Affichage des articles dont le libellé est Ao Nang. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ao Nang. Afficher tous les articles

Lundi 3 février – Krabi-Bangkok


Dernier réveil dans le sud de la Thaïlande et épilogue d'une première partie de voyage.

Si la côte et les îles de Krabi n'ont rien à voir avec la déchéance putanesque de Phuket, il reste quand même quelques endroits où le touriste est roi. Ao Nang en fait partie avec son front de mer vomissant des ivrognes de leurs bars à entraîneuses, ses indécents seins nus se balançant au grès des âges ou pas du tout grâce aux pouvoirs anti-gravitationnels du silicone, ses je-fais-ce-que-je-veux-j'ai-payé, et de toute la lie que la société de surconsommation peut produire.
div style="font-style: normal; font-weight: normal; margin-bottom: 0cm;"> Heureusement ce genre de faune ne s'éloigne jamais bien longtemps du troupeau avec lequel elle migre. Un peu comme si, éloigné de la meute, homo touristicus ne pouvait survivre.
Alors il suffit de prendre le large, éviter les sites trop réputés comme Koh Phi Phi et aller à la rencontre des habitants. Les Thaïs ont perdus leur sourire légendaire dans ce magnifique sud, mais il revient instantanément en échange du votre et lorsqu'ils se rendent compte que votre attitude est plus respectueuse que condescendante.

Ao Nang et Krabi restent quand même des villes incontournables si on veut visiter Railay, et d'un petit coup de poignet sur les gaz, on s'échappe rapidement.


Koh Lanta a été notre coup de cœur. Une grande île où 10 jours passent rapidement, peu de choses à visiter, mais beaucoup à faire. Une population amicale et chaleureuse, oui gensses du pays, même avec un voile sur la tête ! Des plages pour tous et une différente chaque jour.

Farniente, scooter, hamac, baignade, randonnées, jus de fruits, bars reggae, petites gargotes , restos plus chics, plongée sous-marine, name it ! Les accros de musique, danse du feu et champignons hallucinogènes y trouveront aussi leur bonheur, mais dans leur réserve.

Maintenant, il es temps de passer à autre chose.



J'ai réussi à négocier un prix avec le frère du gérant du motel pour nous emmener à l'aéroport Pour 200B de moins que ce que nous proposait l'agence et surtout cela va nous éviter de prendre un transport jusqu'à Ao Nang et de là attraper le bus qui dessert l'aéroport en plus d'une heure. En à peine vingt minute notre silencieux chauffeur va nous mener à destination, passage des bagages dans la machine à rayons X, enregistrement, tout va très vite. À 13h35 nous décollons pour Bangkok accompagné de quelques rastapoils qui doivent avoir hâte de se laver. Ou pas.


Great Residence
De l'aéroport de Don Muang où nous atterrissons à celui de Suvarnabhumi où nous allons prendre la navette de l'hôtel il y a le taxi, mais surtout il y a le bus gratuit. Sur présentation de la carte d'embarquement d'Air Asia nous pouvons accéder à ce transport très pratique et en quelques 45 minutes nous arrivons au gigantesque aéroport international qui porte un nom difficile à prononcer. Nous cherchons pendant de longues minutes la pancarte du Queen's Garden où j'ai réservé, mais c'est un jeune homme du Great Residencehttp://www.greatresidencehotel.com/ qui vient nous trouver. Le Queen's n'existe plus. La Reine est morte vive la Résidence !

Une chambre confortable, une piscine invitante mais infestée de moustiques, un quartier plutôt désert, mais une carte de resto très correcte. Un hôtel juste pratique car à seulement 10 minutes de l'aéroport, ce qui est parfait pour des transferts entre deux vols.

On se retrouve au Sri Lanka ?

.

Dimanche 2 février, Ao Nang - Plage et singes en goguette

Toujours pas convaincus de nous allonger avec les touristes russes et scandinaves qui peuplent ces lieux, nous enfourchons notre mob' et nous dirigeons vers les plages de Laem Pong, zones identifiées Sheraton, Hilton, Ritz Carlton et Sofitel, une assurance d'un emplacement privilégié. 

La surprise est de taille, cet endroit est parcouru d'un infini tapis roulant sur lequel des tonnes de roches sont charriées. Des norias de camions défoncent une route en pleine rénovation et l'air est saturé de poussière jaune. Dans la baie, de gigantesques bateaux se remplissent dans un nuage permanent et apporte aux lieux une allure très industrielle à l'opposé de l'idée que nous nous faisions de cet endroit. Le fait est que les hôtels sont impressionnants, enfin le peu que nous puissions en voir car les murs sont aussi hauts que les caméras de surveillance sont nombreuses. 

