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Mercredi 8 mars – De Santiago à Montréal

musée du souvenir, Santiago, Chili
Et ben voilà. 
On y est. Après avoir tenté de repousser l’inéluctable, il faut bien se rendre à l’évidence, nous ne sommes pas des figurants du film "Le Jour de la marmotte". 
Ce voyage est en train de se terminer… 

Mais il est temps de reprendre le cours de notre touristique balade. 
Une fois n’est pas coutume, nous allons visiter un musée. En règle générale, nous préférons fréquenter les allées des marchés ou nous perdre dans des ruelles, mais ce musée mérite largement un détour. 

En un petit coup de métro, nous arrivons à la station Quinta Normal et par un souterrain débouchons dans le majestueux hall du Musée de la Mémoire et des Droits de l'Homme. 
Inauguré en janvier 2010 par la présidente Michelle Bachelet, il est basé sur le coup d’état du 11 septembre 1973, et les années de plomb de la dictature Pinochet. 

musée du souvenir, Santiago, Chili
Le musée déroule ses salles où sont exposées des photos et des documents relatant les faits de ce jour funeste et des horreurs qui en découlèrent. 

On recense approximativement à la fin de la dictature 4 000 assassinats politiques, près de 2 000 disparitions et 300 000 à 400 000 arrestations et cas de torture. Les expulsions du territoire national constituent un autre volet de la répression, dont usent les dirigeants militaires pour asseoir leur pouvoir et éliminer leurs opposants. 

Malgré la difficulté à comptabiliser exactement le nombre d’exilés, l’on tend à estimer qu’entre cinq cent mille et un million de Chiliens auraient quitté, plus ou moins volontairement, le pays, entre 1973 et 1989. 
(source : journals.openedition.org/urmis/15)

Ce musée permet également de comprendre la dictature dans un contexte de guerre froide et de grande tension mondiale, de l’implication très active du gouvernement étasunien dans le processus et de l’obligation de toute une classe de la société de devoir s’exiler. 

musée du souvenir, Santiago, Chili
À l’extérieur, la passerelle que gravissaient les exilés pour monter dans les avions à destination de l’Europe principalement ne sert plus qu’à se souvenir et pointe vers un ciel bleu et pur. 
Le Musée du Souvenir mérite bien deux heures de visite et de nombreuses minutes de réflexion sur la nature humaine. 

Juste de l’autre coté de la rue, le grand parc Quinta Normal étend ses arbres et ses pelouses. Il fait bon y reprendre un bon bol d’air avant de regagner le centre de la capitale.


Nous assistons à un petit spectacle de danse autochtone devant le palais de la Moneda, nous enfonçons dans les ruelles à l’architecture haussmannienne et rencontrons la première personne désagréable de notre séjour. 

Dans la petite boutique du Musée d'art précolombien, je viens de tomber sur quelques magnifiques cartes postales, dont je n’ai pas regardé le prix. Ce ne sont que des cartes postales… 
En arrivant à la caisse, je paye sans vraiment y prendre garde, ce ne sont que des cartes postales. Mais d’un seul coup, je me rends compte que ces cartes me coûtent la moitié d’un bras ! 
Je décide donc de rendre mon achat à la caissière pour qu’elle me rembourse, j’ai besoin de mon demi-bras. 
No ! Comment ça, No ? 
Impossible d’annuler l’achat, vous avez payé, je ne peux pas faire de remboursement, bla bla bla. Non, mais madame, je vais y aller moi à la caisse et peser sur le piton annulation, comme ça, je vous rends les cartes et vous, mon argent. 
No ! Pas question, ça s’peut pas, c’est comme ça, pis, c'est tout. Le tout accompagné d’un air de bœuf, bête comme des pieds de bœuf. 

Je sens monter en moi la chaleur et la fulgurance d’un volcan longtemps endormi, mais je devine la matrone prête à faire appel à l'agent de la Seguridad qui veille non loin et de vouloir faire ajouter ma photo à son tableau de chasse. 
Je lui envoie un petit ma câlisse de ladrón, qui la fait blêmir, avant de faire demi-tour avec mes cartes sous le bras. Elle ne me gâchera pas la fin de mon séjour, et puis finalement ces cartes sont vraiment très jolies… 

pastel de choclo, cazuela de ave, Santiago, ChiliUne salade chilena, un gros bol de pastel de choclo et une large assiette à soupe de cazuela de ave nous remplissent de délicieux parfums de spécialités chiliennes. Finalement, on aura presque fait que manger et boire pendant ce voyage ! 

