquent qu'il est absolument interdit de se jouer de Bouddha. Ni tatouages, ni souvenirs, tête sculptée, coussin pour ti-chien ou autre abat jour ne sont tolérés. Il ne faut pas prendre de liberté avec Bouddha, c'est mal.

Tiens, le ciel est vraiment bleu partout ici ! 
Les sacs récupérés, nous sortons pour rejoindre notre transfert vers le quai d'embarquement. Le départ ne se fait pas tout de suite, nous avons le temps d'aller boire un petit café et d'envisager une semaine de calme et de repos. 

Le fameux Ao Nang Princess lève l'ancre. Il est plein à en faire craquer les membrures, mais le rafiot en a vu d'autres. Un immense écran de télévision bloque l'accès au compartiment bagages, quelle ingénieuse idée de l'avoir placé là. 

Heureusement, la cabine est climatisée. Les passagers qui préfèrent voyager sur le pont au grand air, en seront quittes pour quelques méchants coups de soleil. Deux heures de navigation sous le brûlant soleil de la mer d'Andaman sont des épreuves que les touristes blancs comme neige sont prêts à endurer. 
En arrivant à Saladan, 2 heures 15 plus tard, ils seront aussi rouges que prévu, mais cela ne freinera pas leur volonté de bronzer à tout prix. Mélanomes bonjour ! 

Enfin, l'eau turquoise des longues plages de Lanta Noi sont à portée de vue. Ces plages sont sublimes, et totalement désertes. C'est ici que je me suis fait bouffer par quelques dizaines de puces de sable, il y a deux ans. 
Ces plages pourront bien faire leurs belles autant qu'elles le veulent, elles se passeront de moi ! 

L'accostage au quai de Saladan est rapide, et le chaos toujours de mise. Une partie de l'île s'en va, et une partie du continent débarque. Il y a un seul quai d'accès, et l'organisation est toute thaïe. 
Il faut toujours sortir une pièce de 10 baths pour la taxe de nettoyage de l'île et juste après la barrière, des dizaines de pick-up, motos et tuk-tuk font le pied de grue en attendant le client. Beaucoup lancent des panneaux au bout de leurs bras indiquant le nom de l'hôtel réservé, mais nous ne sommes pas attendus. 
Arriver à l'improviste est enfin notre premier acte de bravoure ! 

Je vise le tranquille Lanta Nature Beach Resort où nous avions passé un très bon séjour en 2014, j'espère que la gentille Sister dont je n'ai jamais connu le nom est encore là. 
J'attrape une jeune dame qui se cherche des passagers, elle nous demande 200 par personne, je baisse à 150 et nous partons les premiers de cette cohue. Il est encore tôt, les touristes viennent juste de quitter leurs hôtels, il devrait donc y avoir des chambres libres.

La sœur de Sister nous accueille. Elle ne croit pas qu'il y ai des disponibilités, mais me précise que sa Sister va venir et que nous pourrons voir avec elle. 

Hé bien oui, elle nous reconnaît, elle se rappelle de notre chambre et semble vraiment contente de nous voir. Il n'y a pas de chambres pas chères, nos petites piaules sont toutes louées, nous n'avons pas le choix de prendre ce qui nous est proposé. 
En même temps, il fait vraiment trop chaud pour commencer à parcourir l'île à la recherche du bungalow de rêve à 15 piasses. Et puis cette année, si on veut dormir, la climatisation n'est pas optionnelle. 
Il fait 41º, la température la plus basse la nuit va tomber aux alentours de 30º, pas question que je dorme dans mon jus. 

Je réussis quand même à négocier les prix à la baisse avant de valider nos réservations. Il est grand temps de sauter dans un maillot de bain et d'aller manger. 
Nos chambres sont belles, propres, climatisées et à coté de la plage, profitons-en, demain nous déménageons. 

