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Jeudi 14 janvier – Koh Lanta – plage et dispensaire

Programme concis et efficace : ne rien faire. 
Tourner la poignée de la mob vers la plage de Khlong Jak et se reposer sur un transat en regardant le flux de la marée et les petites vagues s'éteindre sur le sable. 

La mer est chaude, quelques filaments urticants nous rappellent qu'il y a plein de choses vivantes dans toute cette eau et le soleil continue sa course. 


Sur une terrasse rasta, nous prenons un repas copieux et économique en s'étonnant de la qualité merdique des pansements d'un jeune homme probablement accidenté de scooter. Si c'est sa copine qui lui a fait ça, il devrait s'en trouver une autre.

Beaucoup de touristes se donnent pour mission d'absolument monter sur un deux-roues en Thaïlande. Si les grandes villes sont compliquées à conduire, la chose devient plus aisée sur de petites îles où la circulation est nettement moins anarchique. Mais. 

Mais, conduire un scooter ce n'est tout à fait la même chose que faire du vélo. Ils sont lourds, puissants, ont des freins relativement pourris, et l'île recèle son lots de virages traîtres et de descentes abruptes. Sans compter les petits génies qui décident de s'égoprotraitiser (se selfier) tout en roulant ! 

J'ai vu beaucoup trop de jeunes gens, surtout des jeunes filles, complètement perdus au guidon de leur petite machine, ne sachant plus s'il fallait rouler à gauche, tourner à quel carrefour et s'arrêter n'importe où pour faire une photo. Heureusement, les locaux sont habitués à ce genre de comportement et font leur possible pour éviter les accrochages. 


Carte de Koh Lanta
Mais les occidentaux n'ont besoin de personne pour se vautrer en short et gougounes sur le macadam brûlant. Les jambes, les bras et les pieds à vif, ils finissent dans un des nombreux dispensaires ou cliniques de l'île où ils seront rapidement pris en charge. 

Certains décident de se dispenser de dispensaire, et se soignent eux-même. Comme ce garçon en face de moi, qui ne semble pas avoir la moindre expérience de soins infirmiers basiques. Mauvaise idée… 
Les vacances à la plage sont finies, plus de baignade, plus de soleil, on se dit finalement que c'était vraiment une mauvaise idée de faire quelque chose de nouveau sans aucune formation. 

Nous revenons à nos transats, trempons un peu dans l'eau, séchons et recommençons le processus de façon régulière. 

Un cri de douleur se fait entendre. Notre ami Réjean pense s'être coincé le nerf sciatique et ne peut plus bouger. Nous devons rentrer doucement et lui éviter les chocs. 

Je m'arrête acheter quelques fruits et joue à cache-cache avec le petit garçon de la découpeuse de saparot. Timide, il finit par trouver mes grimaces rigolotes et esquisse un sourire. Sa mère doit me trouver complètement taré.

Le soleil descend sur la mer, les îles de Koh Ha Yai se découpent sur un horizon fantasque. Un énorme nuage vide son trop plein d'eau dans la mer d'Andaman, d'autres se parent de rouge et orange en défilant au-dessus de nos têtes, c'était notre dernière soirée à Koh Lanta. 

Demain, nous serons dans le grand nord, à Chiang Mai, où la température devrait être plus clémente.



#LesDrolesdIdeesDeChristophe .

Plaintes de novembre

Même les enfants savent...
Une fois n'est pas coutume, je vais me plaindre...
Novembre, doux mois des premiers froids, des pluies désagréables qui vous glacent le sang, des premiers flocons qui agacent les roues de mon scooter, du soleil qui joue à cache-cache avec les longs rubans de nuages gris et menaçants. Mois du changement d'heure et du sempiternel débat sur son efficacité. Des parents qui se plaignent de l'effet négatif sur le sommeil de leur progéniture, mais qui n'hésitent pas à franchir les fuseaux horaires pour leurs vacances.
Le mois des feuilles mortes qui se ramassent à la pelle et qui menacent l'équilibre déjà fragile de mon deux roues essoufflé.
Les feuilles mortes justement... C'est quoi le problème des feuilles mortes sur ton petit carré de jardin ? Laisse ces feuilles se décomposer tranquillement et nourrir ton gazon. Personne ne viendra vérifier sous les futurs trois mètres de neige si tu as le plus beau gazon du quartier.

Mais je ne voulais pas radoter sur les caprices de la météo et des feuilles qui tombent. Je voulais vider mon sac concernant les usagers de la route dont je fais partie. L'équilibre aléatoire de mon deux roues, et sa non-vélocité me permettent d'apprécier à leur juste valeur les inconduites de mes coreligionnaires.