Finalement après un excellent repas au Sawadee nous trouvons la plage parfaite : Khlong Muang. De l'ombre sous de grands arbres pour éviter de finir en kebab trop cuit, un sable tellement fin qu'on va encore en trouver dans nos affaires pendant plusieurs années et une eau chaude sans rochers pour nous amputer les deux pieds. Il n'y a presque personne ici, la plage est vaste avec de la place pour chacun. En longeant la plage nous tombons sur les jardins d'un hôtel sublime. Le gazon invite à une pure détente, la piscine à débordement se confond avec le bleu de l'horizon. 
Malheureusement à 300$ la nuit, le Sheraton n'est pas pour nous. De toute façon eussions-nous eu l'argent nécessaire pour y passer des vacances, jamais il ne me serait venu à l'idée de me taper 30 heures de voyage et 12 heures de décalage pour m'isoler dans un hôtel loin de toute vraie vie. 
Alors ce voyage en Thaïlande ? Heu je sais pas j'étais au Sheraton... 

En rentrant nous retombons sur un marché qu'une fois encore nous allons visiter. Ce sont les mêmes kiosques qu'hier, il a juste l'emplacement qui a changé. Un quart de pastèque, deux belles mangues et un ananas pelé et découpé pour moins de 5$, avec un grand sourire en prime. À Ao Nang la mangue est vendue 2$ et il y a peu de chance de repartir avec un sourire, les commerçants sont devenus comme leurs clients... 

La jeune Allemande avec qui nous avions partagé un tuk-tuk m'avait dit qu'il y avait tout un tas de singes qui se promenaient sur la plage à partir de 16 heures. Il est 17h15, et je veux tenter ma chance pour aller voir ces drôles de primates qui sont tellement plus mignons que les babouins balaises à trop grosses dents que nous avions vu à Bali. 
Par chance lorsque nous arrivons les macaques sont encore là. Les jeunes jouent entre eux, les adultes, sans gène, font des futurs jeunes devant tout le monde et les gros imbéciles de touristes les nourrissent alors que partout il est indiqué de ne pas le faire. Pourquoi ne pas les nourrir ? Tout simplement parce que ce sont des animaux sauvages qui se débrouillent très bien tout seul et surtout parce que lorsqu'il n'y a plus de nourriture ils peuvent devenir agressifs. Ça a peut être des plus petits dents les macaques, mais c'est terriblement pointu ! Mais comment raisonner un touriste aussi abruti qu'il en a l'air en fin d'après-midi avec quelques grosses bières Chang dans le cornet...  
En nous accroupissant près des petits délurés, ils viennent nous voir et en leur tendant la main ils s'y agrippe de leurs petits doigts costauds. Ils sont incroyablement curieux et rapidement ils sont 3 ou 4 à nous grimper dessus. Bien installés sur nos épaules ils vérifient notre santé capillaire, et constatent qu'il n'y a rien à voler dans nos sacs. Il faut faire attention à ne rien laisser traîner de trop tentant pour ces jeunes singes curieux sinon ils partent avec en rigolant dans leur langue. 
Les parents restent en retrait et observe ce spectacle avec un détachement feint. Je ne pense pas qu'il faudrait s'aventurer à devenir menaçant envers leur progéniture. Tout à coup un signal silencieux retentit, la cohorte se dirige vers la mer et longe les falaises pour disparaître dans la forêt. 

Lentement toute la colonie s'en va, il est temps pour nous aussi de plier bagages et allons rendre le scooter. Nous serons pris en stop par un chauffeur sympathique qui nous chargera dans son pick-up rempli de gros bidons d'essence et passerons cette dernière soirée dans un des trois restos ouverts à Ao Nam Mao.


.

Samedi 1er février – Le professeur Tournesol est jardinier !

