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Sri Lanka 2014 - Le Bilan

Le Sri Lanka c'est où, c'est quoi ?
Parce que les cours de géographie semblent avoir disparus de nos écoles, voici un petit rappel.
Le Sri Lanka est une île de l'océan Indien séparée par seulement 31 km du sud-ouest de l'Inde par le détroit de Palk. République démocratique socialiste, elle a perdu son nom de Ceylan en 1972. D'une superficie de 65 610 km² peuplée d'un peu plus de 20 millions d'habitants.  
Rappel : Canada 9,9 millions km², 35 millions d'habitants, Québec 1,7 millions km², 8 millions d'habitants. 
On y parle le cingalais et le tamoul, mais l'anglais est très utilisé. En 2009, plus de 30 ans de guerre civile (en réalité les conflits datent des années 30) entre Tamouls et Cingalais prenaient fin.
Colombo se trouve à 13 700 kilomètres de Montréal, il vaut mieux avoir un siège confortable.

Durée du séjour : 22 jours 
Sri Lanka map
Circuit : Colombo : 2 nuits - Kandy : 2 nuits - Sigiriya : 1 nuit - Kandy : 1 nuit - Delhousie/Adam's Peak : 1 nuit - Haputale : 2 nuits - Ella : 2 nuits - Uda Walawe : 1 nuit - Tangalle : 3 nuits - Mirissa : 1 nuit – Galle : 2 nuits - Bentota : 3 nuits - Colombo :1 nuit 
Soit 987 kilomètres...

Coups de cœur : 
Les Srilankais : dès l'arrivée dans l'avion de Sri Lankan, les sourires sont de rigueur... Cette première impression sera confirmée tout le long du voyage, avec en point d'orgue les habitants des montagnes.
Les enfants du côté d'Haputale, les cueilleuses de thé qui y triment comme des esclaves (pensez-y lors de votre prochain Five O'Clock Tea). Les pêcheurs du port de Tangalle, les cuisiniers des petits Hotel qui ne voient jamais de touristes. Cette famille géniale qui nous a invités pour une fête traditionnelle à Haputale, le gentil propriétaire de notre guesthouse d'Ella. Et en général tous les habitants de cette grande et belle île qui nous ont tellement souris que j'aimerais les présenter à mon personnel de service avec lequel je bosse pour leur apprendre les techniques des gens heureux qui rendent les gens heureux.
Sri Pada - Adam's Peak - Sri Lanka
Les compagnons de voyage : de belles rencontres lors de l'ascension de l'Adam's Peak avec lesquelles nous avons partagé d'excellents moments. Pas toujours facile de trouver une personne compatible, cinq d'un coup relèvent d'un exploit et d'un très heureux hasard. 
Les paysages : à Colombo, l'océan qui vibre au rythme de ses vagues puissantes presque au cœur de la capitale. Les contreforts des montagnes à Kandy qui y apportent une fraîcheur fort agréable. Les sommets magistraux et inaccessibles autour du Sri Pada et son ascension incroyable avec toute la ferveur qui compense l'intense effort. Le trajet en train entre Hatton et Ella où aucune route ne passe. Le rocher de Sigirya, morceau de roc perdu au milieu d'une plaine verdoyante. Le calme montagnard et les vagues vertes des plantations de thé des collines d'Haputale. Le jardin botanique de Kandy et les jardins d'épices que l'on trouve un peu partout dans cette région, surtout entre Kandy et Dambulla. Le fort de Galle qui mérite largement que l'on y passe deux nuits. Pour le repos des corps et l'isolement de la frénésie générale et pour le repos des yeux avec son architecture coloniale.
Uda Walawe - Sri Lanka
Le parc national d'Uda Walawe, un safari en fin de journée pour découvrir des animaux sauvages loin du continent africain. Les plages immenses, battues par les vagues de l'océan vivifiant à Tangalle.

Coups de fourchette : enfin coups de cuillère et souvent coups de doigts. On mange avec la main droite, la gauche reste sagement posé sur la cuisse. 
J'ai beaucoup lu de propos négatifs sur internet avant notre départ. Trop épicé, pas mangeable, pas assez de variétés... Heureusement, je commence à connaître ces touristes qui n'aiment rien loin de chez eux et qui critiquent tout ce qui n'est pas conforme à leurs désirs. 

Déstabilisant au premier abord avec leurs hotel-restaurant et les petits en-cas disponibles partout, manger au Sri Lanka demande une petite adaptation. Habitués de la Thaïlande où on peut manger absolument partout et à n'importe quelle heure, il a fallu se réhabituer. 
La diversité ne saute pas immédiatement aux yeux, mais les rice and curry se déclinent en d'innombrables versions et chaque famille a ses recettes. C'est confirmé, celui du St Bridget's Guesthouse à Kandy est bien le meilleur.

Les en-cas composés de samosas frits, de rotis triangulaires ou en rouleaux farcis aux légumes ou à la viande, de brioches sucrées absolument délicieuses garnies de légumes au curry, sont des petits plats très peu chers et roboratifs. Les hoppers natures, tartinés de pâte de piments, garnis aux œufs, aux légumes ou façon string hopper (avec des nouilles), les kottu roti, ces crêpes roulées coupées en tranches fines et hachée à grands coups de tactactactactac facilement identifiables à des centaines de mètres à la ronde.
Le petit tuk-tuk boulangerie qui incite à la curiosité et à la découverte de produits vraiment locaux pour quelques piécettes. Les rotis sucrés, farcis aux fruits et qui comblent les estomacs les plus affamés. 
Au Sri Lanka, les végétariens que nous sommes devenus après avoir visité la section ''bidoche fatiguée'' des marchés en fin de journée ont été comblés. Même pour des carnivores acharnés, la viande n'est pas indispensable lors de ce voyage. 
Les poissons grillés et les fruits de mer sont partout sur les côtes. Le poisson séché auquel je n'ai jamais goûté, si ce n'est ces petits sprats qui parfument les pâtes de piments, ou frits en accompagnement de currys. 
Curd - Galle- Sri Lanka
Le curd, a été pour moi LA découverte et ne m'en suis jamais lassé. À Galle il faut aller le déguster chez Serendipity (fermé depuis). Accompagné de kithul treacle, de miel, de fruits et/ou de muesli, ce fromage blanc au lait de bufflonne est un régal pour qui aime les laitages. Par contre, je n'ai pas encore compris comment il est possible de conserver ce produit dans des pots en terre cuite en plein cagnard sur le bord des routes. 
Qu'importe, je n'ai jamais été malade... 