Les vélos... En incluant ceux qui sont fixés dessus. 
Je veux bien admettre que nos trottoirs sont moins dangereux que nos routes, toutes contaminées par ces nids de poule qui ont fait la réputation de notre belle ville. Je suis moi-même souvent victime de ces balafres citadines et dois faire des évitements d'urgence si je ne veux pas finir dans un couloir d’hôpital ou au mieux chez le garagiste.
Mais, ami cycliste, tu n'es pas prioritaire. Un trottoir à la base c'est fait pour trotter pas pour rouler. Alors si tu ne veux pas ramasser un coup de sacoche derrière la tête, descend de ton vélo et trotte.
Pourquoi as tu décidé que les panneaux de circulation, les feux de quelque couleur qu'ils soient, les grosses bandes blanches avec marqué STOP (ou ARRÊT) ne t'étaient absolument pas destinés ? En empruntant les voies de circulation tu as signé un contrat moral t'obligeant à respecter le code de la route. Sinon c'est l'anarchie qui nous attend à chaque coin de rue, va rouler en Inde, il n'y aura aucun problème pour laisser libre cours à ta bravoure.
Est-ce qu'un cycliste au bout de l'écran peut m'expliquer pourquoi l'immense majorité des vélocipédistes n'a aucun système d'éclairage ?
Je ne parle pas de simples réflecteurs qui renvoient une éventuelle lumière beaucoup trop tard, mais de vraies lumières, qui se voient de loin, qui ne pèsent rien et qui ne coûtent pas cher, en tout cas beaucoup moins qu'une vie.

Hey le malade, tu es au bout du rouleau, ta vie est une suite insensée de problèmes, alors fait comme les gens que je croise tous les soirs : habille toi en noir, n'utilise aucune lumière sur ton vélo et roule n'importe comment.
Mais s'il te plaît, lorsque tu seras écrapoutie comme un maringouin trop lent ne sois pas surpris.
Tiens histoire de t'informer un peu, même si tu sais déjà tout ça et que tu es un rebelle, au moins tu ne pourras pas murmurer sur ton brancard des urgences : je savais paaaaaaaaargh...

http://www.velo.qc.ca/transport-actif/ABC-du-transport-actif/Conseils-de-securite  mais aussi : 
http://www.saaq.gouv.qc.ca/publications/prevention/guide_velo.pdf

Les voitures...
Vaste sujet, que celui de l'incivilité au volant, mais je laisse la place aux Nonnes Troppo et leur Roi de la Route : 
...On me met dans l'ambulance
Qui démarre et qui s'élance
C'est pratique le gyrophare
Pour doubler tous ces connards
Vas-y appuie d'ssus ça y est tu l'as eu
Bourre un maximum prouve que t'es un homme
J'vais y passer, j'vais y passer, j'vais y passer, j'vais y passer...

Sérieusement c'est ça que tu veux ? Être le sujet d'une chanson dont la fin est évidente ?
Bon je passe sur tous les jeunes connards qui espère faire la Une d'un journal de région et qui sont maîtres au volant avant Dieu et toute sa cohorte de Saints.
La nouvelle allergie du Québec, celle qui surpasse de loin crustacés, gluten (pourtant très à la mode), lactose, et autres corne d’hippocampe, c'est le clignotant.
Hein c'est quoi ça ? Tu sais, la manette à gauche du volant, celle qui fait clic-clac-clic-clac quand tu la montes ou la descends, hé bien c'est ça le clignotant. Ce levier a pour fonction de déclencher une option fort intéressante sur ton véhicule. Deux petites lumières rouges ou oranges s'allument et s’éteignent en alternance, signalant suffisamment à l'avance, la volonté du conducteur de changer de direction.
On l'appelle aussi clignoteur, feu clignotant, signophile, et au Québec on utilise le joli mot français flasher qui, pour se donner une jolie allure francophone se prononce flacheur. Qu'importe, de toute façon cet objet est devenu obsolète. 
Avis aux constructeurs automobiles, pour baisser le prix de vos véhicules, proposez cet article en option.


C'est toi et moi ça ?
Lorsque je tapote à la fenêtre d'une voiture qui a omis de signaler son changement de direction et que j'annonce que le flasher idoine est brisé, au mieux on m'ignore au pire je me fais insulter. 
Ah ben c'est certain que si j'étais posé sur une Harley pétaradante, la barbe flottant à un mètre de mon menton et un regard noir dépourvu de pitié, le chauffard serait un petit plus attentif à mes doléances.
Sauf que j'ai un BW's 50cc qui n'inspire ni la crainte, ni le sérieux de mes propos.

