Affichage des articles dont le libellé est Bali. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bali. Afficher tous les articles

Mercredi 29 janvier – Koh Lanta, dernière balade en scooter

Le bateau pour le demain est réservé, 550B par personne transfert vers le quai d'embarquement inclus. C'est donc le dernier jour de scooter, nous en profitons pour monter une dernière fois à Saladan. 

Un marché nous offre moult insectes frits que nous refuserons poliment préférant les brochettes de nos copines rieuses que nous allons manger sur la plage. Le vent s'empresse de souffler un tas de sable fin dans notre riz qui devient croquant et le gras du poulet au curry sera très apprécié du chien errant qui nous a vu acheter ces mets. Un repas complet pour 160B, boisson comprise.

Nous descendons la côte Est jusqu'au vieux village et allons boire un shake sur la terrasse de l'Apsara. Au retour nous prenons un chemin de traverse qui franchit des plantations d'hévéas. Le chemin poussiéreux nous oblige à admirer à vitesse réduite les bols remplis de sève caoutchouteuse et l'alignement parfait des troncs d'arbres. N'eut été la température on pourrait se croire dans une érablière.

Il est temps de rendre le scooter à notre gentille locatrice. Avec son mari elle est en train d'inspecter un autre deux-roues pas mal abîmé. J'apprends que son conducteur a été évacué vers l’hôpital de Phuket avec une jambe fracturée. Sa passagère ainsi que la fille qui suivait sont aussi mal en point, des vacances qui se terminent bien mal pour eux. Ils ont pris un gros trou à pleine vitesse, et les véhicules n'ont pas tenu la route.

Trop de gens pensent savoir rouler lorsqu'ils arrivent ici. Malgré leurs allures chétives, les scooters sont des petites bombes montées sur des roues de vélo, on roule à gauche et la plupart du temps sans casque et puis il s'agit de savoir maîtriser sa vitesse et tous les intervenants qui se trouvent sur la route. 
Pourtant Koh Lanta n'est pas le pire endroit pour rouler, si vous voulez vivre une expérience d'immersion totale, essayez Bali...

Rares sont les fous du volant, les gens font attention car il y a beaucoup de piétons sur le bord des routes sans trottoirs et les chiens ont une fâcheuse tendance à faire leur sieste à l'ombre, où qu'elle soit. Ce n'est pas tant pour la vie des canidés qu'il faut s'inquiéter, mais plutôt de l'équilibre déjà instable de la machine. Une chute en short, t-shirt et gougounes ne donne jamais de très bons résultats.
Indécis quand au choix du transport pendant les vacances ? Les chauffeurs de tuk-tuk se feront un plaisir de vous emmener loin de toute salle d'urgence.
Une bonne assurance voyage peut aussi s'avérer une excellente idée...

Hé bien voilà, c'est la dernière soirée sur la terrasse du Nature Beach, un établissement agréable au bord de la plage de Khlong Nin. Le personnel en général est sympathique, mais le serveur que nous avons baptisé Sœur Sourire devrait vraiment apprendre à en faire quelque-uns, les filles sont rigolotes et mènent la barque avec poigne. Le mélange d'un peu de bouddhisme et de beaucoup d'islamisme semble parfaitement fonctionner. Les filles voilées côtoient sans aucun problème les bikinis des touristes et leurs consœurs légèrement vêtues.

Besoin de repos et de plages désertes ? Koh Lanta est faite pour vous.


.

Au revoir Bali, retour à Bangkok - Vendredi 12 mars

Il est 7 heures, le réveil nous incite à prendre notre courage à deux mains, il faut laisser Bali à ses Dieux et ses touristes. Il nous faudra à peine 10 minutes pour trouver un taxi que nous payerons huit fois moins cher qu’un transport proposé par l’hôtel.

Évidemment tous les comptoirs d’Air Asia sont encore fermés, alors nous patientons presque deux heures en faisant l’inventaire de tous les souvenirs hideux dont nous aurions pu gratifier nos amis. Par chance pour eux nous n’avons en poche que quelques billets pour nous hydrater et payer la taxe de l’aéroport !

L’enregistrement sera un peu bordélique avec des comptoirs à destination de Perth en Australie qui enregistrent pour Bangkok, alors que ceux de Bangkok ne sont pas encore prêts. De toute façon j’ai préenregistré nos places il ne nous reste qu’à déposer nos sacs sur le tapis. Pendant notre très longue attente nous avons eu le temps de vérifier le poids de nos bagages et contrairement au couple de vieux Russes qui, à force de subtils déplacements a fini par passer devant tout le monde, nous n’aurons pas de ruineux supplément de poids à payer.
Il est 10 heures 15 et nous sommes attablés devant un spaghetti carbonara et un café balinais… Joyeux mélange !

Avec une dizaine de minutes de retard nous nous arrachons au tarmac, survolons une dernière fois les plages et ballottés à travers les gros nuages cotonneux nous filons vers le royaume de Siam.

Notre périple balinais est terminé, ma plus grande satisfaction est, entre autre, de ne pas avoir connu le contact rugueux de l’asphalte malgré tout ce qui aurait pu y donner droit.
Cette île ne nous aura donné que du bonheur, de belles découvertes, de riches rencontres et la très forte envie de revenir. Découvrir Lombok, se dorer au soleil de Gili, gravir un volcan, aller voir les dragons à Komodo, la liste est sans fin.

