Ce matin, j’ai fini par craquer et réserver un vol de Santiago à Antofagasta.
Il y avait bien des avions pour Atacama, mais il aurait fallu se départir d’un rein et d’un autre organe.
Finalement, avec ces options, nous échapperons à 24 heures de bus pour 2 heures de vol, puis à 5 heures de bus.
Le décollage est prévu mardi matin, ce qui nous laisse une belle journée pour nous reposer à Santiago.
En attendant, le vent a chassé les nuages et le soleil est revenu. Au-dessus de nos têtes, c’est le branle-bas de combat. Les nuages filent comme des troupeaux de chevaux fous, c’est la cavalcade cotonneuse sur fond de ciel bleu.
La température a drastiquement chuté et le joli lac où je me suis baigné il y a quatre jours est en état de choc. Les vagues, furieuses de ne trouver aucun vaste océan à parcourir, se fracassent contre les rochers de la jetée et font rouler les galets de la plage.
Pas de baignade aujourd’hui…
Je trouve enfin ma calebasse à maté chez un vendeur spécialisé. J’en avais vu de magnifiques, gravées par des artisans poilus, mais mon principal défaut m’a encore fait rater cet achat.
Je vais bien finir par apprendre que repousser l’achat d’un souvenir fini invariablement par me le faire perdre. J’en ai fait les frais lors de notre dernier voyage au Myanmar et ne m’en suis toujours pas remis. J’ai hâte de vieillir pour apprendre de mes erreurs.
En attendant, cette calabaza est magnifique et à la taille exacte de mes vœux.
Après quelques détours dans les rues et ruelles de ce petit village aux relents helvétiques du sud de l’Argentine, nous allons nous délecter d’une platée de pâtes dans la succursale italianisante de monsieur Boliche.
Nous poursuivons nos déambulations et assouvissons notre gourmandise chez l’un ou l’autre des nombreux chocolatiers du bourg. Quelques vitrines de petits artisans nous laissent admirer leur travail.
Une fine couche de chocolat est déposée sur un marbre, puis, à l’aide d’une spatule, l’artisan racle rapidement le chocolat en formant une dentelle délicate et gourmande.
Au fur et à mesure de notre promenade, les kilos virtuels s’accumulent, nous ferons en sorte que cette virtualité devienne réelle et dévaliseront quelques étagères chez Mamushka, Rapa Nui, Frantom, et autres pourvoyeurs de bonheur cacaoté.
Nous découvrons un concurrent sérieux au biscuit alfajores, une tablette de chocolat noir fourrée de dulce de leche. Du concentré de plaisir !
La journée se terminera devant quelques excellentes bières au bar Manush et un souper mexicain assez moyen au El Mexicano.
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Jeudi 16 février – El Calafate - Glaciarium
Tiens, il pleut.
Alors nous commençons par nous venger sur le buffet du déjeuner. Les tartines s’enchaînent, le miel et le dulce de leche viennent inonder les tranches de pain que je trempe allègrement dans des bols de maté.
Il fait bon d’être un lève-tôt, la grasse matinée est un gage de petit-déjeuner avorté.
Munis de nos imperméables, nous nous dirigeons vers le secrétariat du tourisme provincial, où nous pouvons acheter les billets (env. 25 $CA) pour le Glaciarium.
Il nous fallait justement un jour de pluie pour profiter de la visite d’un musée.
L'accès au petit bus (inclus dans le prix du billet) est sévèrement contrôlé par la conductrice et matrone qui dompte les touristes impatients de passer devant les autres. Il y a des rotations à partir de 11 heures jusqu’à 18 heures toutes les heures.
Six petits kilomètres séparent la ville du bâtiment ultra-moderne, le centre d’interprétation des glaciers a été inauguré le lendemain de mon 44e anniversaire. C’est un test…
Un drôle de baromètre, à l'entrée du musée, nous indique qu'ici la météo est tout sauf timide.
Si le phénomène glaciaire est un total mystère pour toi, c’est l’endroit idéal pour tout comprendre.
Une immense maquette représente le champ de glaciers de Patagonie, qui est tout simplement le 3e plus grande calotte glaciaire du monde après l’Antarctique et le Groenland. Le glacier Perito Moreno est décortiqué et tout devient subitement très clair à nos yeux de néophytes.
On y évoque aussi les incidences qu’ont les changements climatiques, la pollution et autres malédictions causées par notre présence navrante sur cette belle planète. Le programme n’est pas joyeux, mais c’était loin d’être une surprise.
Un film en 3D, nous fait pénétrer les entrailles d’un glacier, sa formation, son existence et tout ce qui se cache sous sa surface perturbée.
On y passe facilement 2 à 3 heures, et on peut, en ajoutant un petit supplément allez fréquenter le fameux Glaciobar, le bar de glace.
Les verres, le bars, les tables et les chaises sont entièrement faits de glace.
Il fait -10º dans le bar, à l’accueil, des capes et des moufles genre Reine des Neiges du futur sont offerts, et les boissons, alcoolisées ou non sont à volonté.