La lumière que l'on appelle jaune au Québec, orange en France est LE signal qu'il faut s'arrêter, pas celui d’accélérer pour passer vite-vite-vite et être le premier arrêté au prochain feu rouge.

Tant pis je continuerais seul ma bataille inutile contre les moulins de la route et serais encore plus attentif lors de mes louvoyages dans le courant des artères congestionnées. 

Un petit coup de gueule ça fait du bien ! Pas d'inquiétudes, je vais bientôt revenir avec un nouveau voyage...

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Mercredi 29 janvier – Koh Lanta, dernière balade en scooter

Le bateau pour le demain est réservé, 550B par personne transfert vers le quai d'embarquement inclus. C'est donc le dernier jour de scooter, nous en profitons pour monter une dernière fois à Saladan. 

Un marché nous offre moult insectes frits que nous refuserons poliment préférant les brochettes de nos copines rieuses que nous allons manger sur la plage. Le vent s'empresse de souffler un tas de sable fin dans notre riz qui devient croquant et le gras du poulet au curry sera très apprécié du chien errant qui nous a vu acheter ces mets. Un repas complet pour 160B, boisson comprise.

Nous descendons la côte Est jusqu'au vieux village et allons boire un shake sur la terrasse de l'Apsara. Au retour nous prenons un chemin de traverse qui franchit des plantations d'hévéas. Le chemin poussiéreux nous oblige à admirer à vitesse réduite les bols remplis de sève caoutchouteuse et l'alignement parfait des troncs d'arbres. N'eut été la température on pourrait se croire dans une érablière.

Il est temps de rendre le scooter à notre gentille locatrice. Avec son mari elle est en train d'inspecter un autre deux-roues pas mal abîmé. J'apprends que son conducteur a été évacué vers l’hôpital de Phuket avec une jambe fracturée. Sa passagère ainsi que la fille qui suivait sont aussi mal en point, des vacances qui se terminent bien mal pour eux. Ils ont pris un gros trou à pleine vitesse, et les véhicules n'ont pas tenu la route.

Trop de gens pensent savoir rouler lorsqu'ils arrivent ici. Malgré leurs allures chétives, les scooters sont des petites bombes montées sur des roues de vélo, on roule à gauche et la plupart du temps sans casque et puis il s'agit de savoir maîtriser sa vitesse et tous les intervenants qui se trouvent sur la route. 
Pourtant Koh Lanta n'est pas le pire endroit pour rouler, si vous voulez vivre une expérience d'immersion totale, essayez Bali...

Rares sont les fous du volant, les gens font attention car il y a beaucoup de piétons sur le bord des routes sans trottoirs et les chiens ont une fâcheuse tendance à faire leur sieste à l'ombre, où qu'elle soit. Ce n'est pas tant pour la vie des canidés qu'il faut s'inquiéter, mais plutôt de l'équilibre déjà instable de la machine. Une chute en short, t-shirt et gougounes ne donne jamais de très bons résultats.
Indécis quand au choix du transport pendant les vacances ? Les chauffeurs de tuk-tuk se feront un plaisir de vous emmener loin de toute salle d'urgence.
Une bonne assurance voyage peut aussi s'avérer une excellente idée...

Hé bien voilà, c'est la dernière soirée sur la terrasse du Nature Beach, un établissement agréable au bord de la plage de Khlong Nin. Le personnel en général est sympathique, mais le serveur que nous avons baptisé Sœur Sourire devrait vraiment apprendre à en faire quelque-uns, les filles sont rigolotes et mènent la barque avec poigne. Le mélange d'un peu de bouddhisme et de beaucoup d'islamisme semble parfaitement fonctionner. Les filles voilées côtoient sans aucun problème les bikinis des touristes et leurs consœurs légèrement vêtues.

Besoin de repos et de plages désertes ? Koh Lanta est faite pour vous.


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Mardi 21 janvier – Coq au vin, Old town et bronchite aiguë

Koh Lanta old town village
Ce matin j'ai l'impression que le roi de la basse-cour chante au pied de mon lit. Je suis trop fatigué pour lui courir après, d'autant qu'il fait nuit et que ma montre indique 5h30... Je réclame une grippe aviaire de toute urgence !

Après notre petit-déjeuner nous louons un scooter, il est temps de bouger un peu pour visiter cette île. La bécane ne ressemble pas à grand chose, mais finalement elle en a un peu sous le capot.

Comme partout en Thaïlande le réservoir est quasiment vide, il va falloir faire le plein rapidement. Petite astuce de marchand asiatique, car la plupart des touristes, de peur de tomber en panne remplissent toujours un peu trop le réservoir. 
En rendant le scooter après utilisation il suffit au loueur de siphonner ce qui reste d'essence pour pouvoir la revendre au petit kiosque qu'il tient juste à coté. Sont malins !