Après quatre heures de vol nous atterrissons à l’immense aéroport international de Bangkok, passons les douanes où officient des fonctionnaires entrainés à surtout ne jamais sourire, ni exprimer le moindre sentiment et attrapons un taxi. Le chauffeur suggère un prix exorbitant arguant un trafic noir comme sa chemise pour justifier ses tarifs. Je lui demande gentiment de démarrer son compteur ce qu’il refuse de faire, je lui demande alors de faire demi-tour et de nous déposer là où il nous a embarqués. Un peu moins gentiment.

Finalement nous arrivons à un compromis, et nous filons sur une autoroute déserte. La fameuse circulation noire est aussi claire que le ciel de Bangkok, il n’y a pas un chat dans les rues et je félicite le chauffeur pour la belle couleur de sa chemise. 
Nous apprendrons par la suite que ce sont les annonces des manifestations monstres prévues en ville qui ont refroidies les ardeurs des automobilistes en ce vendredi.

Notre chambre est prête, face à la piscine au 6eme étage loin de la rue et du bruit. La petite sieste d’André durera presque quatre heures, nous resterons tranquillement dans le quartier avant de profiter d’un matelas assez coriace mais très confortable. 



Le temple de Thana Lot, des excentricités vestimentaires, le Café Bali et enfin la plage - jeudi 11 mars

Plutôt que de payer 175 000 roupies pour un voyage organisé, je loue une mob pour presque 5 fois moins. 
Nous partons visiter le temple de Thana Lot, un incontournable qui figure sur toutes les cartes postales. 
La circulation devient presque normale une fois sortis des plages de Legian et Seminyak, mais je déconseille plus que fortement toute aventure motorisée à qui n’aurait pas une expérience solide et des preuves tangibles de conduite dans des rues bordées de caniveaux de 70 centimètres de profondeur, de conduite à gauche, avec des véhicules venant à contre sens et surtout en ayant vérifié lors de la location que les freins et surtout le klaxon fonctionnent correctement. Conduire en Thaïlande est un jeu d’enfant ! 

Nous traversons quelques rizières temporairement survivantes, sommes coincés derrière un autobus exhalant une fumée noire à laquelle j’attribuerais mon futur cancer des poumons et rêvons de nous amarrer à une bouteille d’oxygène. 
Y aurait-il un marché de bar à oxygène à développer ? Pour mon plus grand bonheur un feu rouge sorti d’on ne sais où viendra arrêter mon vaillant scooter, le temps que le gros véhicule fourré aux Chinois prenne une sérieuse avance. Chinois ou Coréens ? 
Est-ce vraiment important de connaitre la nationalité de ces incroyables touristes qui ne peuvent pas poser pour une photo sans une mimique ridicule devant un monument qui devrait inspirer le plus grand respect ? Et toujours les doigts en V, le V de la Victoire ou le signe de paix genre Yoko et John… 

Pour finir avec ce tableau digne des artistes les plus surréalistes, les vêtements sont d’une extravagance hallucinante. Le mot est bien pesé, je suis certain que ces gens prennent des drogues, des champignons, du LSD que sais-je, mais je ne peux croire qu’un cerveau normalement fonctionnel puisse autoriser un être humain à se vêtir de cette façon… 
Et encore plus étrange ce sont les hommes qui mettent la barre haute, les chemises hawaïennes sont assorties au short, et les chaussettes montées aux genoux sont engoncées dans des sandales de cuir. 

L’appareil photo hors de prix accroché autour du cou se balance mollement sur leur stomacale proéminence. Que tous les Dali de la terre viennent s’en inspirer ! Donnez-moi une boite de Tylenol. 

Le temple est joli, la marée basse permet d’accéder à la petite île, mais pour monter sur le tout petit escalier auquel les non-hindouistes ont droit, il faut verser une donation, se faire asperger d’eau de la source sainte et se faire coller une pincée de riz sur le front. 
Merci, nous avons déjà donné dans la bénédiction et l’eau croupie, je ne mettrais aucune photo en ligne de ma face en sueur avec du riz trop cuit sur mon grand front dégarni ! Les photos seront magnifiques vues de la falaise et de toute façon ce matin le ciel est couvert. 

Une agréable promenade nous emmène visiter les lieux, au loin on aperçoit la pelouse, où pas un brin d’herbe ne semble dépasser, de l’hôtel Méridien construit juste au-dessus du lieu saint. La clientèle huppée observe, désabusée, la plèbe défiler à travers les bulles de leur flûte de champagne bien frais en croquant de leurs belles dents blanchies leurs croissants encore tièdes. 
Aux alentours du temple les inévitables marchands nous attendent, persuadés que nous allons nous procurer cinquante sarongs, boire plusieurs dizaines de Coke, ou nous vêtir de huit immondes t-shirts IPood ou Bintang.

Quelques montreurs d’ours se sont reconvertis, faute dudit plantigrade, dans le boa, le python ou la roussette.
La roussette qui n’a aucun lien de parenté avec la Zora de mon enfance télévisuelle, est une très grosse chauve-souris toute poilue et qui ne suce que le sang de quelques fruits pour peu qu’on l’ai laissée en liberté… Et qui en passant, a la texture et le délicieux goût du lapin. 


