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Jeudi 3 mars – de Koh Kood à Koh Chang

Bon, enfin un peu d'action !
Hier, nous avons réservé nos places sur le speed boat vers Koh Chang. Alors à 8h30, nous sommes assis sur ce petit ponton du khlong Chao, il fait déjà trop chaud et tout va aussi lentement qu'on peut le supposer.

Enfin, un peu avant 9 heures, le bateau accoste. Nos sacs sont rapidement embarqués, suivis par les quelques passagers de ce petit matin.

Les deux énormes moteurs hors-bords ronronnent dans le petit canal. Nous passons devant un ou deux hôtels très chics, avant de franchir la passe pour gagner la haute mer.
En fait de haute mer, nous faisons quelques haltes le long de la côte, pour ramasser d'autres passagers avant de filer vers le nord.


Les moteurs ont cessés de ronronner et se sont transformés en étalons fougueux. La mer est calme, le pilote met la gomme, nous filons comme le vent.

Nous passons entre Koh Mak et Koh Rang, faisons une rapide halte à Koh Wai pour échanger quelques passagers.
Les hauts contreforts de Koh Chang, la deuxième plus grande île du royaume, s'étirent sur un horizon nuageux. 
Le bateau accoste le quai de Bang Bao tout au sud de l'île. 
Ce quai est tout entier construit de restaurants, boutiques et succursales de clubs de plongée.
Les bagages récupérés, nous montons dans le pick-up qui va desservir les hôtels réservés par les passagers.

Nous arrivons rapidement à Elephant bay, qui est loin de l'agitation des plages des fêtards ou de celles des routards babacoolesques, un peu trop proches de notre Mère la Terre.

Il y a tellement de choix offerts sur Internet que nous nous sommes virtuellement perdus.
Le hasard, une rencontre australienne, le prix de la chambre et la seule condition exigée par André : plus de plages, je veux une piscine ! nous ont fait choisir ce petit hôtel. Je crois que les mouches de sable ont eu raison de notre appétit de sable fin…

L'Elephant Bay Resort est joliment entouré de bungalows aux couleurs toutes différentes. C'est vraiment charmant et bien aménagé. Les chambres sont propres, le lit confortable et la piscine à la hauteur de nos attentes.

Nous louons une mob à la voisine qui est aussi la matrone gérante de la laverie locale. 
Ses machines à laver vident leurs eaux bleues et savonneuses directement sur le sentier, une drôle de rivière serpente entre les hautes herbes qui ont déjà connu un arrosage plus naturel.

La route vers le nord est très sinueuse, elle grimpe et descend abruptement à travers d’immenses forêts impénétrables. Il faut se montrer prudent, nous sommes loin des balades îliennes le nez en l'air les cheveux aux vents…

Ici, il y a des voitures, du monde et beaucoup de virages avec des grosses falaises et des arbres démesurés de chaque côté de la route. 

Un resto plein de poulets grillés nous attire de ses fumets délectables. Sur les braises rougeoyantes des monceaux de volailles finissent de roussir. 
Tout ici invite à une pause repas bien méritée, les gallinacées sont grillées à point, la sauce arrache juste ce qu'il faut, et le service est agréable.

Tours et détours sur la route de la côte ouest, plages et piscine. 

Une journée classique à Koh Chang.



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Mercredi 2 mars – Koh Kood

Dernière journée à Koh Kood. Il nous reste tant à faire. 
Enfin, rien de plus qu'hier ou un autre jour, si ce n'est des balades à scooter, le tour de quelques plages, une visite au deuxième petit village de l'île, un détour dans les cultures d'hévéas et l'odeur du latex en train de sécher dans des remises étouffantes.

Pour être honnête, nous sommes un peu lassés des plages, du sable et surtout de ces infernales bestioles qui se repaissent de nos anatomies.

Après quelques recherches, nous avons dégoté un petit hôtel à Koh Chang, notre destination du lendemain. Pas de plage, mais une piscine !

Pour résumer ce séjour îlien, je ne peux que recommander un séjour à Koh Kood. L'ambiance est tranquille, on est très loin de Phi Phi, Phuket, Samui ou Koh Phangan. Pas de hurlement à la pleine lune, pas de fiesta interminables sur la plage, pas de hordes de scooters avinés, seulement du repos et des dizaines de kilomètres de plages sublimes.