La journée commence par une marche le long d'une route trop fréquentée sous un soleil de plomb. Nous voulons aller à Ao Nang qui se trouve à environ 4 km, mais les bus ne sont pas légion. La chance nous sourit et nos pieds éprouvés par les exercices intenses qu'ils ont subis la veille nous en remercient. Un sărng·tăa·ou (taxi collectif littéralement ''deux rangées'') s'arrête lorsque je lui fait un signe de la main et pour 40B nous emmène vers le centre-ville où nous allons louer un scooter. Un moyen un peu plus pratique et économique que le taxi ou le bus.
Nous descendons au bourg, stationnons la machine et nous promenons sur le bord de mer. Ici la plage est étroite et toute coincée contre la digue et la route. Ça a l'air particulièrement agréable de poser sa serviette dans ce coin là... Nous nous dirigeons vers l'est, quelques hôtels se partagent l'espace, des masseuses nous proposent des soins en traînant infiniment sur le A de massaaaaaaaaaaaaaaaaaaaage, tandis que d'horribles têtes tressées invitent les petites filles à ressembler à leur maman en pleine crise d'adulescence. À l’extrémité de ce bout de plage, une rivière, le Rio Crado jette ses flots immondes dans une mer intoxiquée. Le recyclage est encore une utopie et jeter une bouteille ou un gobelet en plastique à la poubelle une option peu envisagée. La plage est tellement plus pratique, de toute façon dans quelques heures la marée aura vite fait de tout nettoyer.
Nous quittons ces lieux paradisiaque et roulons en direction de nulle part. Les formations karstiques hantent le paysage de leurs immenses silhouettes et donne à cette région un décor si particulier. Je suis fier d'avoir décris toute une journée au pays des formations karstiques sans en citer une seule fois le nom, car ici le mot karstique c'est un peu comme le ostentatoire que l'on a entendu au Québec pendant tout l'automne. Il y en a partout !
Intrigués par une pancarte indiquant une visite gratuite d'un jardin d'épices, nous décidons de profiter de cette attraction.


Nous sommes accueilli par un petit bonhomme qui se trouve être le propriétaire de ce beau jardin. Un pharmacien hollandais à la retraite qui a décidé en 2003 de défricher un coin de cette jungle impénétrable pour en faire un jardin éducatif. Des plantes aromatiques, médicinales et alimentaires y ont trouvé un terreau et un climat idéal pour leur croissance. Le fringant septuagénaire galope dans tous les sens, nous expliquant en anglais et un peu en latin ses plantes et leurs propriétés et il marcherait encore plus vite s'il ne perdait pas continuellement son pantalon. Un passionné qui se refuse à vendre la moindre de ses racines ou de ses baies et qui nous fait partager sa passion.
Une famille se joint à nous, les deux petites filles posent avec entrain devant chaque plante pour le plus grand plaisir de leur mamarazzi, mitraillant sa progéniture comme si elle devait être enlevée par des extra-terrestres dans la seconde.
Hey ma grande, si tu me vole encore une feuille dans ma main tu va la prendre quelque part, maudite mal élevée ! 
La curiosité exacerbée de la plus jeune sera durement réprimandée par une armada de fourmis rouges géantes comme seules les Tropiques peuvent en inventer et finira dans les bras de son papa qui commençait à apprécier le calme de ce jardin.
La visite se poursuit, nous sentons des feuilles, des fleurs, poivriers, caféiers, des écorces, des racines, des bulbes et des lianes, et à chaque fois essayons de mettre un nom sur ce parfum que pourtant nous connaissons. Écorce de cannelle, galanga, fleur de gingembre, feuilles de combava, tiges de citronnelle, piment, et autre arômes se mêlent et s'amusent à troubler nos sens pour le plus grand plaisir de ce professeur Tournesol exotique et survolté.
Les fourmis sont friandes d'un grand figuier et nous accompagnons dans la douleur la petite blonde, mais son papa a déjà les bras pleins, nous nous contenterons de taper des pieds pour en faire tomber les curieuses guerrières aux mandibules acérées.


André pousse un cri d'horreur en voyant un énorme lézard attraper un petit rat aux oreilles rondes, mais je serais le seul à reconnaître cette intonation et à m'en inquiéter. Le gros reptile est en train d'escalader un tronc d'arbre avec dans sa puissante mâchoire le pauvre rongeur qui se débat et tente encore de fuir. Peine perdu, le saurien tient à son goûter comme un Anglais sa pinte de bière tiède et seule mon intervention photographique fera lâcher prise à l'animal. Je manque de recevoir la boule de poils tremblotante au terme de sa courte existence en pleine face, et l'évite de peu. Un souffle de vie parcours encore la bestiole et son agonie sera de courte durée, j'imagine l'impatience du reptile à nous voir déguerpir pour enfin passer à table.
Mine de rien, deux heures sont passées, ce jardin est bien plus grand qu'il n'y paraît et surtout il y a tant de choses à voir. Un petit billet glissé dans le pot à pourboires et nous quittons sa Majesté des fourmis pour quelques kilomètres de balade à travers cette jolie région.