Nous reprenons la route sur notre poussive motocyclette, et je ne peux m’empêcher de m’arrêter aux abords d’une rizière pour aller voir un jeune paysan en train de s’escrimer à faucher de son indispensable faucille, quelques acres de riz blond. Ces gens abattent un boulot incroyable, sous le soleil revenu la chaleur rend tout déplacement pénible. Alors passer ses grandes journées, le dos cassé, le geste immuablement répété est un exploit que personne ne viendra jamais honorer. 
Je lui demande d’un sourire si je peux immortaliser son œuvre, ce qu’il accepte avec la plus grande joie. Je ne crois pas que beaucoup de gens viennent lui en faire la demande et les photos volées depuis une fenêtre d’autobus lui feront une belle jambe ! 

En partant je lui fais un signe d’au revoir et c’est lui qui me remercie ! Il me remercie de m’être arrêté et d’avoir pris de mon si précieux temps de touriste pressé pour l’observer ne serait-ce que trois minutes. 

Le hasard finissant par bien faire les choses nous nous arrêtons devant une boutique qui affiche ses convictions biologiques et naturelles et ce que nous cherchions depuis 23 jours nous est enfin offert. Les poivres longs, ronds, noirs ou verts de Bali et Java que nous avions vus à Sanur sont là. Nous avions perdu tout espoir de mettre la main dessus, ayant épuisés toute nos commerciales ressources et la plupart des magasins susceptibles de les vendre. 
Des épices, on en trouve bien entendu partout, des bâtons de cannelle éventés, des poivres sous plastique, des clous de girofle et des baies de cardamome en petits morceaux, mais pour la belle qualité nous n’avions plus aucun espoir si ce n’est notre montréalaise caverne d’Ali “de Vienne” Baba. 

Enfin c’est au Café Bali que nous nous sustenterons, une salle magnifique, une cachette coloniale, un lieu de repos et de bien être et un tartare de thon au-dessus de tout entendement. Oui nous mangeons du poisson cru sous les Tropiques ! 
Le thon n’est jamais aussi bon que cru, et le Café Bali est la référence pour ce mets. Une distinguée quinquagénaire qui rêve d’un gros hamburger et de faire vingt ans de moins que ses mains se contente d’une gracile salade. Sa meilleure amie qui n’est autre que sa fille grignote la même verdure du bout de sa lippe boudeuse et bourrée de collagène. 
Leur détachement et leur complaisance propres à leur rang social sont cocasses, je suis fier de mon débardeur plus très frais et de mes cheveux en pétard ! J’ai comme une furieuse envie de crier et de les secouer, de les emmener voir mon coupeur de riz et de leur dire que nous venons de faire un demi-tour de l’île sur un scooter… Bah le tartare de thon se suffit à lui-même. 

Il est temps de parfaire notre bronzage, car il est loin d’être certain que nous verrons un rayon de soleil à Bangkok. La plage nous accueille de tous ses grains de sable fin et nous installons nos serviettes au bord des vagues, loin des vendeurs de tout poil. 
Je loue un bodyboard et m’essaye à la distraction locale, la glisse sur écume. Les vagues sont agréables, moins cassantes et violentes qu’en Atlantique, elles permettent de profiter de l’agréable sensation de flotter entre ciel et mer. 
Loin du surf et de ses adeptes, ce petit bout de planche en mousse me suffit largement, et André aura également du plaisir à s’échouer sur la lointaine plage. Même sans cet artefact, en partant au bon moment, on peut surfer simplement en projetant le corps dans l’ourlet de la grosse vague. Retenant la respiration, raide comme la justice, les paumes loin devant, on est pris dans le tourbillon insensé de la lame de fond qui finit ici son tour du monde. 

Après presque quatre heures à tremper dans cette incessante mouvance, le soleil donne tous les signes d’un affaiblissement inéluctable. Il est 18 heures 30, l’intense étoile va se poser à l’horizon, le disque se déforme au contact de l’océan Indien, et tout va très vite. Ce qui semble immuable va disparaître en quelques très courtes minutes, sur la plage la foule s’est amassée, le spectacle ne laisse personne indifférent. Je suis même étonné qu’après le royal couché, les applaudissements ne fusent pas comme à la fin d’un merveilleux spectacle. 

Le corps immergé, sautillant de vagues en vagues, nous profitons au maximum de l’épilogue heureux de cette belle évasion balinaise. Voilà, le dernier rayon, une timide lueur émeraude, et un dernier rouleau effervescent nous ramène à la plage qui se vide doucement de tous les témoins de cette fin de journée. 

Nous revenons à notre chambre, vidés de toute énergie après ce tumulte, mais trouvons un tout dernier regain de dynamisme pour aller manger un ultime gado-gado et un satay ayam dans un petit restaurant populaire non loin de notre hôtel. 

Nos sacs sont bouclés il n’y aura nul besoin de nous fredonner une quelconque berceuse, et c’est le corps encore balancé du souvenir de toutes ces vagues que je tomberais entre les bras d’un Morphée pressé de me voir rejoindre son univers.


Ziiiiiiiiiiiiiiiip ! Wooooooof ! Splash !! mercredi 10 mars

Bon anniversaire Paul (c'est mon filleul) ! Six ans déjà hiiiiiiiiiiii que le temps passe vite…

Alors pour fêter le temps qui file aussi vite qu’un scooter balinais, nous allons célébrer ça au Waterbom, un centre de glissades d’eau et de piscines. 

Nous arrivons de bonne heure, essayons vainement de comprendre ce que nous explique la jeune fille à la caisse et nous mettons tout de suite à la quête de chaises longues.