Dans une église, Saint Sim veille sur Monsieur le Curé complètement absorbé par son fil d’actualité Facebook, alors que Jésus en croix lève les yeux au ciel. 

Excellente note sucrée à la Heladeria Emporio La Rosa, où je craque encore une fois. Errances entre fresques et centre culturel Gabriela Mistral, déambulations rêveuses dans les petites rues de notre quartier Bellas Artes, et déjà, il est temps de rentrer fermer nos sacs. 

Nous nous rendons compte que nous étions logés au 13e étage, qui finalement nous a plutôt porté bonheur, remercions notre hôte qui nous a permis de laisser nos sacs jusqu’à notre départ dans son appartement et montons dans le minibus de Transtur en direction de l’aéroport. 


Une succursale de la Fundación Artesanías de Chile nous permet de nous délester de quelques pesos et nous liquiderons nos derniers deniers sud-américains en huile d’olive bio et pots de miel de ulmo à la boutique hors taxe. 

La feuille d’érable de notre avion d'Air Canada luit sous les lueurs du soleil couchant, nous nous arrachons du tarmac et quittons ce pays que nous avons tant aimé. 

L’escale à Toronto est toujours aussi boooooooring, et deux jours après notre arrivée, le mercure frôle les -30ºC avant qu’un gigantesque tombereau de neige vient nous rappeler que même mi-mars, l’hiver n’est pas fini...




Mardi 7 mars – Santiago

Fuente de soda, Santiago, Chile, café
Comme on dit en Alsace, toute bonne chose à une fin, sauf la knack qui en a deux…

Dernière vraie journée de notre périple sud-américain, et déjà plein d’images qui tourbillonnent dans la tête. J’aurais l’occasion de faire le bilan de ce voyage, mais pour l’instant, il faut profiter de ces heures qui filent trop vite.

Santiago regorge de petits cafés, et les très étranges Fuente de soda sont des endroits qu’il ne faut absolument pas rater.
Les établissements Haiti sont partout, et ici aussi, il faut payer d’avance à la dame coincée dans son cubicule qui lui sert de caisse. Ensuite, on s’installe à une table, et, par un petit sentier surélevé entouré de rambardes en inox, une jeune fille, dangereusement perchée sur des talons hauts, très courtement vêtue, nous apporte notre commande. 

On se croirait dans un bar où la fille va se mettre à spinner autour d’un poteau en lançant son soutien-gorge dans le public en délire ! 
Mais là, on a juste droit à un expresso accompagné, comme partout au pays, d’un petit verre d’eau gazeuse. C’était quand même le but de la visite.

Salvador Allende, Santiago, Chile,
Armés de nos chaussures qui ont beaucoup voyagé, nous partons en direction du palais de la Moneda, admirons la statue du président Allende, contemplons deux fiers policiers sur leurs magnifiques chevaux, et repartons dans une toute autre direction.

Aujourd’hui, mardi, les musées sont ouverts et nous avons projeté de visiter la Chascona.
Dans le quartier Bellavista (encore lui !), est sise la cachette que Pablo Neruda fit construire pour son amoureuse Matilde Urrutia. 
La Chascona (l’Ébouriffée) est le surnom que donna Neruda à son échevelée maîtresse à la chevelure abondante et indomptable.

Le bâtiment, adossé à la montagne est un refuge bien dissimulé et ressemble, comme à Valparaíso, à un bateau avec ses hublots et ses petites pièces semblables à des cabines.

La Chascona, Pablo Neruda, Santiago, Chile
Peu après la prise de la Moneda et la mort de son ami Allende, le prix Nobel de littérature s’éteint dans un hôpital de Santiago. Il ne faudra pas longtemps pour que les troupes du dictateur Pinochet viennent mettre à sac la demeure. 

Le canal en amont fut détourné pour inonder la maison, et beaucoup d’objets de ce collectionneur invétéré disparurent et ne furent jamais retrouvés. Matilde et ses amis viendront garder la maison et réparer le maximum de dégâts. Elle y vécut jusqu’à sa mort en 1985.
La visite coûte 14$ CA, dure environ 1 h 30 et un audioguide est fourni, les photos sont (normalement) interdites à l’intérieur.