En longeant la côte ouest nous pouvons constater que plus on monte vers le nord, plus les activités sont intenses. Les bars, restaurants et commerces se suivent à une cadence effrénée. Le tourisme n'est pas aussi massif qu'à Phuket ou Koh Samui, et il reste encore des endroits vraiment tranquilles sur Koh Lanta.

Le village de Saladan regroupe tout ce dont on pourrait avoir besoin et que l'on aurait oublié d'acheter avant de venir. Les maisons et restaurants sur pilotis sont charmants et le rythme est vraiment doux. Rien ne sert de courir, il fait trop chaud.

Nous poursuivons la route en direction de la côte est vers le sud. De ce coté de l'île il n'y a aucune plage, juste de la mangrove qui selon mes prédictions est un refuge idéal pour quelques milliards de moustiques prêts à vous vider de votre sang pour peu que le vent tombe.

Au vieux village de Lanta, fort justement nommé Koh Lanta old town village il faut aller tout au bout du quai et tomber en amour avec le paysage. Les îles se fondent avec la mer dans la brume de chaleur, les maisons sur pilotis du village flottent sur une mer d'huile, le soleil écrase tout sans pitié. 
Le fond de l'air est à 38º et depuis que le salvateur vent artificiel du scooter est tombé nous en subissons toute la diabolique puissance. Il faut immédiatement trouver de l'ombre et une boisson fraîche ! 

Nous trouverons les deux en plus d'un excellent curry vert au petit restaurant Apsara où l'accueil est aussi doux qu'un lassi à la mangue. Il fait bon se prélasser au vent du large tandis que la planète continue à tourner sans nous.

Nous poursuivons la route jusqu'à ce qu'elle tombe dans la mer à Sangka Ou, mirons l'horizon infini et faisons demi tour. Encore une fois je passe devant l'hôpital où je devrais m'arrêter, car pris de quintes de toux, de pression dans les yeux, de douleurs musculaires, de reniflements morveux je pense être un peu malade. Mais aujourd'hui c'est pire puisque je ressens le besoin de consulter un médecin. Moi qui croyait que les infusions de gingembre et les snifettes d'eau de mer allaient résoudre mon problème...

Je laisse donc passer l'hôpital qui fait un peu trop sérieux à mon goût et entre dans le premier cabinet médical que je croise. La nurse me prend en charge tout de suite, teste ma pression qui lui fait lever les yeux au ciel dans un grand soupir, ce qui est tout à fait pour me rassurer, prend ma température sous le bras comme dans les films et transmets ces informations à madame la docteure qui va me recevoir immédiatement.

Mais, claudiquant, entre un couple de jeunes nordiques, cheveux aussi blancs que leurs visages, plaies sanguinolentes aux pieds, chevilles et mollets, piteux rescapés d'un accident de scooter.

Mettons les choses au point : ce n'est pas parce que les scooters se louent sans permis, aussi facilement que crier mi khao niao mai khap? qu'il faut se penser le roi du deux roues. 
Beaucoup trop d'occidentaux n'ont jamais conduit un scooter, et/ou n'ont jamais conduit à gauche, et/ou prennent trop vite confiance et se blessent, mettant ainsi un terme à la baignade, la plongée et même à un agréable moment de détente sur le sable. Même si les routes sont, comparées à Montréal, en excellent état, il y a trop de variables pour que cela reste une activité sans risque. Réfléchissez-y à deux fois...

Finalement après avoir subvenu aux urgents besoins du joli petit couple de plus en plus blanc à mesure que leur fluide vital s'échappait de leurs corps, la charmante toubib m'informe d'une bronchite aiguë et me donne des pilules pour soulager tous mes maux. Je suis sans mots... 

Des pour la toux, des pour les sinus, des pour l'infection, des pour décongestionner, des gouttes pour les yeux, des sachets d'électrolyte, si avec ça je suis pas guéri ce soir...

Il faut dire que mon état a quelque peu empiré, mon regard a du mal à suivre rapidement le mouvement de ma tête, je ressens une telle pression que j'ai l'impression que mes globes oculaires vont faire sauter mes yeux comme des bouchons de mousseux cheap, je tousse en m'arrachant les poumons et je me sens tellement fatigué que si je ferme les paupières je m'endors. 

Il est temps de regagner l'abri de la chambre, de prendre les premiers cachets et surtout de s'enduire de Biafine. Car, même avec une protection régulière d'indice 50, la traîtresse étoile a su contourner les défenses et infliger à ma peau une cuisante punition.

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