Le programme des prochains jours ? Plages, repos, tournée des bouis-bouis, mob à travers l'île et beaucoup de sueur.
Le soleil se couche sur des bateaux de pêche, sous la table de bambou, je creuse un nid de tortue avec mes orteils. Calme plat sur la mer d'Andaman.


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Lundi 3 février – Krabi-Bangkok


Dernier réveil dans le sud de la Thaïlande et épilogue d'une première partie de voyage.

Si la côte et les îles de Krabi n'ont rien à voir avec la déchéance putanesque de Phuket, il reste quand même quelques endroits où le touriste est roi. Ao Nang en fait partie avec son front de mer vomissant des ivrognes de leurs bars à entraîneuses, ses indécents seins nus se balançant au grès des âges ou pas du tout grâce aux pouvoirs anti-gravitationnels du silicone, ses je-fais-ce-que-je-veux-j'ai-payé, et de toute la lie que la société de surconsommation peut produire.
div style="font-style: normal; font-weight: normal; margin-bottom: 0cm;"> Heureusement ce genre de faune ne s'éloigne jamais bien longtemps du troupeau avec lequel elle migre. Un peu comme si, éloigné de la meute, homo touristicus ne pouvait survivre.
Alors il suffit de prendre le large, éviter les sites trop réputés comme Koh Phi Phi et aller à la rencontre des habitants. Les Thaïs ont perdus leur sourire légendaire dans ce magnifique sud, mais il revient instantanément en échange du votre et lorsqu'ils se rendent compte que votre attitude est plus respectueuse que condescendante.

Ao Nang et Krabi restent quand même des villes incontournables si on veut visiter Railay, et d'un petit coup de poignet sur les gaz, on s'échappe rapidement.


Koh Lanta a été notre coup de cœur. Une grande île où 10 jours passent rapidement, peu de choses à visiter, mais beaucoup à faire. Une population amicale et chaleureuse, oui gensses du pays, même avec un voile sur la tête ! Des plages pour tous et une différente chaque jour.

Farniente, scooter, hamac, baignade, randonnées, jus de fruits, bars reggae, petites gargotes , restos plus chics, plongée sous-marine, name it ! Les accros de musique, danse du feu et champignons hallucinogènes y trouveront aussi leur bonheur, mais dans leur réserve.

Maintenant, il es temps de passer à autre chose.



J'ai réussi à négocier un prix avec le frère du gérant du motel pour nous emmener à l'aéroport Pour 200B de moins que ce que nous proposait l'agence et surtout cela va nous éviter de prendre un transport jusqu'à Ao Nang et de là attraper le bus qui dessert l'aéroport en plus d'une heure. En à peine vingt minute notre silencieux chauffeur va nous mener à destination, passage des bagages dans la machine à rayons X, enregistrement, tout va très vite. À 13h35 nous décollons pour Bangkok accompagné de quelques rastapoils qui doivent avoir hâte de se laver. Ou pas.


Great Residence
De l'aéroport de Don Muang où nous atterrissons à celui de Suvarnabhumi où nous allons prendre la navette de l'hôtel il y a le taxi, mais surtout il y a le bus gratuit. Sur présentation de la carte d'embarquement d'Air Asia nous pouvons accéder à ce transport très pratique et en quelques 45 minutes nous arrivons au gigantesque aéroport international qui porte un nom difficile à prononcer. Nous cherchons pendant de longues minutes la pancarte du Queen's Garden où j'ai réservé, mais c'est un jeune homme du Great Residencehttp://www.greatresidencehotel.com/ qui vient nous trouver. Le Queen's n'existe plus. La Reine est morte vive la Résidence !

Une chambre confortable, une piscine invitante mais infestée de moustiques, un quartier plutôt désert, mais une carte de resto très correcte. Un hôtel juste pratique car à seulement 10 minutes de l'aéroport, ce qui est parfait pour des transferts entre deux vols.

On se retrouve au Sri Lanka ?