Épicé ? Oui, un peu, mais pas plus que dans un autre pays en région tropicale.
En Thaïlande, le traître petit piment très fort est presque partout, et quand il n'y est pas, c'est un curry rouge ou vert qui le remplace. Au Sri Lanka, les plats sont relevés, mais n'arrachent pas la langue du fond du palais. L'incorporation de dizaines d'aromates et d'épices dans les sauces ou les préparations, apportent des parfums incroyablement riches qu'il est agréable d'essayer de décoder. Dans la plupart des régions touristiques, on va vous demander spicy or not spicy. Tentez le coup du spicy, à moins d'être très sensible de la papille vous devriez aimer et même demander un petit pot de chili paste. Le riz blanc est toujours parfumé à la cannelle, au clou de girofle ou à la cardamome. 
Les fruits : on trouve beaucoup (comprendre en quantité industrielle) de bananes et de noix de coco. Beaucoup de variétés de bananes, des grandes vertes pour la cuisson, de la plus petite à la plus grande, de la jaune à la rouge, elles sont toutes très goûteuses. Même en enlevant les petites arnaques dues à nos origines supposément aisées, les bananes rouges coûtent par exemple un peu plus de 2$ pour 4 jolis spécimens. C'est vrai que cette variété est considérée comme la meilleure qualité de ce fruit et que les paysans ne doivent pas recevoir de subventions gouvernementales. De toute façon, elle est tellement meilleure que la triste Cavendish que cette petite dépense occasionnelle ne devrait pas trop grever votre budget. En général, les prix des fruits sont assez élevés au regard du coût de la vie. 
La king coconut se mange, se boit par tout le monde, tout le temps, partout. On trouve aussi des mangues, papayes, oranges, clémentines, raisins, mangoustans, ramboutans, ananas, avocats... Grâce à son climat et sa géographie particulière, l'île offre un choix incroyable de fruits et légumes. 

Tavernier !
Étrangement, partout dans les restaurants on vous apporte un grand verre d'eau du robinet. Je n'ai jamais tenté cette drôle d'expérience...
Classique, l'eau en bouteille que l'on trouve partout. Le prix est indiqué sur l'étiquette. L'eau gazeuse, sans goût, convient très bien à ceux qui n'aiment pas l'eau pétillante comme moi.
Les lassis, yaourt mixé sucrés avec des fruits, ou salés. Le remède idéal pour éteindre le feu des piments. Les shakes de fruits sont aussi très bons et nous n'avons jamais été malades.
L'eau de coco, que beaucoup confondent avec le lait de coco. Les king coconuts sont partout et ne coutent rien. Une boisson saine et rafraichissante.
Évidemment le thé. L'eau est bouillie et ne présente aucun danger. Idem pour le café, mais celui-ci est servi à la turque et il a autant à manger qu'à boire. Les amateurs de café se feront un plaisir de découvrir le thé. Sinon il y a un excellent café (hors de prix) à Kandy. Ses expressos sont tout simplement parfaits.


La "bière" de gingembre (ginger beer) est rafraichissante et piquante, goûtant très fort le gingembre. Il faut éviter celle sans sucre, elle a un désagréable arrière-goût d'Aspartame. Rien à voir avec le ginger ale qui lui ne goûte rien. Les jus sont tous très bon, sauf le wood apple qui est franchement immonde.
La bière, principalement la marque Lion, brassée par Carlsberg à Colombo. Elle se décline en trois versions. De la classique Lager à 4.8% à la Strong et Stout toutes deux à 8.8%, préférées des locaux les veilles de Poya...
Du vin ? Probablement, mais nous ne fréquentions pas ce genre d’établissement... 
Pour finir il ne faut pas hésiter à gouter l'Arrak, un alcool issu de la fermentation de la sève de cocotier. Blanc et plein de jeunesse ou ambré avec quelques années de maturation il est assez doux (env. 30 à 35%) et conclu aimablement une belle journée, les pieds dans le sable en regardant le soleil partir vers d'autres horizons. Est-ce que je suis obligé d'ajouter qu'il faut consommer avec son cerveau et avec son meilleur ami Modération ?

Colombo - Sri Lanka
C'est fatigant : Pour commencer le bruit. Il est omniprésent. Les klaxons sont les compagnons de route de tous les chauffeurs. Même pour dire bonjour aux corbeaux...
La circulation, apocalyptique ! Des chauffards qui n'hésitent pas à foncer comme des dingues sur des routes de montagne avec des véhicules hors d'âge aux pneus lisses. Les chauffeurs n'ont aucun respect pour la vie des piétons qu'ils ne font même pas mine de vouloir éviter. 
Les petites arnaques insignifiantes, mais qui finissent par lasser. Payer 100 roupies au lieu de 50 pour un trajet en bus, un peu plus cher pour des fruits, des tuk-tuk qui ont le culot de vous sourire en vous en passant une petite vite... Le vol dont nous avons été victimes, mais qui aurait tout aussi bien pu arriver chez nous. Et finalement, nous avons passé plus de temps à Galle. 
Les marchands d'épices qui jouent la carte du meilleur et du moins cher et qui profitent de la situation touristique. 
Les rabatteurs qui tentent par tous les moyens de vous emmener dans un magasin, un restaurant ou un hôtel où ils percevront une commission. Ignorez-les !
L'accueil à Uda Walawe, commercial et sans âme. Touristes de passage, gain rapide et facile... Dommage c'est un si bel endroit. 
L'état de délabrement environnemental que cette île est en train de subir. Certes, le recyclage et l'environnement sont des préoccupations de pays riches. D'ailleurs nombre de mes concitoyens sont des gros porcs qui ne se soucient pas plus de l'état de leurs trottoirs ou de leur métro. Mais voir des gens de toutes les générations jeter un papier d'emballage, vider une petite poubelle par une fenêtre de voiture ou se débarrasser de sacs plastiques par la porte ouverte d'un train reste désolant. 
Les puces de sable ! Détestables bestioles qui attendent votre arrivée, cachées dans leur trou de plage. Piqûres douloureuses et démangeaisons insupportables à prévoir. Il faut éviter de se coucher directement sur le sable et apporter de la calamine qui semble calmer ces agressions.
Les derniers, mais non les moindres : les Russes ! En voilà des touristes qui ne savent pas vivre. Même les Français qui ont pourtant une excellente mauvaise réputation de râleurs (élus pires touristes au monde selon une enquête parue en 2009) sont éclipsés par les hordes slaves qui ont envahies l'Asie. Il va falloir faire un effort les gars si vous voulez à nouveau paraître dans le top 3 des pires touristes. Ceci étant dit, je ne considère pas les Français comme les pires touristes du monde. Vrai qu'ils sont terriblement chialeux et forts en gueule, mais il y a nettement pires qu'eux... Tiens prenons les Chinois. Conquérants de l'Empire du Milieu, débarquant en troupeaux serrés et considérant les peuples conquis comme leurs esclaves... Sauf que les Russes sont partout. Enfin partout où il a du soleil, une plage et aucun effort à faire. Inutile de les chercher au sommet de l'Adam's Peak. S'il y en a, ceux-là sont plutôt hors-normes et agréables.  