Cerro San Cristobal, Santiago, Chile,
Nous nous dirigeons vers le funiculaire (4$ CA A/R) pour grimper au sommet du cerro San Cristobal. Puis, à quelques centaines de mètres, nous arrivons à la gare des télécabines qui survolent la longue montagne. Ouvert du mardi au dimanche, de 10 à 19 heures, il coûte environ 5$CA A/R en semaine (6$ le week-end).
Au travers des bosquets, les petits cabines colorées offrent une vue originale sur la ville et les montagnes qui ferment le fond du paysage.

Santiago, Chile, Cerro San Cristobal, Piscine Tupahue
Rapidement, nous arrivons au milieu du Cerro est accédons à notre destination, la piscine Tupahue. Il faut débourser 12$ CA pour entrer sur le site et profiter de cet endroit très agréable où il fait bon passer quelques heures.

La piscine, inaugurée en 1966, est construite dans une ancienne carrière qui a longtemps servi de dépotoir. Elle mesure 82 mètres de longueur pour 25 de large. 
Une immense murale représente l’union entre les peuples chiliens et mexicains. Conçue par l’artiste mexicain Juan O’Gorman, elle est réalisée par l’artiste chilienne María Martner qui a utilisé des pierres de différentes tailles et couleurs ramassées dans plusieurs parties du Chili.

Santiago, Chile, Cerro San Cristobal, Piscine Tupahue
Nous avons la chance d’être un jour de semaine et les vacances sont terminées. J’imagine que cet endroit est un peu plus occupé lors des vacances.
Il n’empêche, les rares enfants qui courent autour de la grande bleue suffisent à animer l’endroit.
Il y a suffisamment de place pour étaler nos serviettes sur un bout de gazon un peu ombragé par d’immenses arbres. L’eau est propre et le bassin assez grand pour faire la bombe dans plein d’endroits différents. 

En face de nous, un petit garçon bien trop corpulent pour son âge, trempe ses chips dans un gros pot de mayonnaise et boit l’huile du fond d’un bol de salade à laquelle il n’a pas touché. Il profitera de l’amour inconditionnel de sa maman pour engloutir tout le paquet de biscuits au chocolat, au grand dam de sa sœur partie nager…
La prochaine génération va faire la richesse des médecins !

Santiago, Chile, Cerro San Cristobal, Piscine Tupahue
Quelques pigeons, attentifs à chaque miette perdue, sont patiemment postés sur le mur sculpté et roucoulent en paix.

Allez, ce n’est pas à quelques trop courtes heures de remonter dans l'avion que nous allons attraper le coup de soleil de notre vie, il est temps de plier serviettes et reprendre nos hétéroclites moyens de transport pour rejoindre l’animation de la capitale.


Cette magnifique journée se termine dans notre beau quartier de Bellas Artes, à la très courue table du restaurant Bocanáriz. Un resto à vin où tout est fait pour rassurer le client, même si le monde vinassier reste un domaine relativement élitiste. 

Bocanáriz, Santiago, Chile
Notre serveuse nous apporte une carte épaisse comme une édition de l’Encyclopædia Universalis, mais où plusieurs sections sont faites pour des amateurs non éclairés comme nous. 
Elle nous explique comment tout fonctionne, connaît sur le bout de ses extraordinaires ongles manucurés les cépages et toutes les régions où la moindre grappe de raisins pousse, puis nous invite à déguster un petit verre en attendant de faire notre choix.
La carte propose plusieurs menus d’accords mets et vins. 
Les noms évocateurs nous emmènent en voyage. Patrimoine chilien ; Expressions du Pacifique ; de la Mer à la Cordillère ; Carménère : emblème national ou encore des digressions autour des vins biodynamiques.

Trois verres accompagnent des plats très bien réalisés et qui nous renvoient instantanément dans des endroits que nous avons visité ces deux derniers mois. 

La salade d’algues fait chavirer mon âme du côté du port animé de Valdivia, le plateau d’huîtres nous plongent dans la chaleur de cette après-midi à Ancud sur l’île de Chiloé et pour finir, les petites côtelettes d’agneau grillées nous conduisent en Patagonie, pays des gauchos et des infinies plaines battues par les vents.
Tant de souvenirs visuels et gustatifs qui resteront à jamais gravés dans nos êtres.

Des êtres qu’il faut aller coucher, demain nous ne décollons qu’en soirée et nous voulons encore profiter de cette dernière journée.