Sur le chemin du retour un grand marché vient d'ouvrir et nous ne pouvons résister à une visite. Les parfums sont intenses, le visuel n'est pas mal non plus. Ça commence par quelques gaufres sucrées, un monsieur très désagréable broie des cannes à sucre pour en extraire un délicieux jus sucré et nous fait un prix d'ami, une jolie jeune fille voilée tourne des crêpes aussi rapidement qu'un Bigoudène expérimentée, des fruits bien mûrs remplissent des étals appétissants et ensuite commence le vrai plaisir. Un marchand d’œufs fécondés propose une dégustation gratuite avec un grand sourire édenté, les poissons frais sortis de la mer d'Andaman bougent encore, les viscères de poulets côtoient de la viande hachée du même animal, des pattes de poules frites, du poumon et des abats de je-ne-sais quelle bestiole, des bassines de pâtes de curry, des galettes de fruits de mer frites, des moules géantes, du poisson séché, des coquillages, beaucoup d’œufs de caille, et pour finir avec cette rangée, des limules. Surnommé crabe au sang bleu, il est en fait de la même famille que les scorpions et les araignées et il compte 500 millions d'années de présence sur notre planète, mais ça ne le rend pas plus appétissant...


Finalement il y a tout un tas de choses que j'aurais aimé goûter dans ce marché. Certes les conditions d'hygiène ne sont pas du tout aux standards auxquels nous sommes habitués, mais les Thaïlandais cultivaient déjà du riz alors que nos ancêtres mangeaient des racines et du lichen en poussant des grognements...


Le coucher de soleil sur l'immense plage désertée par la mer nous offre un dernier spectacle magnifique. Les ombres de promeneurs s'allongent sur le sable doux. Les rayons glissent sur les flaques d'eau en renvoyant des myriades d'étincelles vers les étoiles naissantes. 
Je sais pas pourquoi mais j'aime le lyrisme des fins de journées...

. 



Vendredi 31 janvier – Ambivalence des sentiments pour Railay

Avant d'attraper les pires infections respiratoires que cette salle de bain au plafond troué et recouvert de mousse verdâtre va certainement nous transmettre, la première action de la journée est de tirer le jeune gérant de sa paillasse et de lui demander la clé d'une autre chambre. 
Nous tombons bien, pas de bruit, pas de moisissures, nous ne verrons qu'un peu plus tard que le pommeau de douche ne tient que par l'esprit sanctifié de Bouddha.

Comme promis par notre cher Tour Operator, le quai d'embarquement pour les plages de Railay ne sont qu'à quelques pas de notre logis. Détail que nous apprécierons grandement ce soir...

Nous payons les 80B pour le transport et trempons avec dégoût nos pieds dans une eau glauque et graisseuse avant de monter sur ce long tail boat. 
Un bateau longue-queue est une invention typiquement thaïe, un moteur souvent énorme, capable de faire décoller un jet, invariablement assourdissant, un interminable arbre de transmission et au bout une hélice qui se promène au gré des commandes du pilote. Ça demande beaucoup de force, des tympans en téflon et une dextérité sans pareil sous peine de décapitations en série. Il y a quelques années lors d'un visa run à la frontière birmane, j'avais moi-même fait les frais d'un pilote débutant et n'ai dû ma survie qu'à un réflexe que je n'explique que par une intervention divine ! 

Une fois le quota de passagers atteint, le pilote met le cap sur le bout de cette péninsule inaccessible par la route. Nous arrivons sur la côte Est et commençons tout de suite la découverte de ce que beaucoup surnomme une Merveille du monde.
Les premiers hôtels sont beaux, des chaises longues sont alignées comme à la parade, les riches touristes sont heureux de ne pas être trop dépaysés, ils sont entassés et déjà à l'ombre.

Nous empruntons le sentier qui part vers la plage de Phra Nang, que d'aucun considère comme une des plus belles plages du monde. D'aucun devrait un peu plus voyager, car si cette plage est belle, elle ne remporte pas tous mes suffrages. C'est noir de monde, des touristes en goguette se bousculent pour quelques centimètres carrés de sable, ils s'entassent comme des sardines dans une boite de la Belle-Îloise. 
Tient en passant si un jour vous avez l'occasion de goûter à leurs sardines, garochez-vous, c'est du pur bonheur !

Ça sent l'huile de coco, la cigarette et le pot d'échappement, car c'est un des lieux desservis pas les long-tails. C'est un ballet incessant de shorts à fleurs et de parents stressés par leurs enfants surexcités dans un vacarme de tous les diables. Les speed-boats des grands hôtels se joignent à la cohue, je n'y voit absolument aucune magie. Désolé d'avoir gâché votre carte postale...

Mais en revenant après 16 heures, alors que la grande majorité du tourisme de masse est repartie vers leurs hôtels aseptisés respectifs, la magie opère. Le soleil qui commence à tutoyer l'horizon apporte des couleurs chaudes et dorées aux stalactites qui frôlent les flots, la plage a retrouvé son calme et sa beauté hallucinante. Je me sens mieux de pouvoir modérer mes premières impressions.