Les transports : Le bus de l'aéroport est à 2 minutes de marche du hall des arrivées. Il faut compter 130 Rp et entre 30 minutes et plus d'une heure, pour arriver à la gare routière de Colombo, suivant le trafic qui peut être dantesque, sauf le 4 février, jour de la fête de l'Indépendance où tout est fermé. Les tuk-tuk sont partout à Colombo et il faut choisir ceux indiqués meter. Si le chauffeur ne veut pas déclencher son compteur, il suffit d'en choisir un autre, il y en a des milliers. 
Train - Sri Lanka
Pour les trajets entre les villes, le train est le moyen le plus agréable et surtout le plus sécuritaire. Les horaires sont en général respectés et les billets en 2e classe d'un excellent rapport qualité/prix. Si le train est pris dans une gare intermédiaire, il y a de fortes chances pour que toutes les places assises soient occupées. Il faut alors rester debout, comme beaucoup de locaux ou réserver son siège d'avance, ce que nous n'avons jamais fait. Il y a des petits compartiments bagages pour ranger les gros sacs. Le plus beau trajet que nous ayons effectué se situe entre Hatton et Ella. 
Autobus - Sri LankaLe bus reste le moyen de transport le plus pratique pour se déplacer entre villes et petits villages. Son utilisation peut paraître compliquée, mais tout le monde vous aidera à monter dans le bon véhicule. Aux stations, il suffit de demander sa destination et les gens vous indiqueront le bon quai. Rudimentaire, poussiéreux et inconfortable, l'autobus permet d'être en immersion totale dans la vie quotidienne des Srilankais. Les horaires de départ ont toujours été respectés à la seconde et il s'arrête à la demande en actionnant une petite sonnette au plafond ou une ficelle le long des vitres. Les gros sacs à dos sont déposés à côté du chauffeur ou dans une petite soute derrière le véhicule. Avoir une housse de protection peut aider à conserver une allure plus convenable aux sacs qui se baladent dans la poussière et le cambouis. Voyager avec une valise, même à roulettes, n'est pas vraiment pratique. Pour les budgets plus aisés (environ 50$ par jour), il y a l'option du chauffeur privé. Pratique si le séjour est de courte durée, il faut tomber sur le chauffeur sympa et oublier les rencontres avec les habitants. Ce moyen de transport peut aussi s'adresser à des personnes qui se sentent en insécurité après avoir entendu les mille et un conseils inutiles de gens qui ne voyagent jamais. 

Les sous: 
Les seules dépenses conséquentes sont celles des logements. Les prix annoncés dans les guides Lonely Planet et du Routard ont tous beaucoup augmenté depuis à peine deux ans. Certains ont même doublé, alors que la chambre n'a subi aucune amélioration. On trouve des piaules à bon prix, mais il ne faut pas s'attendre à du confort et de la propreté. Il ne faut pas hésiter à négocier surtout si on compte y passer plus d'une nuit. 
La nourriture reste super abordable. Pour deux en-cas, c'est entre 50/70 Rp (0.40/0,60$). Un repas au resto local avec bouteille d'eau (1,5 litres, prix fixe à 50/70 Rp) c'est environ 100/150 Rp (0.80/1,25$CA). Les fruits sont plus chers, mais la qualité et le goût se payent. Tous les transports sont à très bon prix. 
Petites coupures : en dehors des villes et/ou des grands magasins, personne n'a de monnaie. Inutile d'essayer de payer vos bananes avec un billet de 5 000, il vaut mieux aller faire de la monnaie avant de fréquenter les marchés et les petits magasins.

Souvenirs : 
Le thé. Tout le monde connaît le thé de Ceylan, hé bien, c'est d'ici qu'il vient. Les boutiques spécialisées ont les meilleurs choix et les meilleurs prix. Les plantations et les tea factory peuvent offrir des thés intéressants, mais leur choix sera limité à leur seule production. Les magasins Chaplon à Bentota (il y en a un juste en face de la gare routière), l'autre se trouve sur Galle road un peu après Cafe Villa en direction du sud. À Colombo sur Galle road Sri Lanka Tea Board et le superbe Melsna qui lui se trouve dans la galerie marchande Majestic City (MC), lui aussi sur Galle road. 
Dans le grand magasin Odel Unlimited de Cinnamon Gardens, la petite boutique Dilmah propose une offre variée, mais je ne me suis pas penché sur les prix.  
http://christophebouton.blogspot.ca/2014/03/vendredi-21-fevrier-galle.html
Dutch Market - Galle
Les épices : le Sri Lanka est réputé pour la qualité exceptionnelle de ses épices. Elles se trouvent, bien sûr, dans les très nombreux jardins d'épices sur la route de Kandy à Dambulla. À Galle près du marché hollandais, un petit commerce propose des prix défiant toute concurrence. Par contre, il faut éviter celui du marché aux poissons qui triple ses prix à la vue d'un touriste... Pour finir, il reste les supermarchés. Les épices viennent bien sûr du pays, elles sont emballées en sacs plastiques scellés et les prix sont alléchants.
Le parfum intense et le goût sucré de la cannelle en font un ingrédient indispensable pour les pâtisseries et les currys. Il faut choisir des bâtons à l'écorce fine et ne pas hésiter à en croquer un morceau. Les poivres blanc et noir, la fabuleuse muscade et son macis, les clous de girofle, la vanille, ou la cardamome ne sont que quelques exemples parmi tout un choix qu'il faudra glaner pendant le voyage. 
Les tissus : il y a beaucoup de vendeurs de tissus en vrac, au mètre, de saris ou de sarongs dans toutes les villes. Pour une qualité nettement supérieure et des prix en conséquence, les magasins Barefoot ne pourront que combler les plus exigeants. 

L'artisanat : chez Laksala, Barefoot, Paradise road, les choix sont infinis et la qualité aussi. Tout dépend de ce que l'on cherche. Les masques traditionnels se trouvent à peu près partout, mais pour des pièces plus originales et introuvables ailleurs, il faut aller chez Suthuvili à Galle. 

Magasins hors taxes de l'aéroport : beaucoup de choix de thés, mais tout y est plus cher. Une solution pratique au cas où vous auriez oublié la jalouse tante Jeannine ou qu'il vous reste quelques roupies au fond des poches. C'est, je crois, ce dernier argument qui fait grimper les prix dans les aéroports... 

Conclusion :
Un voyage extraordinaire dans un pays accueillant qui en est aux prémices du tourisme. Les trente ans de guerre civile ont laissées des traces, surtout dans nord où nous ne sommes pas allés. Les touristes affluent sur les plages du sud et à Kandy, mais il reste beaucoup d'espace disponible pour vadrouiller.
Le sac à dos est le meilleur moyen de bouger au Sri Lanka, courir après un bus est plus compliqué en tirant une grosse valise à roulettes.
Il faut voyager léger et se rappeler qu'on est pas chez nous. On en est même assez loin...
Il faut rester curieux et respectueux, la gentillesse ouvre énormément de portes et d'opportunités. Et surtout, ne pas arrêter de sourire ; c'est la marque des gens heureux. 

Je vous remercie de votre assiduité à la lecture de mon interminable prose.

Bon voyage

http://christophebouton.blogspot.ca/2014/02/mercredi-12-fevrier-haputale-une.html

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Mercredi 26 février - Colombo-Bangkok-Jomtien

Il est 3 heures du matin et nous n'avons pas envie de partir. 
Mais le taxi réservé hier soir sera là dans 30 minutes et le voyage continue. La nouvelle autoroute à péage de l'hôtel à l'aéroport est complètement dégagée à cette heure matinale, nous ne mettrons que 40 minutes pour parcourir les 40 kilomètres. 