Dimanche 5 mars – Retour à Santiago

Chili, pisco, Santiago
Ce matin ça sent la fin… 
Mais avant de filer vers la gare routière, notre belle abuella, nous force à prendre un solide petit-déjeuner avant de nous coller un énorme bisou et de nous souhaiter un buen viaje, mis amores. 

À 8h20, le salon cama de l’autobus nous tend ses larges fauteuils. Nous avons pris goût au luxe ! 
Comme prévu, nous arrivons à Santiago à 15 heures, frais comme des gardons, mais affamés. 

Grâce au site booking, nous avons réservé un appartement dans le quartier Bellas Artes, à deux pas du musée des Beaux-Arts. Dès notre arrivée, nous avons pour information d’appeler Marcos pour prendre rendez-vous afin de visiter l’appartement et récupérer les clés. 
Mais j’ai oublié de valider la carte achetée à Caldera, et les crédits sont expirés. Ce n’est pas pour les quelques dollars perdus que c’est un problème, mais nous n’avons aucun moyen de joindre notre logeur. 

Nous décidons de nous rendre directement sur place, je trouverais bien une cabine pour passer le coup de fil. Ce que je ferais en arrivant à la station de métro Santa Lucia. 
Le jeune homme parle parfaitement anglais, ce qui m’arrange. Même si j’ai fait de notables progrès en espagnol depuis notre arrivée, en passant par un téléphone c’est un peu plus compliqué que d’avoir l’interlocuteur en face de soi. Je lui dis de ne pas stresser, nous allons marcher jusqu’à l’appartement et l’attendrons là-bas.

Santiago, Chili, Bellas Artes
Finalement, Marcos aura 45 minutes de retard, et pour s’excuser, nous offrira un rabais sur la location. Ce bel appartement, planté au-dessus du métro bellas artes, avec vue sur les Andes, dans l’un des quartiers les plus sympa de la capitale nous coûtera 23 000 pesos (47 $ CA) par nuit. 
Ça coûte un peu plus cher qu’un grabat dans un dortoir d’auberge de jeunesse, mais nous sommes tranquilles, y prendrons notre petit-déjeuner et puis nous serons chez nous. 

Santiago, Chili, Bellas Artes
De la fenêtre du salon, nous avons une vue superbe sur les sommets montagneux qui encerclent la ville, de l’autre nous une vue plongeante sur une fresque majestueuse du métro et les toits du quartier. 
Au loin, la tour Costanera perce les cieux comme une aiguille au milieu de la multitude. 

Santiago, Chili, Bellas Artes, Torre CostaneraSantiago, Chili, Bellas Artes

Il est grand temps d’aller nous sustenter et trouverons de quoi satisfaire notre fringale dans un café, miraculeusement ouvert en ce dimanche très calme. Quelques achats dans le Lider du quartier avant de finaliser l’installation de notre appartement pour les 3 prochains jours.

Santiago, Chili, Bellas Artes
Nous découvrons ce quartier que nous avions brièvement aperçu à notre arrivée. Un peu bohèmes, au rythme lent et créatif, les étudiants fréquentent ces rues à l’architecture haussmannienne. 
Il y a des tas de petits cafés, des bars ou des restos que nous aimerions tous fréquenter. 

Des dizaines de jeunes plus ou moins chevelus, vendent tout et n’importe quoi dans la rue Jose Victorino Lastarria. Des cartes anciennes aux poupées en porcelaine, de pulls tricotés main aux sculptures en fil de fer, des affiches aux vêtements d’occasion, des bijoux et colifichets en tous genres, et quelques artisans pâtissiers radicalement rastapoils offrent des cakes et des brownies agrémentés de marijuana. 

Santiago, Chili, Bellas Artes
Donc, une petite tranche de cake et un brownie plus tard, nous admirons le soleil se coucher au bout de la rue. Le ciel se transforme en décor théâtral où les roses bousculent les mauves, où les violets transcendent les nuages et toute la ville se colore de ces teintes subliminales. 

Il est 22 heures, et grand temps de manger quelque chose de sérieux. Nous trouverons un resto de sushis, où le serveur finira par nous suivre dans l’inextinguible fou rire qui secoue nos anatomies. 

Cette jolie pâtissière est bien mieux d’être là demain soir !!