Par contre j'ai beaucoup aimé la grotte de Phra Nang, la grotte de la Princesse Sainte. Cette jeune princesse indienne n'eut guère de chance, car sa barque toute royale qu'elle fût, fit naufrage et la belle, n'ayant jamais appris à nager coula à pic. Comme elle était belle et de sang royal, son esprit vint se réfugier dans la grotte de cette falaise, ce qui ne serait jamais arrivé à une simple roturière croyez-moi. 
Le mysticisme exalté des pêcheurs thaïlandais eu tôt fait d'y coller des pouvoirs surnaturels et leurs vœux furent exaucés pour peu que des hommages soient rendus.
Je ne sais pas du tout quel est le lien entre une pêche abondante et un phallus/pénis/verge/zizi/bite/zoune sculpté, en bois, plastique, peint, nature voire même en photo, mais de voir la réaction des enfants vaut tous les voyages ! 
Comme vous l'avez compris, cette grotte est remplie de pénis de toutes formes et de toutes tailles, je n'oserais faire la corrélation de ce rituel avec le nom bien à propos des bateaux desdits pêcheurs.

Revenant sur nos pas j'aperçois une discrète pancarte indiquant Lagoon-View Point. 
Une corde pend au milieu de rochers affleurant une terre rouge et glissante. Heureusement tout est sec sinon il eut été impossible de franchir les premiers centimètres. Armés de nos Birkenstock nous commençons l'escalade, c'est un peu plus ardu que ce à quoi je m'attendais, mais devant nous deux mamouchkas semblent donner tout ce qu'elles ont dans les tripes, impossible de renoncer sans se faire moquer par la colonie russe qui a envahie le site. Autant j'avais l'impression que Koh Lanta était devenu un de nos nouveau DOM/TOM tant il y avait de Français, autant les poubelles de Railay débordent de bouteilles de vodka.

Il fait chaud, nous sommes en sandales, et les plages sont juste en dessous, mais qu'est-ce qu'on fait là ?
L'arrivée au point de vue se fait finalement assez aisément, la vue est belle et englobe les plages Est et Ouest du haut de cette verticalité où il est bien indiqué que le base jumping est strictement interdit.

Nous cherchons maintenant à atteindre ce fameux lagon. Les sentiers partent un peu dans tous les sens et plus aucun panneau n'indique une quelconque direction. Je prend la décision de suivre le mauvais chemin, mais heureusement un randonneur a fait demi tour après une bonne marche à travers une jungle touffue. Finalement nous croisons une dame passablement dépitée par ce lagon qu'elle n'a pas vu car c'est trop dangereux, et qu'elle n'a pas les bonnes chaussures. Comme nous...

Mais c'est sans compter sur la qualité des sandales allemandes et de la détermination d'un Alsacien et d'un Québécois qui refusent de faire demi-tour après tous ces efforts.
Descentes vertigineuses, sandales coincés dans les rochers, mains glissants sur des cordes lisses, perte d'équilibre et glissades contrôlées, pour enfin arriver aux derniers obstacles. Les prises dans la roche sont parfaites, ce n'est pas pour rien que les falaises de Railay sont unanimement convoités par tous les varappeurs qui y trouvent tous leur compte. Les deux derniers à-pics sont franchis et je me retrouve devant un lac dans lequel je ne me baignerait pas, mais qui dégage une lumière et une sérénité qui font oublier tous ces efforts. 
Une espèce de cratère de volcan plein d'eau glauque, moi qui m'attendait plutôt à un décor digne de ce film fantasme des années 80 et de couleur bleue...
Une grosse balade qui évite de rencontrer tout un tas de monde et qui vaut vraiment le coup, il faut quand même avoir le pied sûr et la cuisse alerte.
Nous redescendons avec précaution, il s'agirait pas de se vautrer, car je me demande bien qui viendra nous chercher dans ce dédale de branches.

Enfin nous sommes de retour sur la terre ferme et rejoignons la côte Est, il est temps d'avaler un bon repas. Ça tombe bien, Railay c'est plein de restos et d'hôtels chics, nous profiterons d'un spécial qui fera parfaitement notre affaire. Nous sommes complètement accros au Som Tham, la salade de papaye verte, et aujourd'hui elle est servie avec du riz gluant et une cuisse de poulet grillée à point. Arrosé d'un jus de pastèque et citron vert, c'est du gros bonheur !