Nous écoulons nos derniers roupies dans les boutiques de thés du soi-disant duty free et nous mettons en ligne pour accéder à la porte d'embarquement. Nous comprenons pourquoi ça ne va pas si bien en France, s'il y a une crise c'est parce que tous les Français sont autour de nous. Oh y a personne qui bosse dans ce pays ?  
Un vieil Italien pressé passe devant tout le monde en bousculant les gens. Nous le retrouverons quelques heures plus tard en train de s'impatienter devant la porte des bus de l'aéroport de Bangkok. Le vol sera sans histoire, nous pouvons voir la fin des films de l'aller, aurons le choix du menu et serons servis par des hôtesses souriantes et agréables. 

Il nous faudra 2h15 pour retrouver le tarmac de Suvarnabhumi, et patienter ensuite jusqu'à 15 heures pour monter dans le bus vers Jomtien. Un petit food court caché dans un recoin de l'aéroport offre, pour des prix dérisoires, des plats thaïs bien meilleurs que les omnipotents fast food américains qui vont rapidement faire décliner la santé et changer radicalement les formes de ces peuples minces et sveltes. 

À 15 heures, le rigolard commis aux bagages nous fait monter dans le spacieux bus climatisé et c'est parti pour deux heures de route vers Pattaya et Jomtien. 
Pattaya tout le monde connaît... Plages surpeuplées, bars à gogo, spectacles de danseuses, gogo bars, prostituées, touristes bas de gamme alcoolisés à la recherche de tous ces plaisirs. 
Jomtien est plus calme, plus familiale, même si, ici aussi il y a des gogos bars et des prostiputes cachées derrière leurs devantures de salons de massage. 

Avoir su j'aurais appris le cyrillique ! Tout est rédigé en russe, et le mot аптека nous fait sourire. Entéka c'est une pharmacie... 
Là pour le coup, ils sont absolument partout. Déferlement slave, mamouchkas enveloppées dans des t-shirts trop petits, gropapov en shorts très courts et chaussettes hautes, marchandant à tour de bras, agression visuelle et auditive. 
Les Thaïs semblent tout aussi désespérés que les Srilankais, seule la résilience légendaire des asiatiques peut expliquer leur patience. 
Va t'elle durer ? 
Nous n'oublierons jamais de préciser que nous sommes Canadiens. 

Ganymede Resort
L'hôtel que nous avons réservé en ligne se trouve à dix minutes de marche du terminus des autobus. 
La chambre est toute neuve, ça sent encore la peinture fraiche et l’enduit dans le couloir. Le lit gigantesque ressemble à une patinoire olympique, la salle de bain est d'une propreté irréprochable, la pression de l'eau pourrait faire décoller le carrelage. Un écran plat aussi grand qu'une toile de cinéma occupe toute une partie du mur en face du lit.
L'immense porte-fenêtre coulissante donne accès à un petit balcon surplombant une immense piscine.  Trente dollars très agréablement investis... 

Cette journée se termine devant une monumentale et délicieuse pizza, qu'un authentique pizzaïolo thaïlandais fera tourner au-dessus de sa tête avant de la garnir et de l'enfourner dans un four à bois.


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Mardi 25 février – Bentota-Colombo, c'est le jour des soldes !

Et voilà, c'est presque fini. 
Dernière virée au Sri Lanka, dernier trajet que nous aurions aimé en train mais qui se fera en autobus. Si mes prédictions sont bonnes et que le chauffeur a compris ma demande, nous devrions être déposés assez proches de notre dernier lieu de résidence. 

En attendant, nous réveillons le gérant de l'hôtel qui sommeillait sur ses livres d'école. Comme prévu, nous payons notre facture revue à la baisse, attrapons nos sacs à dos et marchons sous le soleil prometteur de ce petit matin vers la gare routière d'Alutghama. 
Il est 7 heures 30, le ballet des gros autobus rouillés, poussiéreux et pétunant est commencé depuis longtemps. À peine le temps de demander le bus pour Colom.... et nous sommes déjà dedans. 
Les sacs sont déposés près du chauffeur, nous trouvons deux sièges coté mer, une grande fenêtre pour y sortir une partie de mon corps et ainsi gagner de la place sur le siège. En 1 heure 15 et pour 85 Rp, nous arrivons dans les faubourgs sud de Colombo. Peu après Mount Lavinia, la première station balnéaire, probablement envahie de Russes, je commence à essayer de déchiffrer les panneaux. Nous devons nous arrêter à la station de Galle Road au coin de Hospital. Le vendeur de tickets ne s'occupe plus de nous depuis longtemps, trop occupés à gérer les allées et venues incessantes de passagers. 
Je demande au jeune homme bien cravaté devant moi, mais il ne parle pas bien anglais et en plus ne connait pas du tout Colombo. Son voisin, un honorable citoyen mal fagoté pratique aisément la langue de Margaret et connait très bien Hospital road qui est ... le prochain arrêt ! 
Je lance un regard gris foncé au vendeur qui me sourit en dodelinant, force le passage jusqu'à l'avant de l'allée centrale, saisi mon sac à dos et me retrouve sur le trottoir à côté d'André alors que le bus repart déjà. Il faut être organisé et ne rien laisser trainer, sinon, ce sont des oublis à répétition et une fin de voyage avec le minimum d'affaire qui nous attend. 

Nous arrêtons le premier tuk-tuk meter qui passe, j'ai pris la précaution de noter le nom du quartier, et son restaurant le plus célèbre. Ce sera plus facile à trouver qu'une adresse perdue dans une ruelle où il ne passe jamais personne. Allez chauffeur, au McDonalds de Nugegoda. 
En moins de 15 minutes, il nous dépose devant le clown maléfique, il nous reste 10 minutes de marche avant de franchir le portail fleuri du Silvikris Villa. 
Encore une fois, nous aurons le bonheur d'être surclassés dans une chambre luxueuse avec terrasse privée, vue sur le jardin et lit ''famille nombreuse''. 
Pas le temps de s'extasier, une longue journée nous attend. Au programme Odel, Sri Lanka Tea Board, Green Cabin, Barefoot... 

Le grand magasin Odel Unlimited est situé dans Cinnamon Gardens. Tous les chauffeurs de tuk-tuk le connaisse, c'est un lieu réputé pour les rendez-vous chics de la classe aisée de la capitale. Le magasin offre tout un tas d'articles, dont des souvenirs, masques, poupées et porte-clés, des jouets et vêtements pour les enfants, boutiques de thés, café et boulangerie À la Française, et beaucoup de très beaux vêtements. Les choix des chemises et pantalons en lin sont infinis, ne manquent que les chemises pour les hommes à fortes épaules. 
Ou alors il faut taper dans le clinquant, le mordoré, le satiné, le genre de fringue que je ne pourrais jamais porter ailleurs que sur cette île de beauté. Acheter des vêtements excentriques en vacances limite soit, à ne plus jamais les porter, soit à les réserver pour les soirées déguisées ou encore à passer pour un original. 

J'en sais quelque chose puisque j'arborais fièrement mes chemises tahitiennes à grosses fleurs rouges et boutons en noix de coco en discothèque en plein hiver québécois. Je ne suis jamais passé inaperçu et étais facile à retrouver dans la cohue. O tempora O mores. 