Santiago, Chili, Bellas Artes, street art



Samedi 4 mars – Pisco dans la vallée de l’Elqui

Fruit, papaye, Elqui, La Serena, Papayas YanezCe matin, un autobus vient nous chercher devant notre hôtel, nous nous préparons à l'activité que j'aime le plus au monde après le magasinage à outrance : les visites guidées ! 

Confortable et bien entretenu, le bus Mercedes est rempli de touristes de toutes nationalités et de tous âges.
Nous sortons rapidement de la ville pour nous rendre à une dizaine de kilomètres de La Serena, dans une boutique apparemment courue par les touristes : Papayas Yañez. 

Si je ne suis pas spécialement attiré par les lieux hyper fréquentés, force est de reconnaître que leurs produits sont excellents. 
De la papaye sous toutes ses formes, jus, confite, déshydratée, en confiture, name it, ils l’ont ! Quelques achats plus tard, nous remontons dans notre bus en direction du Cortina Puclaro. 

Le grand barrage qui forme le réservoir Puclaro en bloquant la rivière Elqui surplombe majestueusement la vallée. Nous débarquons du bus pour aller admirer le reflet du soleil sur l’immense étendue d’eau calme et lisse comme un miroir. 
Sous la surface, quelques gros poissons vont et viennent sous le regard gourmand de quelques cormorans léthargiques, écrasés par la chaleur. Tout autour, les flancs des montagnes sont recouverts de massifs d’immenses cactus. Sur certains, des fleurs ponctuent le paysage minéral de leur éclat rouge vif. 

Cortina Puclaro, Elqui, Chili, ChileCortina Puclaro, Elqui, Chili, Chile
Cortina Puclaro, Elqui, Chili, ChileCortina Puclaro, Elqui, Chili, Chile

Fruit Copao, Chili, Elqui, Eulychinia acida
En quittant le site, nous nous faisons offrir un fruit que nous ne connaissons pas. Le Copao est le fruit du cactus Eulychinia acida, et apparemment tout aussi magique que le pitaya que nous avions redécouvert au Myanmar. Copao, fruit de l'année 2017 ? Variations de fruits et de modes… 
Bon, c’est pas terrible quand même, assez acide, mais frais et désaltérant, nous n’en achèterons pas une caisse… 

La prochaine étape est le village de Vicuña, mondialement connu pour avoir donné la vie à la poétesse Gabriela Mistral. Bon, pour ma part, si j'ai déjà entendu le nom de madame Mistral, tout de même prix Nobel de littérature en 1945, je n’ai jamais lu ses poèmes et me doutais encore moins qu’elle était originaire de ce joli petit bourg de 27 000 habitants. 

Un musée lui est dédié et le tour guidé inclus un billet pour sa visite. Mais nous choisissons de laisser les couloirs climatisés pour aller déambuler dans les rues ombragées par les façades des maisons.

Vicuna, Chile, Elqui, Gabriela Mistral, torre Bauer
La place d’armes est dominée par une tour en bois, la torre Bauer, du nom du maire qui gouverna la ville en 1905, et abrite le petit office de tourisme. L’église en bois est un lieu imperturbable qui cache un magnifique plancher en bois et une riche décoration. 
Un Christ aux yeux hallucinés, semble totalement possédé par les tourments de la torture. Les sculpteurs chiliens sont relativement inspirés concernant les choses divines. 

À côté de la porte, une statue de curé tenant un enfant par les épaules ressemble à s’y méprendre à Nicolas Cage, et il est déjà temps de regagner notre groupe devant le musée. 
Enfin, il nous reste quand même le temps d’aller déguster une petite glace. 

Vicuna, Chile, Elqui, Gabriela MistralVicuna, Chile, Elqui, Gabriela Mistral
Vicuna, Chile, Elqui, Gabriela Mistral, égliseVicuna, Chile, Elqui, Gabriela Mistral, égliseVicuna, Chile, Elqui, Gabriela Mistral, église

pisqueria Aba
Nous roulons quelques minutes avant de nous faire déposer devant la grille de la plus vieille distillerie de pisco du pays : la pisqueria Aba. 
Le pisco est une eau-de-vie produite par distillation du raisin et ne vieillit (normalement) pas en fût de bois. Si cet alcool peut être bu pur, il entre le plus souvent dans la préparation du fameux et délicieux cocktail Pisco Sour. 


pisco sour
Égayez votre été : 
Dans un shaker, verser 10cl de Pisco, 3cl de jus de citron vert, 1cl de sirop de canne, 1 blanc d’œuf, des glaçons et 3 gouttes de bitter (Angustora). Frappez de toutes vos forces et verser en filtrant dans un verre. 
Allez-y mollo, c’est traître et costaud ! 
pisqueria Aba, pisco
La guerre commerciale que se livre le Pérou et le Chili pour obtenir l’exclusivité du nom Pisco est féroce. Le Chili, produit plus, mais le Pérou revendique ses origines, ce que fait également le Chili… Qu’importe, nous buvons local. 