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Jeudi 30 janvier – Bye Bye Koh Lanta, Hello Ao Nang

Comme prévu le pick-up de midi n'est pas là. Le responsable des excursions vient nous voir en nous disant qu'il aura un peu de retard, ça ne m'inquiète pas outre mesure, quinze minutes en Thaïlande ce n'est pas du retard. Finalement à midi et demi il revient nous voir pour nous annoncer que la voiture prévue pour nous emmener à bon port est pleine et qu'il va nous conduire lui-même. Un rapide changement de chauffeur et nous voilà enfin en route.

La cohue est intense sur le quai. Plusieurs bateaux sont venus déverser leurs flots de touristes. Étant donné qu'il faut payer une petite taxe à l'arrivée, la file s'allonge au guichet, les départs s'entassent avec les arrivées, certains commencent à s’énerver ce qui n'améliore pas la confusion ambiante.
Finalement nous embarquons tous sur nos bateaux respectifs et à 13h30 pétantes nous larguons les amarres. La navigation est tranquille, la petite voisine veut absolument savoir ce qu'elle aura dans son goûter et son patient papa de lui répondre pour la centième fois la même chose : des bananes et des biscuits. Dors petite Louise, DORS !
Au bout de deux heures nous atteignons les plages de Railay où nous débarquons une partie des passagers et en embarquons d'autres. Les long tails boats font la navette entre les plages et le Ao Nang Princess, puis nous reprenons la route vers le quai d'Ao Nang.
Vu de la mer ces sites sont sublimes, ils nous tarde d'aller voir tout ça de plus près. Malheureusement la marée basse nous empêche d'accoster au quai, nous serons donc nous aussi pris en charge par des navettes.
Le bordel est intense. Pour embarquer sur ces petits bateaux il faut en débarquer les passagers qui montent à bord. Le tas de sacs et de valises s'effondre lorsque les premiers y prennent leur bagage. Les gens veulent entrer dans la cabine mais nous ne sommes pas encore sortis et si la jeune demoiselle chinoise me pousse encore une fois je la jette par-dessus bord.
L'impatience gagne certaines personnes, ils ne comprennent pas que nous allons tous débarquer et que ce n'est qu'une question de temps.
Bon ça y est, nous sommes dans une navette en direction du quai, finalement tout s'est bien passé, il suffisait juste de patienter un peu.
Et maintenant il faut trouver une piaule.
Nous sommes particulièrement mal tombés en cette veille de Nouvel-An chinois. Tous les hébergements sont complets, les prix ne sont plus du tout les même qu'à Koh Lanta, ici pour 500B on peut éventuellement trouver un lit dans un dortoir. Nous profitons d'une jeune allemande qui nous invite à partager son tuk-tuk pour nous rendre à son hôtel, peut-être qu'avec un peu de chance... Non la chance ne nous sourit pas, tout est complet. Le chauffeur du tuk-tuk nous fais faire le tour de quelques établissements pour demander les disponibilités. Avec le recul je crois qu'il s'est un tout petit peu foutu de notre gueule, mais faut bien qu'il fasse son argent. En fait il nous dit qu'il va voir, et qu'on peut l'attendre dans son carrosse. Je comprends mais un peu tard, qu'il ne demande rien du tout et qu'il revient penaud pour nous annoncer que tout est complet.
Finalement, plein de ressource il nous emmène chez une connaissance qui, comme par miracle tient un bureau d'informations et de réservations. Et là nous trouvons une chambre tout de suite, mais à 3km de la ville. Le prix est élevé, mais il est tard et de toute évidence c'est No Vacancy partout. Nous payons les 1000B par nuit et attendons le transfert vers cette guest house, qui sur photo a l'air pas trop mal. Il faut se méfier des photos...
Notre chauffeur nous attend, mais nous comprenons ensuite qu'il attendait simplement sa commission. Il partira sans même une petite bise.