Nous prenons un taxi pour la boutique de thés. Le chauffeur un peu bougon veut absolument nous emmener chez Laksala. Nous lui disons que ça ne nous intéresse pas, que nous avons déjà acheté tous nos souvenirs. Il insiste lourdement, à croire que même dans un magasin gouvernemental, il pourrait toucher une commission. 
Au bout de la dixième proposition de nous y déposer, nous décidons de l'ignorer. Il nous laisse devant le Sri Lanka tea board, nous parle encore de Laksala, récolte deux sourires accompagnés de deux dodelinements et nous rentrons au frais. 

Si le choix est intéressant, nous regrettons de ne pas avoir plus acheté chez Chaplon. En plus le service laisse à désirer, les trois jolies filles en uniforme préfèrent apparemment texter sur leurs nouveaux cellulaires que venir à notre rencontre. Finalement, j'en attrape une et lui demande des renseignements, qu'elle ne me donnera pas. 
Le hasard et quelques informations glanées lors de nos visites seront d'une meilleure aide, nous la laissons rejoindre ses copines. Le passage à la caisse est un moment heureux, les prix sont ridiculement bas. 

Notre chauffeur est encore en bas à attendre un éventuel changement de programme, mais le prenant à contre-roue, nous le laissons en plan. 
Le petit resto avec une devanture attrayante ne nous avait pas convaincus le premier jour. Nous y étions allés trop de bonne heure et rien n'était encore prêt. Par contre à l'heure du repas les tables du Green Cabin sont prises d'assaut par une clientèle de locaux, d'expatriés et de voyageurs un peu perdus dans le quartier. Le rice&curry est bon et varié, tous les plats qui passent sous notre nez le sont tout autant appétissants. Pour aussi peu que 1200 Rp, nous avons droit à deux curry à volonté, deux desserts excellents, quatre bouteilles d'eau gazeuse et du thé. Une adresse que je recommande, d'autant qu'elle est située exactement entre la boutique de thés et Barefoot, de l'autre côté de Galle Rd. 

Tient justement puisqu'on en parle, Barefoot... L'immense magasin ne finit pas de nous surprendre. Alors que nous croyions avoir tout vu, je suis curieux de savoir ce qu'il y a de l'autre côté de ce couloir. C'est rempli d'objets magnifiques que nous voudrions tous ramener, des sculptures en pierre ou en bois, des lampes à huile à l'ancienne, des tissus, des cloches en bronze, des livres d'art, de cuisine, de Bawa... Donnez-moi un budget illimité et un DHL ! 
Cachée bien à l'abri du bruit de la rue et des vociférations de la circulation monstrueuse, une terrasse ombragée gargouillant de quelques fontaines, nous propose une pause. Le service est à la hauteur du luxe de la boutique, mais les prix sont très corrects. 
Une escale à ne pas manquer lors d'une visite incontournable dans ce temple de l'artisanat chic et de bon goût. Sinon y a Laksala. 

Hé bien, notre programme touche à sa fin. Il est encore assez tôt, nous sommes heureux de nos achats, et comme il nous reste du temps, nous décidons d'aller jeter un tout dernier coup d'œil au grand centre commercial à cinq minutes de marche du Barefoot, MC (Majestic City) qui, d'après notre guide recèle une boutique de thés que nous ne connaissons pas. Mlesna Tea Center, en voilà une boutique de luxe avec un service à la hauteur de sa décoration ! Nous sommes tout de suite pris en charge par une magnifique hôtesse qui nous explique les différents thés, leurs prix, leurs provenances, et tout ce que nous aurions aimé apprendre un peu plus tôt. Leurs boîtes sont splendides, mais le thé en vrac est tellement moins cher et prend beaucoup moins de place. 
Devant nous, des Chinois hurlent comme des possédés lorsqu'ils apprennent le prix de leurs achats. La dame hystérique veut en acheter encore plus, mais ce qui semble être son mari la modère un peu. Tient, ils me rappellent quelqu'un...

Là, c'est officiellement terminé. La journée d'emplette vient de trouver un terme pour le moins heureux et nous décidons de rentrer ranger toutes ces merveilles. La climatisation de la chambre sera comme un baume sur notre épiderme, la tension accumulée aujourd'hui se dissipe dans un bref nuage de vapeur. 

Pour ne pas récidiver le triste souper du premier soir, maintenant que nous connaissons les tendances culinaires et les appellations étranges des restaurants, nous cherchons un petit comptoir derrière lequel est ouvert une salle surchauffée meublée de quelques tables branlantes et de chaises en plastique graisseuses. Le Serendib est à peine à quelques minutes de marche de notre hôtel, il était fermé lors de la fête de l'Indépendance le jour de notre arrivée. Nous sommes les seuls visages pâles dans ce petit boui-boui, accueillis avec bonhommie par le patron qui nous trouve une belle table sous un ventilateur suffocant et nous sert deux grands verres d'eau du robinet. Nous y préférerons de l'eau gazeuse en bouteille. 

Nous commandons nos derniers hopper aux œufs et des kottus rotis. Le cuisinier affairé aux hopper est en nage. Il jongle avec ses poêles bombées sur plusieurs flammes de propane qui éclairent de leur lueur bleutée son visage ruisselant. Nous avons chaud dans la salle, je n'ose imaginer la température qu'il fait derrière cette usine à gaz. En face de lui, de l'autre côté de l'entrée, c'est monsieur kottu qui cingle sa plaque chauffante de ses deux grosses lames. 
Telles des rafales de mitrailleuse, il sectionne les crêpes les mélangent avec les légumes, y verse de la sauce, tambourine encore comme un sourd et d'un coup de lame magique ramasse le résultat de ses efforts pour le glisser dans une assiette. 
Le Sri Lanka, c'est beaucoup d'odeurs et énormément de bruits. 

Nous avons mangé plus souvent qu'à notre tour des hoppers et des kottus, mais là c'est le summum. Les hoppers sont exactement comme ils devraient être et qu'ils n'ont jamais vraiment été. Très croustillants sur les rebords, épais et bien cuits au fond, avec un œuf cassé dessus, juste coulant. C'est simple, mais parfaitement exécuté. C'est comme faire une omelette ; très peu d'ingrédients, une recette simple, mais ça peut être tout à fait immangeable... 

Le kottu roti est lui aussi à se damner. Pour une fois, il n'est pas sec et étouffant. Bien épicé, piquant juste comme il faut. Nous demandons la pâte de piments, le chili paste, qui elle aussi se révélera de premier choix. Ça étonne toujours les Srilankais lorsque nous demandons cette fameuse pâte, qui n'est jamais la même d'un établissement à un autre. Elle peut être faite de crevette ou de poisson séché (les petits sprats), mélangé aux piments et à des épices. C'est à la fois marin, sucré et épicé, mais toujours délicieux. 
Repus mais gourmands, nous ne pouvons résister à l'envie de commander deux hoppers natures supplémentaires que nous badigeonnerons de pâte de piments.
Nous remercions sincèrement les cuisiniers de nous avoir offert les meilleures versions de ces deux plats emblématiques. Avec deux ginger beers, ce festin nous auras couté 410 Rp (3,50$) ! Nous finissons le volet culinaire de notre voyage sur une très bonne note. 