La fabrication du pisco chilien est très réglementée et son taux d’alcool limité à 40º. Nous suivons la visite guidée, admirons les vignes qui ponctuent la vallée désertique de leurs feuilles vertes et admirons les vieux alambics en cuivre fabriqués en France, mais qui ne servent plus que pour la décoration et expliquer le processus de la distillation. 
Vient ensuite le moment tant attendu de la dégustation. On trouve, chez Aba, des piscos traditionnels, mais également des alcools vieillis 1 an en fût de chêne, des cocktails à base de pisco et de jus de mangue ou de concentré de baies de maqui ou des assemblages de différents raisins. 

Si la plupart de nos compagnons de visite sont timides et hésitent, nous nous ferons un plaisir de goûter à tout, et même d’en reprendre un peu. Bien sûr, nous repartirons avec quelques bouteilles dans la sacoche, il faut encourager l’économie locale. 

pisqueria Aba, pisco, Chilepisqueria Aba, pisco, Chilepisqueria Aba, pisco, Chile

pisco, Elqui, Chile
Nous continuons à grimper dans la vallée et profitons d’un arrêt pour admirer un paysage extraordinaire. Sur les flancs des montagnes arides, grimpe des vignes et quelques cultures maraîchères, qu’un ingénieux système d’arrosage parvient à maintenir en vie. 
Sous le soleil implacable de ce coin de désert, coincé entre les roches brûlantes, l’homme à réussi à faire pousser quelques plantes qui contribuent à sa subsistance. 

Nous arrivons enfin au village de Pisco Elqui, anciennement La Unión, et qui a été rebaptisé en 1930 pour promouvoir (et convaincre que le pisco est originaire du Chili) le produit phare de la région. 
Tout petit village charmant, il est surtout temps pour nous de nous sustenter dans le resto de l’hôtel Elqui. Une grande salle toute dédiée au tourisme nous attend, le service est jovial et les plats corrects. 

Aussitôt notre dessert avalé, nous filons rapidement à l’attraction principale du bourg, la boutique de la destileria Pisco Mistral. Pas vraiment le temps pour une visite, mais largement de quoi remplir notre cabas du meilleur pisco du pays. Moi qui pensais ne pas aimer cet alcool, je me suis rendu compte aujourd’hui que je n’en avais jamais bu du bon. Un peu comme pour la tequila avant mon voyage au Mexique… 
Il suffit de s’offrir un peu de qualité, d’y mettre le prix et de choisir les bons artisans. 

La visite du village se fait au pas de course, mais nous avons quand même le temps de déguster une glace artisanale à l’abri du clocher en bois de l’église qui prodigue un peu d’ombre sur la place. 


Nous retrouvons le bus et attendons encore une fois la dame armée de son long bâton et qui se prend pour Gandalf. Son retard lui est pardonné, elle semble flotter dans un autre monde et attire plus des regards de compassion que de colère. 
Nous discutons un peu avec un couple de retraités américains qui ne peut pas croire qu’ils doivent bientôt revenir dans un pays gouverné par un clown dangereux. 

Finalement cette journée s’est bien passé, le groupe sympathique, les visites intéressantes, mais le peu de temps consacré est un peu frustrant. 
La vallée de Elqui mérite bien qu’on y passe quelques jours, le temps de s’imprégner du calme qui y règne et de s’imbiber, avec modération, de quelques verres de délicieux piscos.  

Coquimbo, Chili,Chile, Christ
Pour fêter cet anniversaire qui revient tous les 4 mars, nous décidons de nous attabler au restaurant du casino de Coquimbo. Sous la protection de l'immense statue du Christ, nous entrons dans la salle trop climatisée, où l'ambiance est un peu trop chic. C'est cher et finalement la nourriture n’y est pas meilleur que dans un restaurant bien classique de La Serena.

Vallée de Elqui, Elqui, Pisco Elqui, Chili, Chile, vignes, pisco
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