En dehors des sandflies, que l'on retrouve d'ailleurs presque partout, il y a beaucoup d'endroits très sympathiques. Cependant, il est évident que le tourisme de luxe est en train d'envahir cette petite île et que le voyageur sac-à-dos devra se contenter de cabanes brinquebalantes en pleine forêt, ou d'un autre endroit...







Lundi 29 février – On se gratte à Koh Kood

Joyeux anniversaires les bissextileux !

Je crois que nous cherchons la dernière cascade.
Je crois, parce que je dois me fier à mes photos pour la suite de notre voyage. J'ai quelque peu abandonné mon blog, découragé par le réseau internet birman qui ne m'aidait pas à faire des recherches, publier ou effectuer des corrections en ligne, et aussi parce que mon emploi du temps est pas mal chargé.
Le retour à la réalité montréalaise sera également un facteur aggravant de mon inaction épistolaire. C'est une autre histoire…

Ladite cascade est jolie, le site très sympathique, mais sérieusement faudrait vraiment arrêter ce délire de cascade en saison sèche, ça n'a aucun sens.
Ah, je viens de remarquer que mon objectif ne fonctionne pas. Si le zoom est fonctionnel, c'est la mise au point qui ne l'est plus. Je savais bien que ce tiers de gramme de morceau de plastique cassé allait me jouer des tours.

Ce qui est certain par contre, c'est que nous avons trouvé une superbe plage presque déserte que nous fréquenterons assidûment.
Hélas, les plus beaux endroits peuvent également réserver de bien mauvaises surprises. L'éclat opalin de ce sable cache en son sein un piège qui nous a déjà coûté quelques désagréments.
Il y a deux ans, au Sri Lanka, j'étais persuadé qu'il s'agissait de la puce de sable, Talitrus saltator. Mais après quelques recherches, il s'avère que cette bestiole ne pique pas, et se contente de se repaître d'algues en décomposition.

En vérité, l'ennemi suprême est la fameuse mouche de sable, que nos voisins anglophones connaissent sous le nom de sandflies. 
Ce parent de la famille des Phlébotomes est minuscule, rapide et surtout extrêmement discret. Il  profite de chaque instant de repos des touristes naïfs. Sa piqûre est indolore, il faut patienter quelques heures avant de vouloir s'arracher la peau.
Peu de chances de lui échapper, il faut se prémunir en s'enduisant de crème et de répulsif, éviter le sable et espérer un jour bien venteux.

Finalement, nous nous sommes fait piquer, plusieurs fois et plusieurs jours de suite. Mais les pharmacies thaïes sont bien équipées et savent exactement de quoi nous souffrons.
Crème à la cortisone, lotion antihistaminique, aloe vera, calamine, quelques pilules, des p'tites granules, et ben d'la Singha pour faire descendre tout ça.
Principalement, c'est surtout de patience dont il va falloir s'armer, la douleur de la démangeaison est inversement proportionnelle à la taille de cette bibite du démon.

Lors d'une pause repas dans le restaurant d'un hôtel de bord de sable, un hélicoptère se pose non loin de notre table, c'est assez impressionnant… De plus, nous vivons depuis un bon bout de temps sans informations, serait-ce le début d'un conflit dont nous ne savons rien ?

Le manager de l'hôtel nous informe qu'en réalité, c'est le jour de la reconstitution de l’agression de samedi soir. 
Quoi ? Que c'est-il donc passé sur cette île paradisiaque ?
Deux couples de touristes français ont eu le malheur de croiser la route de quelques marins cambodgiens trop saouls. Ça a évidemment très mal fini.

Alors aujourd'hui, c'est une importante escorte armée qui accompagne les agresseurs, car tous les habitants de l'île sont très en colère et veulent rendre justice eux-mêmes.
La tension raciale se fait fortement sentir ici. Beaucoup de travailleurs clandestins viennent du pays voisin et se font accuser de voler les emplois de habitants de l'île. Évidemment les employeurs profitent de cette main d'oeuvre bon marché pour casser les salaires et exploitent sans vergogne ces pauvres gens.
Ostracisation, rancœur, entre voisins du même coin de planète ; c'est à n'y rien comprendre. Ça peut expliquer que depuis deux jours tout est plus calme et vide ici.