La nuit va être courte. Le taxi est réservé pour 3 heures 30, et le sommeil sera difficile à trouver. 

Heureusement, le voyage n'est pas fini. Demain, nous serons en Thaïlande et irons passer quelques jours sur une plage qui risque cependant, d'être un peu plus chargée que celle de Bentota...

Toi je vais te regretter ! ♥



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Lundi 24 février – Bentota, balade au Brief Garden

Le lundi c'est jour de marché aux légumes à Bentota. 
Nous n'avons que le pont à traverser, tourner à droite et nous voilà au sein de l'animation de la rue qui mène à la place du marché. Sur les trottoirs sont étalés des centaines de produits provenant des magasins alentours. De la quincaillerie, de la vaisselle, brosses, râpes à coco, couteaux, machettes, etc. De quoi apporter le sourire à la ménagère bentotienne. 
Au bout de la rue les couleurs et les odeurs des légumes frais nous font de l'œil. Dans des camions entièrement tapissés de feuilles de bananiers sont stockés des dizaines de régimes de ce même fruit. Depuis notre arrivée au Sri Lanka, nous sommes étonnés de la profusion quasi-industrielle de bananes de toutes formes et de toutes couleurs et des noix de coco jaunes, la ''King Coconut'' qu'on appelle ici Thambili. Plus sucrée que sa congénère verte, les Srilankais la surnomment ''pharmacie vivante''. 
Et on en trouve effectivement absolument partout. Des kiosques vendent cette noix de coco royale sur toutes les routes, tous les chemins, n'eussent-il qu'un seul passant par jour. Évidemment, son eau fraîche, limpide, mais surtout stérile est utilisée en médecine ayurvédique. 
Dans la plupart des épiceries, son eau est conditionnée en brique pour un usage plus pratique. Traîner une grappe de noix de coco sur le dos ça commence à devenir compliqué. Par contre, ça fait des décorations magnifiques. 

Il n'y a aucun touriste à cette heure matinale et les commerçants finissent de présenter leurs légumes comme pour un concours agricole. Je n'ose imaginer la merveille que serait-ce pays déjà magnifique, si le même souci du détail était appliqué à la vie quotidienne. Chaque chose en son temps... 
Quelques kiosques en bord de fleuve exposent leurs poissons séchés et certains filets sont très appétissants. Poireaux et aubergines rivalisent de leurs longueurs avec les cagettes de tomates, petits oignons verts face aux gros choux pommés, ronde de salade verte ou rouge, choux chinois, bok choy, courgettes jaunes, poivrons rouges, haricots rouges, choux-fleurs blancs, choux raves pistache, herbes aromatiques, concombre-serpent, tout est ravissement des yeux et des sens. Les fraîches odeurs de ces légumes embaument l'air poussiéreux de cette matinée qui s'annonce chaude, les marchands répondent à mes questions avec plaisir. Je ne me souviens plus de toutes les réponses, mais ce n'était pas essentiel. 

Bien sûr un ou deux passantes tentes de nous emmener au bazar, qui n'est autre qu'un ramassis de souvenir cheap dont ils tirerons une commission si une vente se conclut. C'est le jeu, mais il faut savoir s'en débarrasser rapidement. Nous profitons de cette sortie en ville pour repérer la station des bus. Nous pourrions le prendre sur le bord de la route devant notre hôtel, mais en venant à la gare routière, nous serons assurés d'avoir de la place pour nos sacs et nos corps. 

Après un rapide passage au petit bureau d'information touristique qui ne nous apprend pas grand chose de plus que nous n'ayons découvert par nous-même ces deux derniers jours, nous montons dans un tuk-tuk en direction du Brief Garden. 

Ce jardin conçu par Bevis Bawa, hédoniste géant de 2 mètres, frère aîné de 10 ans du célèbre architecte Geoffrey est situé à dix kilomètres dans les terres. Ancienne plantation d'hévéas, le père de Bevis l'acquis en 1929, après une brève transaction d'où son nom de Brief. Le trajet aller en tuk-tuk coûte 500 Rp et l'entrée du jardin est de 1000 Rp. Nous ne savons pas encore comment nous allons repartir puisque nous n'avons pas demandé à notre chauffeur de nous attendre. Nous avons eu des doutes lorsque le petit trois roues s'est engagé dans des chemins défoncés de gravier et de terre. Comment se peut-il qu'un lieu touristique soit aussi mal desservi ? Mais après quelques minutes de cahotement, nous arrivons devant le majestueux portail dudit jardin. 

Il y a beaucoup de véhicules sur le petit parking, le gardien que nous avons appelé à l'aide de la magnifique cloche en fer forgé de la porte principale, nous informe qu'un shooting photo a lieu en ce moment, mais que nous pouvons visiter à notre guise tout le jardin. 
Nous ne savons pas grand chose du fameux Bevis, mais rapidement nous nous doutons qu'il eût un goût certain des belles choses. Son jardin est un havre de paix, une forêt de Mowgli perdue loin de tout. Les plantes y poussent follement, parfaitement entretenues par quelques jardiniers souriants. La terrasse supérieure près de la maison est occupée par toute une équipe de photographes et quelques figurants richement vêtus d'habits de cérémonie. Le buffet est prêt à servir, nous avons faim. 

Contrairement aux prédictions, il n'y a aujourd'hui aucun moustique, mais je n'ose imaginer ce qu'il en est lors de la saison humide. La visite du jardin se termine avec celle de la maison. Accueillis par le gardien, nous faisons le tour des pièces magnifiques. Les ouvertures font entrer la végétation, le vent peut traverser la bâtisse, la pluie reste dehors. 

Nous comprenons à présent la présence de quelques sculptures équivoques. Le grand Bevis était gai ! 
Lecteur homophobe quitte tout de suite ce blog, les prochaines lignes vont sérieusement te choquer. 

Des tableaux, peintures et croquis, des œuvres abstraites et des aquarelles nous informent sans détour des penchants de l'artiste. Dans un pays qui (officiellement) réprime l'homosexualité, le statut de famille noble et la richesse des Bawa, ainsi que l'isolement de cette maison peut expliquer que personne n'ai jamais voulu déranger l'artiste. Le maître des lieux pouvait en toute quiétude organiser de folles orgies dans sa propriété. 

Bevis Bawa
Le tableau où il trône, tel un empereur romain, verre de whisky à la main, entouré de ses mignons jeunes garçons est sans ambiguïté. Dans le jardin arrière, un joli bassin et de viriles statues en pierre donnent le ton et l'on essaye de s'imaginer ce que pouvait être le quotidien débridé de cet ancien Capitaine d'Infanterie de Ceylan. 

Nous n'aurons finalement pas droit au buffet et nous asseyons sur les marches, à l'ombre d'un immense palmier, pour nous sustenter des ''en-cas'' aux légumes achetés dans un hôtel avant de partir. 
Ah oui, dans un hôtel, on peut aussi manger. Mais pas dormir. Enfin, on peut dormir dans un hôtel et y manger, mais ce n'est pas le même hôtel. Tout ça pour dire qu'un hôtel au Sri Lanka c'est aussi et juste un restaurant... 