Allez, de toute façon nous sommes fatigués et impatients d'aller prendre une douche. En moins de 10mn nous arrivons à Ao Nammao qui se trouve de l'autre coté de la presqu'île de Railay, l'avantage est que les bateaux pour les plages sont juste à coté.
La chambre n'est pas mal, mais nous décidons de changer, car trop proche de la route. Nous emménageons dans une chambre plus éloignée, mais le plafond ressemble à une champignonnière hors de tout contrôle et André commence à se sentir mal. Bon pour cette nuit on va essayer de supporter cette infection, on verra ça demain matin.

À Ao Nammao il n'y a rien à faire, mais alors rien du tout, ce qui va drastiquement limiter nos dépenses. De fait nous paierons 80B pour deux dans le kiosque de Madame Poulet ! Une chambre plus chère, mais moins de dépenses, ça va équilibrer.
Saladan Pier
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Mercredi 29 janvier – Koh Lanta, dernière balade en scooter

Le bateau pour le demain est réservé, 550B par personne transfert vers le quai d'embarquement inclus. C'est donc le dernier jour de scooter, nous en profitons pour monter une dernière fois à Saladan. 

Un marché nous offre moult insectes frits que nous refuserons poliment préférant les brochettes de nos copines rieuses que nous allons manger sur la plage. Le vent s'empresse de souffler un tas de sable fin dans notre riz qui devient croquant et le gras du poulet au curry sera très apprécié du chien errant qui nous a vu acheter ces mets. Un repas complet pour 160B, boisson comprise.

Nous descendons la côte Est jusqu'au vieux village et allons boire un shake sur la terrasse de l'Apsara. Au retour nous prenons un chemin de traverse qui franchit des plantations d'hévéas. Le chemin poussiéreux nous oblige à admirer à vitesse réduite les bols remplis de sève caoutchouteuse et l'alignement parfait des troncs d'arbres. N'eut été la température on pourrait se croire dans une érablière.

Il est temps de rendre le scooter à notre gentille locatrice. Avec son mari elle est en train d'inspecter un autre deux-roues pas mal abîmé. J'apprends que son conducteur a été évacué vers l’hôpital de Phuket avec une jambe fracturée. Sa passagère ainsi que la fille qui suivait sont aussi mal en point, des vacances qui se terminent bien mal pour eux. Ils ont pris un gros trou à pleine vitesse, et les véhicules n'ont pas tenu la route.

Trop de gens pensent savoir rouler lorsqu'ils arrivent ici. Malgré leurs allures chétives, les scooters sont des petites bombes montées sur des roues de vélo, on roule à gauche et la plupart du temps sans casque et puis il s'agit de savoir maîtriser sa vitesse et tous les intervenants qui se trouvent sur la route. 
Pourtant Koh Lanta n'est pas le pire endroit pour rouler, si vous voulez vivre une expérience d'immersion totale, essayez Bali...

Rares sont les fous du volant, les gens font attention car il y a beaucoup de piétons sur le bord des routes sans trottoirs et les chiens ont une fâcheuse tendance à faire leur sieste à l'ombre, où qu'elle soit. Ce n'est pas tant pour la vie des canidés qu'il faut s'inquiéter, mais plutôt de l'équilibre déjà instable de la machine. Une chute en short, t-shirt et gougounes ne donne jamais de très bons résultats.
Indécis quand au choix du transport pendant les vacances ? Les chauffeurs de tuk-tuk se feront un plaisir de vous emmener loin de toute salle d'urgence.
Une bonne assurance voyage peut aussi s'avérer une excellente idée...

Hé bien voilà, c'est la dernière soirée sur la terrasse du Nature Beach, un établissement agréable au bord de la plage de Khlong Nin. Le personnel en général est sympathique, mais le serveur que nous avons baptisé Sœur Sourire devrait vraiment apprendre à en faire quelque-uns, les filles sont rigolotes et mènent la barque avec poigne. Le mélange d'un peu de bouddhisme et de beaucoup d'islamisme semble parfaitement fonctionner. Les filles voilées côtoient sans aucun problème les bikinis des touristes et leurs consœurs légèrement vêtues.

Besoin de repos et de plages désertes ? Koh Lanta est faite pour vous.


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