Loin de la piscine des enfants, loin du filet de volley-ball, proche d’un bar et avec un peu d’ombre. 
À cette heure matinale le choix est vaste, en fait il n’y aura pas foule de toute la journée, la haute saison n’est pas encore arrivée. 

Nous n’attendrons jamais plus de cinq minutes pour accéder aux glissades, le plus souvent nous montons les escaliers et descendons immédiatement. 

On est loin de Saint Sauveur, de ses descentes vertigineuses et de ses eaux arctiques, ici l’eau est à température ambiante. Comme dans les Laurentides finalement… 

Waterbom Bali
Les glissades sont vraiment agréables, le boomerang nous fait repartir à l’envers, l’entonnoir géant va finir par me faire vomir, nous ferons la course dans le jungle race, et mon maillot de bain se transformera en string en s’insérant entre mes miches dans la descente infernale du water shot. 

Pour nous remettre de toutes ces émotions nous nous installons au bar de la piscine pour y déguster une bouteille d’eau bien fraîche, nous sommes très sages. 

Nous raterons le coucher du soleil qui de toute façon n’était pas fameux et finirons notre journée devant un canard de Pékin croustillant et juteux. 


L’internationale culture nord-américaine nous rattrape - mardi 9 mars

Ku-De-Ta
Ce matin nous prenons un taxi à l’hôtel qui nous demandera deux fois plus cher qu’un taxi régulier et allons à Seminyak. 

La partie nord de la plage abrite les boutiques, restaurants et hôtels très chics. Les prix sont à la hauteur de ce à quoi nous nous attendions, inabordables. 

Le très fameux Kudeta, bar et restaurant de plage est une merveille de design et un sanctuaire pour jeunes riches qui doivent s’y faire voir. Nous n’y ferons qu’un rapide passage, et attendrons d’être très riches pour revenir y faire les beaux. 
Nous marchons dans les ruelles bordées de hauts murs derrière lesquels se cachent des villas et des hôtels très haut de gamme. Il y a moins de 20 ans tout cet endroit n’était que rizières et champs de légumes. 
La plus fameuse rue de Seminyak était boudée par tous car c’était le chemin du cimetière où passaient les processions après les crémations. À présent cette route est celle de l’Oberoi, un des hôtels le plus chic de tout Bali… 

Nous revenons à Kuta et allons nous allonger sur la plage. Celle-ci est immense, et couvre toute la surface entre l’aéroport au sud et Seminyak au nord, le sable noir fin est brûlant sous les pieds, les vagues se déroulent sous les planches de surf et les cheveux longs blonds sont de rigueur. Le seul problème c’est que se baigner ici est un danger permanent… 

Les surfeurs sont partout et revendiquent l’immensité de la mer. La plupart est suffisamment expérimentée pour éviter les baigneurs, mais les débutants sont de vrais missiles en perdition. Les vagues sont grosses mais pas violentes et le sable très doux ne laissera pas de traces de coupures sur le corps en cas de chute. 

Le courant charrie des tonnes de déchets en plastique. Invisibles de la surface, les sacs s'enroulent autour de nos chevilles comme des méduses mortes. 
Bali est extrêmement polluée. la petite île n'a aucun moyen d'absorber la pollution engendrée par le tourisme de masse. L'avenir est sombre pour l'environnement balinais.

Plus tard nous irons voir le coucher du soleil comme presque tout le monde, mais ce soir il se fera discret et pratiquement insignifiant. Nous descendons la plage et traversons un grand centre commercial proche de l’aéroport. 

De l’autre coté se tient une rue toute commerciale et principalement destinée à la clientèle australienne et nord-américaine. Des restaurants de grandes chaines, des magasins de souvenirs, des crèmes glacées industrielles, tout est fait ici pour plaire à ceux qui n’osent pas s’aventurer hors des villes sans âme. 
Je suis certain que la grande majorité des gens que nous croisons ici ne verra jamais l’arrière pays, qu’elle ne se perdra jamais dans les sublimes paysages de rizières des montagnes, que jamais elle ne sentira un gros cochon griller dans un caniveau, qu’elle ne mangera pas ce drôle de salak, ou le parfumé bebek betutu en écoutant sa belle histoire, ou ne s’arrêtera au bord d’un champ de riz pour admirer le travail phénoménal d’un paysan en train de récolter, d’une vielle femme en train de repiquer des touffes émeraudes dans une parcelle inondée. 

Nous ne sommes que des humains et serons tentés par le Bubba Gump, un restaurant tiré du film Forest Gump, à moins que ce ne soit le film qui ait utilisé cette marque… Il est grand le mystère d’Hollywood… 

Ami lecteur tu as ici une occasion incroyable de participer à notre grand jeu ! La question est simple et le prix du vainqueur exceptionnel ! Qui de l’œuf ou de la poule était en premier ? 
Est-ce le film qui a enfanté du restaurant ou est-ce le restaurant qui a payé pour être dans le film ! Vite à ton clavier ! 

Des crevettes en tout genre, frites, bouillies, sautées, en panure, en sauce, au citron, mais surtout panées et en sauce…Le concept est tellement étasunien que c’en est trop. 
Des frites grasses, trop de sauce, des serveurs bien trop joyeux, des remplissages de sodas à volonté, beaucoup de clients avec un sérieux excès de tour de taille et des prix hors du commun. 
Rien à voir avec un Nasi Goreng mitonné sur le bord d’une plage pour une poignée de roupies, ici les prix sont en dollars américains. 