Par contre, la durée est limité, pas question de se réveiller ivre mort sur un bar en banquise.
De retour en ville, nous faisons un dernier point météo et décidons d’écourter notre séjour à Bariloche. Le mauvais temps s’invite aussi dans la capitale du chocolat et en plus, il faut organiser le peu de temps qu’il nous reste pour remonter au nord du Chili pour avoir une chance de passer quelques jours dans le désert le plus aride du monde, Atacama.
Mine de rien il y a un peu plus de 4 200 bornes pour y arriver. Mais nous décidons d’en faire une partie en avion, soit de El Calafate à Bariloche, puis de Santiago à Antofagasta.
Les prix et les dates pour en faire plus me découragent, alors je me rabats sur les billets d’autobus. Mais il est impossible d’acheter un billet en ligne, je devrais me contenter de ce qui reste, directement à la gare routière.
Je demande aussi l'annulation de 2 nuits à l’hôtel Internacional, en espérant que le fait d’avoir réservé avec booking me le permet. La réponse rapide de l’hôtel est affirmative et nous pouvons aborder la suite du voyage avec sérénité.
Tant pis pour El Chaltén où nous voulions aller, ce sera pour une prochaine fois.
Nous quittons le cocon douillet de notre chambre pour replonger dans les ruelles de la petite ville. Les touristes sont arrivés par milliers en prévision du Festival. Des motos, des gros pick-up, des camping-car et autres véhicules poussiéreux venus des quatre coins de ces terres désertes parcourent les rues. Il n’y a bien sûr plus aucune chambre disponible, même le petit camping de la ville est plein à craquer.
Quelques kiosques vendent de l’artisanat local. Tricots, sculptures, pâtisseries, bombillas et calebasses pour l’incontournable maté, des bérets pour ressembler aux fiers gauchos, et autres ponchos. Il y a beaucoup de belles choses, mais nous résistons aux tentations.
Les concerts vont commencer dans l’Anfiteatro Del Bosque, et les émanations fumantes des grillades de chorritos nous attirent. Ce soir, le repas sera donc composé de choripans garnis de saucisse, de choucroute et de sauce chimichurri.
C’est quand même meilleur que les indigestes completos chiliens !
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Alors nous commençons par nous venger sur le buffet du déjeuner. Les tartines s’enchaînent, le miel et le dulce de leche viennent inonder les tranches de pain que je trempe allègrement dans des bols de maté.
Il fait bon d’être un lève-tôt, la grasse matinée est un gage de petit-déjeuner avorté.
Munis de nos imperméables, nous nous dirigeons vers le secrétariat du tourisme provincial, où nous pouvons acheter les billets (env. 25 $CA) pour le Glaciarium.
Il nous fallait justement un jour de pluie pour profiter de la visite d’un musée.
L'accès au petit bus (inclus dans le prix du billet) est sévèrement contrôlé par la conductrice et matrone qui dompte les touristes impatients de passer devant les autres. Il y a des rotations à partir de 11 heures jusqu’à 18 heures toutes les heures.
Six petits kilomètres séparent la ville du bâtiment ultra-moderne, le centre d’interprétation des glaciers a été inauguré le lendemain de mon 44e anniversaire. C’est un test…
Un drôle de baromètre, à l'entrée du musée, nous indique qu'ici la météo est tout sauf timide.
Si le phénomène glaciaire est un total mystère pour toi, c’est l’endroit idéal pour tout comprendre. Une immense maquette représente le champ de glaciers de Patagonie, qui est tout simplement le 3e plus grande calotte glaciaire du monde après l’Antarctique et le Groenland. Le glacier Perito Moreno est décortiqué et tout devient subitement très clair à nos yeux de néophytes.
On y évoque aussi les incidences qu’ont les changements climatiques, la pollution et autres malédictions causées par notre présence navrante sur cette belle planète. Le programme n’est pas joyeux, mais c’était loin d’être une surprise.
Un film en 3D, nous fait pénétrer les entrailles d’un glacier, sa formation, son existence et tout ce qui se cache sous sa surface perturbée.
On y passe facilement 2 à 3 heures, et on peut, en ajoutant un petit supplément allez fréquenter le fameux Glaciobar, le bar de glace.
Les verres, le bars, les tables et les chaises sont entièrement faits de glace.
Il fait -10º dans le bar, à l’accueil, des capes et des moufles genre Reine des Neiges du futur sont offerts, et les boissons, alcoolisées ou non sont à volonté.
Par contre, la durée est limité, pas question de se réveiller ivre mort sur un bar en banquise.
De retour en ville, nous faisons un dernier point météo et décidons d’écourter notre séjour à Bariloche. Le mauvais temps s’invite aussi dans la capitale du chocolat et en plus, il faut organiser le peu de temps qu’il nous reste pour remonter au nord du Chili pour avoir une chance de passer quelques jours dans le désert le plus aride du monde, Atacama.
Mine de rien il y a un peu plus de 4 200 bornes pour y arriver. Mais nous décidons d’en faire une partie en avion, soit de El Calafate à Bariloche, puis de Santiago à Antofagasta.