Nous quittons la jungle enchantée et nous retrouvons comme deux perdus sur un chemin à des lieux de toute civilisation. Aurions-nous du garder notre chauffeur ? Au milieu de nulle part, nous goûtons au calme et à la sérénité. Sur la terrasse d'une maison, une maman et sa mignonne petite fille nous font des coucous. Je pioche une sucrerie achetée ce matin au marché, et en offre au bout de chou tout sourire, c'est bon de distribuer de la joie. 
Un monsieur derrière une planche et sous un toit en tôle vend des bouteilles d'eau, plus besoin de rationner les deux dernières gorgées de celle que nous économisions depuis dix minutes en prévision d'une traversée du désert. Pour finir, un tuktuktuktuktuk caractéristique nous informe que nous n'allons pas rentrer à pied. Le chauffeur nous demande 300 Rp pour nous ramener à la gare routière, ce que nous acceptons sans discussion. 

La sortie des écoles d'Althugama nous offre le spectacle de dizaines de jeunes enfants en uniforme. Les couettes noires des filles se balancent au rythme des courses et les garçons préparent quelque mauvais coup avec le sourire. Toutes les mains se secouent pour nous dire Hello, byebye. 

L'après-midi reverra notre présence sur la magnifique plage en face de l'hôtel Avani, mais comme promis, nous ne mettrons rien d'autre que nos plantes de pieds sur le sable. Un banc servira de chaise longue et je profiterais pendant deux heures des vagues et de l'eau chaude de l'océan Indien. 

La Café aura raison de notre appétit ce soir, le petit bonhomme est de plus en plus heureux de nous y voir. La fréquentation de son minuscule établissement nous conforte dans notre choix. 

Si c'était mauvais il n'y aurait certainement pas un ballet incessant de clients. 

Bevis Bawa Brief Garden house

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Dimanche 23 février – Bentota

Talitrus saltator
Il en fallait une, ce sera celle-là... La pire nuit de notre voyage. 
Sans moustiquaire, et pourtant, nous avions mis un tortillon avant de nous coucher, les petits insectes s'en sont donné à cœur joie. 
J'ai l'impression d'avoir passé la nuit dans un centre de transfusion, alors que je n'y ai même pas droit. 

Dès le réveil, je demande au personnel de nous installer une moustiquaire, ce qui sera fait dans les minutes suivantes. Mais ces piqûres sont intenses. Les impacts gros comme des trous d'obus, durs et grattent à s'en arracher la peau. 
Ce n'est pas normal, j'ai souvent été piqué, mais ça ne dure jamais. André a les jambes tellement attaquées qu'elles sont déformées. La peau boursouflée et l'envie de se mutiler commencent à jouer sur son humeur. On dirait qu'un Alien est en train de naître dans ses gambettes. Une pizza trop garnie et trop cuite pousse en dessous de ses poils. 

Je vais rapidement vérifier sur internet, enfin aussi vite que la connexion merdique de l'hôtel le permet, car j'ai un doute. J'ai subi exactement la même chose à Koh Lanta, avec toutefois un peu moins de virulences. 
Ce sont des puces de sable, la fameuse Talitrus saltator. Sale petite bestiole laide qui se cache dans le sable et profite d'un pauvre corps allongé pour s'en repaître et le faire souffrir de longues semaines. 
Les piqûres sont particulièrement urticantes et grosses. Contrairement à celles des moustiques qui démangent quelques minutes, les puces de sable laissent un souvenir impérissable pendant plusieurs jours, voire semaines. Finalement, nous envions maintenant les riches touristes de l'hôtel Avani qui sont protégés par leurs chaises longues. Promis, plus jamais de serviette directement sur le sable, et encore moins jouer à l'escalope panée en se roulant dans le sable d'une plage abandonnée. 

Mise à jour : finalement talitrus saltator est inoffensive... C'est LUI le coupable !

Notre quête, ce matin est de trouver une crème idoine. Plusieurs petites pharmacies vendent tout et n'importe quoi le long de la route. Difficile d'expliquer ce que nous voulons à des apothicaires qui ne parlent pas anglais ou alors aussi mal que nous. 
André montre ses gambettes boursouflées et moi, je mime une grosse puce affamée. Si cela ne fait pas avancer notre recherche, ça a le mérite de faire rire les commerçants et leurs clients. Enfin un pharmacien nous propose plusieurs crèmes qui sont annotées en anglais et où l'on peut distinctement lire les mots cortisone et antibiotiques. 
Sauvés ! 

L'application de ce baume sera un soulagement et le temps de guérison sera plus court que mes tartinages de potion magique trouvée dans une officine illégale de Koh Lanta. 

Pas question de mettre un pied à la plage aujourd'hui. De toute façon, le ciel est couvert et la météo prévoit des averses à 14 heures. Comme prévu, à 14 heures, il pleut, les météorologues Srilankais sont incroyables. 

Avant cela, nous voulons aller jeter un coup d'œil au très fameux Villa Cafe, une autre merveille signée Geoffey Bawa. Si notre accoutrement peut laisser à désirer, nous serons toutefois très bien reçus par le responsable de l'accueil, qui nous introduit sous le grand plafond de la salle à manger. On ne sait jamais qui peut se cacher sous des haillons. Princes ou voleurs ? 

Là pour le coup, ni l'un, ni l'autre, seulement deux curieux qui veulent boire un café hors de prix dans un décor enchanteur. 
Les autres clients ne sont pas du même monde. Les nounous Philippines s'occupent d'enfants qui se demandent qui sont ces personnes qu'ils doivent appeler papa et maman. Pour ces gens d'affaires, la course au repos est commencée et ne devrait pas durer plus d'une semaine. Branchés en permanence sur un téléphone ou un ordinateur. La détente est une occupation de pauvre. 

Nous faisons un tour rapide dans les pièces avoisinantes en nous extasiant de la décoration et de l'architecture en jouant au chat et à la souris avec le discret gardien qui finira par demander aux deux dames devant nous de quitter les lieux. Adieu monde inaccessible. 

L'immense plage noyée sous les vagues ne finit plus de s'étendre. Un bateau aux plats-bords cousus est échoué, et semble attendre une prochaine marée pour affronter l'océan. Nous remontons sur la route et tombons complètement par hasard sur un magasin que je cherchais depuis hier et que personne ne semblait connaître. 
La boutique Chaplon est là, devant nous et nous ouvre grandes ses portes. Le personnel, désœuvré, nous attendait avec impatience et n'aura de cesse de nous faire sentir, goûter et expliquer tous les thés vendus dans leur superbe boutique. 

Les différentes régions de productions, Dimbula, Nuwara Eliya, Uva, Kandy et les grades des thés. Du OP (OP pour orange pekoe, qui n'a rien à voir avec l'agrume, mais avec la famille Oranje régnant aux Pays-Bas au XVIIe. Pekoe est une déformation du mot chinois Bai Hao qui signifie duvet ou bourgeon). Les feuilles brisées (B pour broken) que l'on retrouve le plus fréquemment dans nos tasses : BP, BOP, BOPF, FBOP etc. Et pour finir le grade D, pour dust, la poussière de thé qui remplit les sachets industriels. 