Le retour à la “civilisation” est douloureux, nous n’avons pas très envie d’en voir plus, et honorerons notre chambre de notre aimable présence.




Un peu de nostalgie - lundi 8 mars

Et voilà… Il fallait bien que ça se termine un jour, et ce jour est arrivé. 
L’heure du départ a sonnée, nous bouclons nos sacs, disons au revoir à Mister Smile en lui promettant de revenir et de parler de son île et de ses bungalows. 

Alors si d’aventure l’un de mes millions de lecteurs partait en vacances aux îles Gili, je lui conseille le Gili Smile Bungalows à Trawangan. 
Il n’y a pas d’eau douce, pas plus que chaude, pas de climatisation, pas de télévision, encore moins de WiFi, quelques moustiques, deux ou trois coqs, aucun chien, des chats avec des queues toutes croches, et il y a la famille Smile ! 
Aucune idée de leur véritable identité, d’ailleurs cela a-t’il la moindre importance ?
Ils méritent tous leur surnom parce que leur sourire est franc, heureux et beau. 

Aucune malice, toujours un bonjour, quelques mots en Français et jamais sans un balai à la main ! Dire que c’est propre tombe sous le sens, chez Mister Smile tout est nettoyé, balayé, astiqué, casa toujours pimpante ! 

Même son échoppe de souvenirs grande ouverte sur la route ne retient pas de poussière ! L’accueil des gens de Gili est à l’extrême opposé des sourires en forme de $ des îles du sud de la Thaïlande. Nous partons avec regret en espérant que le tourisme de masse ne viendra pas trop vite bousculer les mœurs de ces gens extraordinaires. 

Le bateau s’en va, nous ferons une rapide escale à Lombok et filerons à 30 nœuds vers Bali. La mer est belle, par endroits des courants créent des tourbillons et du clapot. 

Une heure et demie après notre départ de GT nous sommes dans un minibus en direction de Kuta où nous finirons notre séjour. 

La transition est radicale, les embouteillages et l’odeur infecte des fumées d’échappement nous font regretter de ne pas avoir prolongés notre séjour à Gili… 

Le grand cirque des demandes en tout genre recommence, taxi, massage, transport, moto, hasch, tout y passe, je ne referais pas la description elle est identique à celle d’Ubud. 
Nous irons vite nous réfugier dans la chambre climatisée à 10 minutes de la plage.



Encore une histoire de moustiques et c’est la fête au village - Dimanche 7 mars

L’orage tropical s’est abattu sur nous vers 21 heures, les éclairs faisaient apparaître les environs comme en plein jour, la pluie soutenue a finie par se glisser sous la porte de la salle de bain et j’ai dû confectionner de toute urgence un barrage avec une serviette. 
Et encore une fois, ce matin tout est bleu et ensoleillée… 

Je rejoins le Dream Divers et, à ma grande surprise j’ai le droit de choisir mon site de plongée puisque je suis tout seul avec Gordon à me mettre à l’eau. 
Évidemment je choisi Shark Point et 10 minutes plus tard nous tombons nez à nez avec un gros perroquet à bosse. Un requin pointe noire en maraude viendra nous faire une petite visite, deux langoustes et cinq tortues seront aussi au menu de cette très belle plongée. 

La visibilité commence à se détériorer, le déluge de cette nuit laisse ses empreintes, il est temps de partir, de toute façon je commence à être malade. Le refroidissement après mes deux plongées a fini par me congestionner. 

Dans l’après-midi nous prenons nos vélos dans le but d’aller admirer l’île de son point de vue du haut de la petite colline. Nous cherchons quelques temps sous un soleil de plomb le chemin qui est censé nous mener au sommet, et enfin après plusieurs demandes nous trouvons un escalier qui semble se diriger vers la bonne direction. Un jeune homme me signale que c’est un peu dangereux, mais nous allons quand même tenter l’ascension par la face nord. 

Le chemin se transforme vite en cauchemar… Quelques branches revêches nous obstruent le passage, mais des coups de machette bien placés en auront raison. Le problème ne se situe pas du tout au niveau des branches, ni même du chemin, et encore moins de l’épouvantable moiteur qui nous assomme, mais des dizaines de milliards de moustiques qui semblent ne pas avoir vu d’êtres humains depuis des siècles ! 
Je me retourne vers André qui est torse nu et couvert par ces assoiffés mini-vampires. Je suis persuadé que si nous nous arrêtons quelques secondes ou si nous continuons notre progression nous allons nous vider de notre sang aussi efficacement qu’on égorge un cochon ! 

Je voudrais une extermination totale de cette maudite engeance, et dans le même brasier j’y jetterais les mouches et les coqs ! Nous descendons en courant, nos gougounes volant de trous en roches et rejoignons nos vélos avant de rentrer au village. 

Ici la fête bat son plein, le mât de cocagne qui a été érigé hier et enduit de graisse est maintenant laissé aux enfants qui vont tout faire pour tenter d’y grimper. Bien évidemment la tâche se révèle quasi-impossible, mais petit à petit, à force d’essais et de chutes, les enfants sales comme des graisseurs de locomotives rendent le mât un peu moins glissant. 

Enfin un jeune, un peu plus musclé, un peu plus endurant et apparemment super motivé réussi à se hisser au faîte du poteau et en arrache deux sarongs. Étonnant que personne ne soit encore tombé du haut de ce casse-cou ! 