Les prix et les dates pour en faire plus me découragent, alors je me rabats sur les billets d’autobus. Mais il est impossible d’acheter un billet en ligne, je devrais me contenter de ce qui reste, directement à la gare routière.
Je demande aussi l'annulation de 2 nuits à l’hôtel Internacional, en espérant que le fait d’avoir réservé avec booking me le permet. La réponse rapide de l’hôtel est affirmative et nous pouvons aborder la suite du voyage avec sérénité.
Tant pis pour El Chaltén où nous voulions aller, ce sera pour une prochaine fois.
Nous quittons le cocon douillet de notre chambre pour replonger dans les ruelles de la petite ville. Les touristes sont arrivés par milliers en prévision du Festival. Des motos, des gros pick-up, des camping-car et autres véhicules poussiéreux venus des quatre coins de ces terres désertes parcourent les rues. Il n’y a bien sûr plus aucune chambre disponible, même le petit camping de la ville est plein à craquer.
Quelques kiosques vendent de l’artisanat local. Tricots, sculptures, pâtisseries, bombillas et calebasses pour l’incontournable maté, des bérets pour ressembler aux fiers gauchos, et autres ponchos. Il y a beaucoup de belles choses, mais nous résistons aux tentations.
Les concerts vont commencer dans l’Anfiteatro Del Bosque, et les émanations fumantes des grillades de chorritos nous attirent. Ce soir, le repas sera donc composé de choripans garnis de saucisse, de choucroute et de sauce chimichurri. C’est quand même meilleur que les indigestes completos chiliens !
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Lundi 13 février – San Carlos de Bariloche
Le lit est vraiment petit, mais le Carménère a fait son œuvre. Le soleil se pavane dans le ciel de cette petite ville de montagne perchée à 900 mètres d’altitude.Dans les alentours proches, des dizaines d’activités sont proposées, mais nous n’avons pas le temps d’en profiter. Éventuellement, nous nous promettons de rester quelques jours au retour pour faire un balade à cheval ou découvrir les paysages fantastiques lors d’une randonnée.
En attendant, nous déambulons dans les rues de la ville, admirons le travail de quelques artistes hippies. Colliers, bracelets, pipes à pot, calebasses à maté, travail du cuir et autres sculptures en trombones.
San Carlos de Bariloche a été fondé en 1902 et a longtemps été habité par une colonie majoritairement germanophone. Les noms des commerces et son architecture actuelle ne démentent pas ses origines.Hormis son cadre idyllique, la ville est également connue pour avoir servi de refuge à des criminels nazis. Les gouvernements dictatoriaux et totalitaires, contrôlés par les militaires du Paraguay, de l’Argentine et du Chili, fermèrent les yeux, voire accueillirent les tortionnaires nazis sans états d’âme. Ces fuyards ne se cachèrent même pas, bien à l’abri de la justice. Quelques-uns finirent quand même par être attrapés et durent faire face à leurs immondes crimes. Beaucoup de ces vieillards, trop âgés, malades ou très malins échappèrent tout de même à la justice.
Rafraîchissement capillaire chez le barbier du coin ; pause repas fait de spätzele et gulasch, de choucroute et bière pression à la Cerveceria Bachmann, avant de finir dans les eaux cristallines du lac qui borde la ville. Une drôle de mousse blanche qui ressemble beaucoup à un dépôt chimique recouvre les rochers. Aussitôt mouillé, le traître tapis blême devient extrêmement glissant, et la mise à l’eau est beaucoup moins élégante. J’apprendrais plus tard que cette mousse est une algue parasite extrêmement envahissante et que la population est appelée à la combattre pour éviter de la transmettre à tous les lacs de Patagonie.
La plage est entièrement bondée, mais les rochers moussus sont parfaitement adaptés à une pause balnéaire.
Par contre, la température de l’eau est bien loin d’autoriser une baignade longue et voluptueuse.
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Nous regagnons le centre-ville et, puisque la chair est faible, nous ne faisons aucun effort pour résister à la tentation d'un détour par le comptoir de glaces du célèbre chocolatier Mamuschka.
Dans les rues en travaux, les abords du parc et dans chaque recoin, des chevelus et des filles en robe à fleurs ont installé leurs petits kiosques ou simplement leurs tapis sur lesquels s’étalent leurs créations artistiques. Des jeunes interpellent les touristes en susurrant cambio, cambio, signe évident que la toute brève et fragile stabilité monétaire du pays vient à nouveau de sombrer dans les étranges fluctuations de l’économie nationale.
Nous referons honneur à la généreuse table de chez Alberto, avant de faire la tournée de quelques-uns des nombreux magasins de chocolat de la rue Mitre.
Les comptoirs débordent de délices cacaotés, les boites écarlates et dorées se mirent dans les vitrines éblouissantes, les miroirs reflètent multitudes de gourmandises fourrées au manjar, de tablettes fines et délicates dans lesquelles se noient amandes, noisettes, pistaches et baies séchées.
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Emplacement :
San Carlos de Bariloche, Río Negro, Argentine
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