Sans attendre que nos muscles refroidissent, nous traversons la péninsule en direction de la plage Ouest. Un peu moins de monde car la plage est plus grande, mais nous ne sommes pas encore prêt à nous poser. Un autre sentier grimpe à travers les hurlements des singes pour rejoindre la plage de Ton Sai. Les primates sont là au milieu du chemin, pas du tout effrayés de nous voir et s’enhardissant même à nous approcher de trop près.
Y a des limites à la fraternité, mais ils sont tellement cuuuuuute.

Ton Sai, le repaire des rastapoils ! Si Bob Marley ne nous avait pas fait l'honneur de son passage sur Terre, 90% des bars thaïlandais n'aurait aucune raison d'exister. Les couleurs de la Jamaïque flottent à tous les vents, le célèbre rasta barbu  et son compagnon Ernesto Guevara sont partout, les feuilles de Marie-Jeanne décorent toutes les devantures et les magic shakes aux champignons hallucinogènes sont boissons traditionnelles...
Pour vivre à Ton Sai il faut avoir une guitare ou ressembler à quelqu'un qui a une guitare, avoir des tatoos dans le cou, des piercings, des cheveux longs et sales voire des dreads, s'habiller en chiffons et avoir un sourire béat sous un regard hagard. 
L'avantage c'est qu'ici on trouve de tout pour vraiment pas cher et que l'ambiance est bon enfant et ça change des fesses-cousues de l'autre bord.

Nous louons un kayak et partons découvrir ces îles champignons dont la marée basse commence à faire ressortir ces profils si particuliers.
Les gènes de mon compagnon coureur des bois doivent avoir raté la partie ''découverte du Bas-Canada'', portages et compagnie, mais il finira par prendre le rythme et cesser de m'arroser à chaque coup de pagaie. 
Pendant trois heures nous voguons entre les îlots et les micro-plages qui commencent à apparaître dans l'encoignure de quelques baies invisibles à marée haute.

Les plages commencent à se vider de leur trop-plein de touristes et le ballet des bateaux est intense. Heureusement les pilotes nous voient et nous évitons plusieurs collisions fatidiques. En revenant à notre point de départ nous suivons les conseils avisés du propriétaire des kayaks et entrons par le chenal qui reste le seul endroit encore sous les eaux, partout ailleurs la vase au mieux sinon les rochers et coraux sont à l'air libre sur des centaines de mètres. 
Nous portons l'esquif qui n'a rien de frêle et son poids explique sa capacité à prendre des coups sans se briser en petits morceaux. Mais nous n'aurons que quelques dizaines de mètres à franchir alors que d'autres sont pris en plein milieu de champ de mines et semble vraiment en chier ! Y a des gros mots qui vont bientôt fuser...

Nous n'attendrons pas les scènes de ménage et après avoir bien remplis nos shorts de sable, décidons de rejoindre la côte Est de Railay par un chemin forestier. 
Le problème avec les Thaïs, c'est que lorsque vous demandez votre chemin ils ne peuvent pas dire qu'ils ne savent pas. Alors ils donnent une information qu'ils jugent décente sans aucune idée de l'endroit vers lequel ils vous envoient. Donc, cette dame me dit que : oui, ce chemin va bien de l'autre coté, aucun problème, vas-y les yeux fermés mon joli blond... C'est plus ou moins ce que j'ai compris.

Le chemin traverse la jungle et monte sans arrêt, nous ne sommes plus à ça près. Il traverse des ensembles de bungalows que nous imaginons très peu chers mais oh combien envahis de moustiques et inconfortables. Un hamac, quatre pans de mur en paille et un toit en bambou on dirait la cabane des trois p'tits cochons...
Avec le soleil déclinant, la lumière dans la jungle est fantasmagorique, il n'est que le chant des oiseaux et les cris lointains des singes pour troubler le silence monacale qui a envahi nos oreilles. Sommes nous toujours dans la bonne direction ? 
À mon avis d'ancien scout qui ne s'est pas souvent perdu je dirais que oui, et de toute façon il faut que l'un de nous deux soit convaincant pour que l'autre suive. Ce chemin va de toute façon nous mener quelque part... Nous retrouvons un semblant de civilisation, et retombons presque sur notre point de départ ! En fait nous avons fait le tour de la montagne et sommes sur la plage Ouest, qui commence à se préparer aux festivités du Nouvel-An. 