Entre-temps les plus petits vont s’inscrire à un nouveau jeu : la Piñata locale. 
À la place d’avoir une statue en papier mâché, ce sont des jarres de terre cuite remplies d’eau colorée qu’ils devront frapper. 
Les enfants, les yeux dûment bandés, se jettent à corps perdu à la recherche de la jarre magique. Le spectacle est vraiment drôle, tout le monde donne des instructions de direction et quelques-uns arrivent à faire éclater d’un grand coup du lourd bâton le récipient qui éclabousse les spectateurs un peu trop proches. 

Soudain les regards se tournent vers le mât où le sommet est orné d’un vaillant grimpeur qui vient d’y arracher le bâton qui le couronne du grand prix. Une superbe planche de surf sous le bras, il repart dignement sous les applaudissements et les regards fiers des enfants qui vont tous rêver d’un tel exploit. 


Quelques autres activités vont tenir la place du village sous tension, jusqu’à l’apogée, un combat entre deux adultes, armés d’un bâton et d’un bouclier qui se frappe dessus comme des forgerons sur une enclume. 
Mais étonnement le combat reste très courtois et les sourires des guerriers contrastent avec la violence des gestes. 

Le dernier combat est terminée, tout le monde quitte la place et retourne à ses activités favorites qui se résument la plupart du temps à compter les grains de sable de la plage du fond de son hamac. 



Plongée, vélo, apéro, une journée sportive - samedi 6 mars

Comme toujours le ciel profite de la nuit pour se nettoyer et offrir un soleil éclatant et un ciel bleu tous les matins. 

Nous prenons notre petit déjeuner sur la terrasse du restaurant du Smile Bungalows qui est loin d’avoir usurpé son nom. Ici tout le monde sourit et a toujours un petit mot gentil, voire quelques expressions en français. Salut mon pote, ça va ? 
 Avec leur accent, il n’y a rien de plus charmant et Mister Smile est d’une gentillesse à toute épreuve. 
Notre omelette et café noir de Lombok avalés, je me dirige vers le Dream Divers pour une plongée à Frog Fish Point, au nord de Gili Air, l’île la plus proche des rives de Lombok.

Cette nuit le vent s’est levé et la houle est bien formée. Mais les bateaux à deux balanciers sont parfaitement stables et malgré un moteur défaillant, nous arriverons en 20 minutes à destination. 
Nous plongeons avec une des filles du club, et la plongée sera vraiment agréable, même si malgré tous les efforts de Gordon et à son grand désespoir, nous ne verrons aucun poisson-grenouille… Comme je lui fais remarquer, pas de requins à Shark Point, pas de mantas à Manta Point et pas de poisson-grenouille ici… 
En fait il n’y a que des Point, ce qui le fait beaucoup rire. 

Par contre nous verrons un superbe paysage corallien sur une vaste étendue de sable blanc, quelques crevettes arlequins et une indolente et grosse tortue en train de brouter en-dessous de notre palier. 

Dans l'après midi torride, armés d’une bouteille d’eau et du flacon de crème solaire, nous partons faire le tour de l’île à vélo. Le soleil tape aussi fort que possible, et mon manque de précaution de ce matin commence à se faire sentir. 
J’ai eu la bonne idée d’enfiler un t-shirt sinon il aurait fallu m’évacuer au service des grands brûlés de l’hôpital le plus proche ! 

Par endroit la plage empiète sur le sentier et nous devons mettre pied à terre pour continuer. La plupart du temps les plages sont réduites au strict minimum ou n’existent même plus à marée haute. 
Certains établissements haut de gamme se dissimulent dans des sous-bois très bien entretenus, mais ils sont loin de tout et hormis paresser à longueur de journée en attendant que l’heure du départ sonne, il n’y a pas grand-chose à faire. 

En moins d’une heure le tour est bouclé, les vagues qui s’écrasent sur le récif sud sont impressionnantes et un rouleau régulier fait la joie de quelques intrépides surfeurs. 

André, prit d'une irrésistible envie de pédaler n’entend pas les tintinnabulements effrénés de ma sonnette, ni mes appels et part comme sur un contre-la-montre du tour de France.

Après quelques minutes d’attente, je m’imagine qu’il est parti soit se dorer au soleil, soit pour un deuxième tour de l’île. Je visite donc l’arrière-village qui est un peu moins glamour que le front de mer.
Ici tout n’est pas aussi propre et organisé, les touristes doivent rarement prendre la peine de visiter ce coin de l’île. Je rejoins André au bungalow et partons nous baigner, mais les vagues sont fortes et la plage parsemée de débris coralliens ne permet pas de se laisser aller au gré des courants. 

Notre heure heureuse se passera encore une fois au bar du Vila Ombak où la serveuse nous reconnaît et nous amène tout de suite nos deux grosses Bintang. Nous finirons attablés sur un balcon dominant la mer en face d'une très appétissante brochette de fruits de mer. La douce vie des îles ne peut pas toujours être trépidante.


Une plongée de rêve et un rêve exaucé - vendredi 5 mars

scallywagsresort.com
Ce matin je vais plonger à Shark Point et en plus j’ai très bien dormi ! 

Le site est considéré comme un incontournable et le meilleur des îles. À 10 heures 10, je peux à mon tour en profiter. Dès la surface on aperçoit le fond à plus de 35 mètres. La visibilité est exceptionnelle, le courant tellement léger qu’il est inexistant et la descente dans le bleu est une chute libre au ralenti, du grand bonheur. 