Tout un monde très intéressant dans lequel j'aimerais passer plus de temps, mais c'est précisément ce qui nous manque. Alors nous choisissons avec l'aide d'un vendeur souriant, les thés les plus susceptibles de nous rappeler tous ces moments lorsque nous serons rentrés chez nous et que l'hiver aura des soubresauts particulièrement désagréables. 

Le passage à la caisse est un autre instant surprenant. La somme demandée est tout simplement ridicule, je dois avoir une drôle de tête puisque la fille rigole et me demande si j'en veux d'autre. Les seuls thés vraiment chers sont les thés blancs : golden et silver tips, formés des bourgeons terminaux (pekoe) des plants. Ceux-ci sont roulés, s'imprégnant du suc des feuilles et subissent des séchages et des maturations différentes. 
Du thé très haut de gamme, du T majuscule.

Sur le bord de Galle Road très passante, un vendeur d'agrumes nous fait goûter à ses petites clémentines. Elles sont délicieuses, très juteuses, sucrées et sans pépins. Nous lui achetons un sac pour lequel il demande 200 Rp. Pourtant sur le carton au-dessus, il est bien indiqué 500 grammes pour 150 roupies. Je ne sais pas lire le cingalais, mais les chiffres sont les mêmes que les nôtres. 
Je lui montre son panneau, il me répond quelque chose d'incompréhensible, et sert un autre client pressé. Qui prend la même chose que moi, donne 200 Rp et qui reçoit discrètement un billet de 50 en retour. J'attrape le bonhomme pour lui demander des explications et comme par hasard il ne parle plus du tout anglais. 
Quelle coïncidence, il a le même problème que nos amis épiciers Gallois et le vieux schnock de Mirissa... 
OK ce n'est pas pour 50 malheureuses roupies froissées que je vais me ruiner, mais ça commence à bien faire les petites arnaques merdiques. 

Alors, je me venge, retourne son étal d'un coup de pied sur les rails de chemin de fer alors que l'alarme du passage protégé retentit et que les barrières descendent. 
Un train arrive au loin. 
Il me maudit et court après sa marchandise sans entendre le sifflet de plus en plus énervé du conducteur. Le conducteur de la locomotive actionne le frein d'urgence. Des étincelles jaillissent sous les roues métalliques dans un feu infernal. Le vendeur tourne la tête, trop tard... 

J'ouvre les yeux, le soleil brille à la lisière d'un magnifique nuage noir, je mange mes clémentines goulûment et espère que les 50 roupies pourront aider ce vieux bougre. 

La pluie commence à tomber. Il est effectivement 14 heures. Une petite pluie fine de rien du tout, mais qui nous donne une excuse pour entrer dans un restaurant dans lequel j'ai très bien vu une vitrine remplie de desserts. La très  jolie propriétaire se fera une joie de me servir un kiribath (kiri pour lait, bath pour riz) à la noix de coco et au miel. Un pur délice de petite bouchée gourmande. Les autres desserts sont tout aussi appétissants, des roulés frits au miel, des carrés enveloppés de graines de sésame, watalappam, mung kavum, je les veux tous ! 

Le crachin s'est maintenant un peu plus affirmé. C'est la première fois qu'il pleut de tout notre voyage, et les Srilankais sont aux anges, car il n'y a pas eu une goutte depuis de trop longues semaines. Dans le sud aux alentours de Mirissa, les propriétaires de guesthouses avaient la crainte de devoir couper l'eau durant la journée pour l'économiser. Ce qui ne semblait pas préoccuper le moins du monde les grands hôtels qui usent et abusent de cette précieuse ressource. 

Un petit kiosque vend de beaux fruits dont les étonnantes et très goûteuses bananes rouges. La Rathambala est une banane courte et épaisse, avec une chaire crémeuse, sucrée et un peu rose. Loin de la fadasse Cavendish qui domine nos étals pour un prix ridiculement bas et dont la culture empoisonne une grande partie de l'hémisphère sud, les bananes srilankaises sont des concentrés de goût et de saveurs. 
Les prix sont à l'avenant, les consortiums internationaux n'offrent pas les subventions auxquelles ont droit les producteurs les plus riches d'Amérique du Sud. 
Un groupe slave ordonne et commande des fruits et remonte dans leur taxi au grand soulagement des vendeurs. Le nom Canada (désolé, j'ai essayé Québec, en vain) fait encore son petit effet. 
Non madame ce n'est pas du tout à côté de la Germany... 

Un chauffeur de tuk-tuk qui nous suit depuis un petit moment vient nous dire qu'il nous attend de l'autre côté de la route, à coté du Spa ayurvédique. Je lui dis que ça va aller et que je pas besoin de ses services, merci. Il attend quand même. 

Nos achats conclus, nous traversons la route pour voir ce qui se cache derrière ces grands murs en pierre. Le chauffeur surgit de la porte et un grand jeune homme aux cheveux longs est à ses côtés. 

Étudiant en médecine ayurvédique il apprend les techniques de massage. Il ne nous force pas à entrer ou à acheter quelque service que ce soit. Simplement parler, échanger à propos de nos pays, nous demander ce que nous pensons de son île sublime. 
Le chauffeur trouve que ça traîne en longueur et nous incite à prendre des soins. Évidemment, la commission devrait être à la hauteur de ses services. Nous déclinons poliment et avec le sourire. Il veut maintenant nous emmener dans son véhicule à notre hôtel, mais la pluie cesse. Il demande 250 Rp, je lui dis que je payerais au maximum 100 et il descend à 150. 

D'un coup, il perd patience. Nous invective en nous disant que nous avons acheté des thés hors de prix chez Chaplon dont il reconnaît le sac, nous parle des bananes rouges qu'il sait chères, que nous avons les moyens, etc. 

Il nous parle bêtement, mêlant plusieurs langues dont quelques mots d'anglais, sous le regard amusé et un peu étonné du futur docteur. Étonnement, je reste calme. Avoir visualisé une version tropicale du Ben belge qui, pour un oui ou un non se laisse aller à ses pulsions primaires, me rend zen. 
Je dis au monsieur avec le sourire que ce n'est pas la peine de s'énerver, que j'ai toujours parlé calmement et gentiment et qu'il a très mal choisi ses arguments de vente. Je salue le grand chevelu et nous partons, à pied, sous la bruine de chaleur qui vient de remplacer la pluie. L'énervé essaye encore de nous convaincre en nous suivant, mais nous l'ignorons. Renforcement positif. 

De retour dans notre chambre, nous écrasons le petit tube de 5g de crème pour soigner nos horribles piqûres et souperons dans un tout petit boui-boui, La Café, qui n'a probablement jamais vu grand touriste et dans lequel nous sommes merveilleusement accueillis. Pour 580 roupies (4,90$) nous nous régalons de deux gros kottu roti aux œufs et légumes, arrosés d'une grande bouteille d'eau. 

Nous venons de découvrir notre cantine pour le restant du séjour à Bentota.

 
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