Un tout petit chemin bétonné à suivre et nous arrivons au point de rendez-vous des bateaux au départ pour Ao Nam Mao. Enfin ! Nous sommes épuisés. Je crois que ce soir la nouvelle année se fêtera sans nous, en même temps on est pas plus Chinois que ça.
Béni soit ce quai à deux pas de notre douche et de notre chambre salvatrice. 
Les Birkenstock c'est bien, costaud, confortable, mais ce n'est pas vraiment fait pour escalader des montagnes, n'en déplaise aux bergers teutons, ou alors avec des grosses chaussettes de laine...

Pour en finir, il faut vraiment aller à Railay, c'est beau en ti-père, il y a plein de choses à faire hors de la plage et à un moment donné les gens s'en vont.

. 
.

Jeudi 30 janvier – Bye Bye Koh Lanta, Hello Ao Nang

Comme prévu le pick-up de midi n'est pas là. Le responsable des excursions vient nous voir en nous disant qu'il aura un peu de retard, ça ne m'inquiète pas outre mesure, quinze minutes en Thaïlande ce n'est pas du retard. Finalement à midi et demi il revient nous voir pour nous annoncer que la voiture prévue pour nous emmener à bon port est pleine et qu'il va nous conduire lui-même. Un rapide changement de chauffeur et nous voilà enfin en route.

La cohue est intense sur le quai. Plusieurs bateaux sont venus déverser leurs flots de touristes. Étant donné qu'il faut payer une petite taxe à l'arrivée, la file s'allonge au guichet, les départs s'entassent avec les arrivées, certains commencent à s’énerver ce qui n'améliore pas la confusion ambiante.
Finalement nous embarquons tous sur nos bateaux respectifs et à 13h30 pétantes nous larguons les amarres. La navigation est tranquille, la petite voisine veut absolument savoir ce qu'elle aura dans son goûter et son patient papa de lui répondre pour la centième fois la même chose : des bananes et des biscuits. Dors petite Louise, DORS !
Au bout de deux heures nous atteignons les plages de Railay où nous débarquons une partie des passagers et en embarquons d'autres. Les long tails boats font la navette entre les plages et le Ao Nang Princess, puis nous reprenons la route vers le quai d'Ao Nang.
Vu de la mer ces sites sont sublimes, ils nous tarde d'aller voir tout ça de plus près. Malheureusement la marée basse nous empêche d'accoster au quai, nous serons donc nous aussi pris en charge par des navettes.
Le bordel est intense. Pour embarquer sur ces petits bateaux il faut en débarquer les passagers qui montent à bord. Le tas de sacs et de valises s'effondre lorsque les premiers y prennent leur bagage. Les gens veulent entrer dans la cabine mais nous ne sommes pas encore sortis et si la jeune demoiselle chinoise me pousse encore une fois je la jette par-dessus bord.
L'impatience gagne certaines personnes, ils ne comprennent pas que nous allons tous débarquer et que ce n'est qu'une question de temps.
Bon ça y est, nous sommes dans une navette en direction du quai, finalement tout s'est bien passé, il suffisait juste de patienter un peu.
Et maintenant il faut trouver une piaule.
Nous sommes particulièrement mal tombés en cette veille de Nouvel-An chinois. Tous les hébergements sont complets, les prix ne sont plus du tout les même qu'à Koh Lanta, ici pour 500B on peut éventuellement trouver un lit dans un dortoir. Nous profitons d'une jeune allemande qui nous invite à partager son tuk-tuk pour nous rendre à son hôtel, peut-être qu'avec un peu de chance... Non la chance ne nous sourit pas, tout est complet. Le chauffeur du tuk-tuk nous fais faire le tour de quelques établissements pour demander les disponibilités. Avec le recul je crois qu'il s'est un tout petit peu foutu de notre gueule, mais faut bien qu'il fasse son argent. En fait il nous dit qu'il va voir, et qu'on peut l'attendre dans son carrosse. Je comprends mais un peu tard, qu'il ne demande rien du tout et qu'il revient penaud pour nous annoncer que tout est complet.
Finalement, plein de ressource il nous emmène chez une connaissance qui, comme par miracle tient un bureau d'informations et de réservations. Et là nous trouvons une chambre tout de suite, mais à 3km de la ville. Le prix est élevé, mais il est tard et de toute évidence c'est No Vacancy partout. Nous payons les 1000B par nuit et attendons le transfert vers cette guest house, qui sur photo a l'air pas trop mal. Il faut se méfier des photos...
Notre chauffeur nous attend, mais nous comprenons ensuite qu'il attendait simplement sa commission. Il partira sans même une petite bise.