Nous sommes accompagnés d’une jeune anglaise un peu pataude, mais qui se révélera plus à l’aise en apesanteur. Dès le début, Gordon notre guide nous emmène vers une patate de corail de sa connaissance et cherche assidûment quelque chose dans les entrelacs d’une gorgone qui à cette profondeur parait gris vert, mais qui doit être d’un rouge éclatant. 

laboiteverte.fr
Enfin, il me fait signe et me montre du bout de son pic deux microscopiques hippocampes pygmées de la même couleur et de la même texture que leur hôtesse végétale. 
Impossible de trouver ces bestioles sans savoir qu'elles étaient là. 

De l’autre coté du rocher corallien, se balance doucement au rythme d’un ressac invisible, un poisson-feuille. Pas de requins pour nous à Shark Point, mais un face à face assez majestueux avec un thon démesuré, un peu comme on voit dans l’émission Thalassa ! 

Sa bouche entrouverte laisse apparaître de bien grosses dents, et certain de sa puissance il va voir les plongeurs comme pour les défier et leur signifier qu’ici c’est lui le patron. 
Jusqu’à ce qu’un filet de pêche japonais lui fasse ravaler sa superbe et qu’il finisse en petits sushis dans une vitrine réfrigérée… 

Des perroquets à bosse, une toute petite anguille bleue et quelques tortues viendront nous en mettre plein les yeux pendant ces presque 60 minutes. N’eut été de Laura, la plongée aurait été plus longue, elle respire un peu fort l’Anglaise... 

Après une pause repas avec André, je pars pour ma deuxième plongée, sur Manta Point. 
Ils n’y ont jamais vu de manta, mais comment savoir ce qui passe par la tête des personnes qui inventent le nom des sites. 

mavibalirentals.com
La plongée sera pépère, pas grand-chose à voir sinon beaucoup de beau corail, quelques murènes et des poissons par centaines. 
Au retour le ciel s’est assombri au-dessus de Lombok, le ciel est noir jais, on ne voit même plus la côte de l’île, et le front pluvieux semble se rapprocher dangereusement de notre retraite ensoleillée. Le temps de ranger le matériel et d’entamer la route du retour, la pluie commence à tomber. 

D’abord timide et sans envergure, elle prend rapidement de l’ampleur et se montre sous son vrai jour. Sous les Tropiques, les averses peuvent être longues et puissantes, je crois que nous avons à faire à cette catégorie de pluie ! 

Je marche, en maillot de bain dans la route sablonneuse, la chaude ondée me coule sur le corps, une délicieuse sensation et une hâte. 

J’arrive au bungalow et vais enfin assouvir mon fantasme. Depuis que je suis enfant je rêve de prendre une vraie douche sous la pluie, comme dans les publicités Tahiti Douche ! 

La dernière fois que j’ai failli accomplir cet exploit était à Koh Bulon, en 2002, mais à peine savonné, la pluie s’est arrêtée. Aujourd’hui je vais non seulement accomplir le lavage et le rinçage, mais en plus je vais en profiter pour me dessaler complètement, puisque sur l’île, rares sont les endroits où l’eau est vraiment douce. 
Un peu saline, l’eau qui sort des robinets est évidemment impropre à la consommation, mais laisse toujours la sensation d’une peau poisseuse et mal rincée. 


Un anniversaire, un peu de plongée et des effets psychédéliques - jeudi 4 mars

La nuit a été particulièrement mauvaise pour moi, et je pensais qu'elle l’aurait également été
pour André, mais non, il a très bien dormi et de bonne humeur. Bon anniversaire ! 

Mais ce n’est qu’une question d’installation, le moustiquaire me chatouillait le pied gauche au rythme du ventilateur, ce dernier s’est arrêté quelques heures suite à une coupure de courant, et les coqs du voisin figureront dans mon prochain menu ! 
La prochaine nuit sera plus agréable ou ne sera pas ! 

Je pars en direction du club de plongée que j’ai le plus aimé hier. Tous les clubs de l’île proposent les mêmes plongées aux mêmes prix, il n’y a que l’ambiance générale qui aura motivé mon choix. 

Après les essais du matériel, nous embarquons sur un bateau et partons au nord, plonger sur le site Coral Fan Garden qui comme son nom l’indique devrait être riche en corail.
Nous nous mettons à l’eau, elle est chaude et la visibilité est excellente, ce qui est un heureux hasard puisque nous sommes encore en saison des pluies. 

Les grosses averses qui noient les contreforts de Lombok amènent, via les cours d’eau, des limons qui troublent les fonds marins jusqu’aux Gili. 
Mais cette année il semble que nous sommes en pleine saison des pluies sèche… 

Nous descendons sur le plancher, 30 mètres sous une surface calme, et profitons pendant une heure de notre apesanteur. La sangle de mon masque me lâche, mais il est déjà difficile de l’installer en surface, alors je suis obligé de le plaquer sur mon visage, laissant flotter dans le courant de mes bulles le bout de plastique inutile. 

Quelques murènes, quatre très imposants perroquets à bosse, et pour finir un immense jardin de corail viendront égayer cette belle plongée. 
Celle de l’après-midi est basique et je ne la ferais pas, préférant mon hamac et la plage.
Nous mangeons au Deli Gili, qui se révèle aussi mauvais que l’odeur de charogne qui plane dans les lieux, les paninis sont secs et il n’y a quasiment rien dedans. 

Le fait que nous regrettions certains sandwichs de notre connaissance est une preuve assez accablante de la piètre qualité de cette nourriture ! 

Dans l’après-midi que nous passerons entre hamac et plage, André découvrira les joies du snorkelling et un peu plus tard je tomberais sur une tortue, qu’un Français aussi excité que maladroit fera fuir en quatre coups de nageoire. 

Le soir pour fêter un anniversaire tropical, nous irons manger un délicieux barbecue de poisson en buvant nos premiers (et derniers) verres de Chardonnay du voyage, puis nous finirons avec un pichet de vodka attack en observant l’effet des champignons magiques sur une jeune fille qui doit se croire entre Jupiter et Pluton… 

Un peu partout sur la rue principale, des affiches vantent les magic mushrooms, à consommer en boisson ou en plat, et quelque fois aussi un peu de cannabis pour balancer.

Mais contempler la pauvre tête de ceux qui ont succombé à la tentation fait immédiatement passer l’envie de se dépraver. Nous avons très envie de nous rappeler de nos vacances ! 


Gili Trawangan - Une île paradisiaque - mercredi 3 mars

Il est 6 heures 15, et la sonnerie de mon réveil tente de me faire croire qu’elle fait son travail alors que ma nuit est finie depuis longtemps. La grosse pluie nocturne a nettoyée le ciel et la chaleur est retombée. Nous nous sustentons de la tranche de cake à la banane achetée hier soir et montons sur la route attendre notre transport qui va nous emmener à Padangbai. 

À cette heure aussi matinale, aucun touriste de se promène, et la rue appartient toute entière aux Balinais qui s’affairent. Le marché grouille d’activité et les petits feux finissent de carboniser les déchets dans les caniveaux. 
La fumée stagne dans un air calme, et le soleil projette ses rayons à travers les branches de bambous et les feuilles des bananiers. N’eut été l’odeur un peu nauséabonde de quelques déchets en plastique, cette vision aurait pu être presque parfaite.

Les statues qui se construisent un peu partout depuis 2 semaines sont sur le point d’être finies et les scènes sont toujours très originales. 
Ici un monstre est tué par un guerrier armé d’un couteau effilé, là une déesse est acrobatiquement installée sur une planche de surf et partout les villageois où les maisons particulières font preuve de beaucoup d’imagination. 

Ces personnages seront brûlés lors de la grande fête du 15 mars, dans un énorme brasier de colle, polystyrène, papier journal et mousse de polyuréthane… 
Le 16 mars encore une fois nous raterons une fête majeure en Asie. La dernière fois nous avions manqué Songkran, le nouvel an bouddhiste qui est un débordement de joie et d’eau partout en Thaïlande, et cette année, à quelques jours près nous n’assisterons pas à Nyepi, le nouvel an hindou. 

Cette journée est consacrée au silence et à l’inactivité la plus totale sous peine de se faire sérieusement réprimander par les autorités ! Mais c’est la veille que ça se passe. 

Le 15 au soir, les habitants font une énorme fiesta et appellent les démons à se joindre à eux. Après quelques exorcismes de circonstances les monstres de papier sont brûlés emportant dans leurs flammes les démons un peu trop enthousiastes et trop proches. 

Le lendemain, constatant qu’il ne se passe absolument rien dans l’île, et que tous les habitants semblent avoir disparus, les démons survivants s’enfuient vers des lieux plus propices à leurs mauvaises intentions. 

Retour à Padangbai où nous venons d’arriver, nous avons une petite heure devant nous et en profitons pour déguster un café avant d’embarquer sur le hors-bord de 900 chevaux. 
En un peu plus d’une heure nous traversons le détroit entre Lombok et Bali, débarquons quelques passagers sur la grande île qui devra faire partie d’un prochain voyage et faisons route vers Gili Trawangan. 

Tout est là… Cocotiers, sable blanc, eau cristalline.
Un bruit étrange se fait tout à coup entendre, il envahit nos têtes, résonne comme un vieux souvenir que nous pensions enfoui à jamais au plus profond de nos êtres : le silence assourdissant d’une île sans voiture ni moto ! 

Il y a quelque chose de troublant après ces milliards de sollicitations auditives des dernières semaines, mais nous nous y habitueront en quelques secondes. Les seuls moyens de transport sont des vélos antédiluviens, des petites carrioles tirées par des mini-chevaux, non pas des poneys, juste des chevaux en plus petits, et la saine marche à pied. 

Nous marchons sur la petite route ensablée à la recherche d’un hébergement. Un jeune homme nous propose de visiter sa dernière chambre disponible avec ventilateur et de la place pour suspendre nos hamacs qui vont enfin justifier de leur présence dans nos sacs !

Un fish&chips plus tard, on nous retrouve sur le bord de la mer, allongés sur nos serviettes ou en train de barboter dans cette délicieuse mixture salée et à température parfaite. 

La journée passera au rythme alangui des vagues se déroulant mollement sur le sable chaud, tandis que les nuages d’orage et de pluie commencent à se développer sur le Gunung Rinjani, le volcan de 3726 mètres qui domine Lombok. 

Au loin l’orage gronde, mais deux heures plus tard plus aucune trace du colossal cumulo-nimbus, le volcan offre à nos regards son profil imposant.


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...