Allez, de toute façon nous sommes fatigués et impatients d'aller prendre une douche. En moins de 10mn nous arrivons à Ao Nammao qui se trouve de l'autre coté de la presqu'île de Railay, l'avantage est que les bateaux pour les plages sont juste à coté.
La chambre n'est pas mal, mais nous décidons de changer, car trop proche de la route. Nous emménageons dans une chambre plus éloignée, mais le plafond ressemble à une champignonnière hors de tout contrôle et André commence à se sentir mal. Bon pour cette nuit on va essayer de supporter cette infection, on verra ça demain matin.

À Ao Nammao il n'y a rien à faire, mais alors rien du tout, ce qui va drastiquement limiter nos dépenses. De fait nous paierons 80B pour deux dans le kiosque de Madame Poulet ! Une chambre plus chère, mais moins de dépenses, ça va équilibrer.
Saladan Pier
.

Vendredi 24 janvier – Nui Bay et de l'ambivalence d'un excès d'informations

Toute une grande journée à ne rien faire. Une journée entièrement consacrée à une plage sublime, sans infrastructures, où il fait bon venir tôt pour sélectionner l'ombre parfaite sous le plus grand arbre. Une famille tient un brinquebalant abri de Robinson où l'on peut acheter de quoi manger, quelques fruits et des rafraîchissements. Le sable blond glisse lentement sous la mer turquoise et le cap qui sépare cette plage de sa voisine permet une très agréable promenade sous-marine.

J'ai le temps de finir les magazines Actualités qui s'amoncelaient chez moi depuis mes dernières vacances. De prendre plaisir à lire les prédictions pour les fêtes de fin d'année, de m'insurger du peu d'aide que reçoivent nos artisans fromagers face au libre échange avec l'Europe, de me demander ce qui cloche avec l'insurmontable construction du pont Champlain et de me retourner sur le dos pour voir la mer, les vagues et de m'en foutre royalement.

J'ai rencontré un problème incroyable ce matin avant de partir. Nous voulons finir notre séjour dans le Sud par quelques jours à Ao Nang avant de prendre l'avion pour Bangkok. Ayant fait le tour de Krabi et n'y trouvant pas d'attrait particulier si ce n'est son concert du samedi soir dans notre chambre, il me semblait que cet endroit pouvait apporter un petit changement.

Je me connecte donc à Internet pour y trouver des informations et un logement. Je ne demande pas la lune, juste une chambre ou un bungalow propre et pas trop cher, rien de compliqué.
Il y a quelques années pas si lointaines on se contentait d'un guide touristique ou du bouche-à-oreille pour avoir une idée d'un endroit, on y allait et ensuite on choisissait une piaule non sans l'avoir visitée et discuté le prix.

De nos jours avec la profusion d'informations que nous avons sur la Toile, les affaires de dernières minutes, les aubaines du patron, les booking point com, hôtels point com, et compagnie, je me sens complètement perdu.
C'est bien beau de mettre une photo de la chambre modèle avec son prix ''basse saison'' et petit coup de Photoshop pour y coller une plage, mais une fois la réservation faite et validée par carte de crédit qu'est ce qui nous attend ?

On ne voit pas la route sur la photo. On n'entend pas le fameux concert du samedi soir. On y parle pas de la piste de décollage qui passe juste au dessus de la salle de bain. Oublié le simili dépotoir qui trône sous votre fenêtre. Le matelas est tellement défoncé qu'il est préférable de dormir sur le sommier...
Si ce n'est pour une chambre classique dans un hôtel classique, oubliez le virtuel et fiez-vous à votre bon sens. En arrivant tôt il sera facile de trouver un logement puisque la plupart des gens quittent le matin en libérant ainsi la place. 
Faites bonne figure avec la demoiselle de l'accueil, jouez sur ses sentiments de maman, faites lui un peu de charme et faites la rire, mais surtout ne vous énervez pas. Surtout pas en Asie, là vous êtes mal partis...

Au Mexique on peut. En tout cas pour moi ça a marché. Faut dire que nous avions eu une chambre merdique en face du parking et de la centrale de ventilation, et que le gros moustachu de l'accueil me prenait pour une poire alors nous nous sommes installés dans le lobby. J'y avais étalé tout mon sac défait devant le comptoir d'accueil. Tous les touristes venaient me demander ce qui se passait et dans les 15 minutes, oh miracle, une suite avec cuisine face à la piscine et l'océan pour horizon venait de se libérer, et ceci sans le moindre frais supplémentaire. Doux souvenir...
En Asie non. Perdre patience c'est perdre la face et ça c'est vraiment très mal !

Fi d'Internet et de ses myriades de promesses virtuelles, privilégiez le contact, visitez les chambres, discutez les prix en disant que vous allez rester quelques nuits et payez en liquide, en général ça fonctionne. Sinon allez à coté.

Nui Bay - Koh Lanta


.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...