Ça ne gâchera certainement pas notre séjour et nous resterons jusqu'à la date prévue. On va peut-être quand même aller négocier le prix de la chambre, me semble que c'est le bon moment…

Le repas du soir se fera une nouvelle fois au Fisherman Hut qui expose tous les soirs la pêche du jour et se trouve juste de l'autre côté du petit pont. L'ambiance est vraiment cool, bonne musique, bonne humeur et un beau choix de poissons et fruits de mer.

Mais il se fait tard, il doit au moins être 20h15, grand temps d'aller gratter nos centaines de plaies purulentes.

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Dimanche 28 février – Koh Kood

Un dimanche en vacances…
Pour remercier notre brave voisin slave de nous avoir aidé, je lui ai promis de partir plonger avec eux.
Ce sera donc avec le bateau de BB Divers que j'irais visiter quelques sites autour de l'île.
Sur la route, nous croisons moult gens d'armes en tenue de combat. Ils vont et viennent dans les fourrés épineux, très concentrés sur ce qui semble être des exercices militaires.
Pour l'instant, j'ai juste un goût d'eau salée qui me taraude.

L'ambiance sur le bateau est très sympathique. Les plongeurs viennent de tous les coins du monde et nous sommes peu à supporter la danse sur les vagues. Le rafiot roule et tangue, et me rappelle d'excellents souvenirs.
Quelques expressions russes, d'autres en hébreux, et moi, je mélange un peu de joual avec des expressions alsaciennes. Tout le monde est perdu et se demande d'où je viens exactement. Pour finir, c'est encore l'hégémonique langue anglaise qui prend le dessus.

Les sites de plongée sont relativement quelconques, et la visibilité médiocre, mais se mouvoir en apesanteur me comble de bonheur. Et puis, avec ma petite monitrice thaïe, nous sommes à chaque fois les derniers à sortir de l'eau, petite victoire et grande confirmation de mon incroyable talent subaquatique. Avoir su, j'en aurais fait un métier…
Retour au bungalow, dernier tour sur la plage alors que le soleil décline et embrase l'horizon. Il est déjà temps de clore cette journée, demain, c'est lundi.

Nous nous étonnons quand même de voir encore quelques cohortes de militaires et policiers en manœuvre. Certainement, un entraînement à grande échelle. 
De fait, Koh Kood est la dernière île avant les portes du Cambodge, la proximité d'une frontière exacerbe certaines fiertés nationalistes.

 
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Samedi 27 février – Koh Kood

Si le ponton du View Point Café est le lieu idéal pour finir la journée, il l'est aussi pour la commencer.
Expresso, café vietnamien, viennoiseries fraîches, yaourt et céréales arrosés de miel local. Ici, on est dans l'antre du slow life et on profite de la vie. Comme aime à le rappeler l'heureux propriétaire australien, on est très loin du McDo le plus proche, alors on profite du temps qui passe et jamais on ne tente de le rattraper.

Mais une autre cascade nous attend. Il semble que pour certains détails de nos vies, nous n'apprenons jamais de nos erreurs. Bon, en même temps, on n'a pas grand-chose de plus excitant à faire, alors nous grimpons la petite route de montagne et, chaussées de nos gougounes de rando, attaquons la petite sente boueuse en direction du vallon.

La cascade de Klong Chao est certainement plus impressionnante lors des grandes eaux, mais le petit lac limpide invite à la baignade. La chaleur et les autres baigneurs, sont des invitations auxquelles on ne peut résister.
Fraîches et limpides, les eaux de cette cascade que nous cherchions depuis 10 ans de voyage sont un bonheur. Nous nous délectons de ce moment de tranquillité en ce lieu peu fréquenté par les touristes. 

La seule à manifester quelque impatience est cette élégante araignée affamée, déçue de ne pas voir plus de convives à son repas. 

Reprenant la route, nous retournons voir la plage qui nous a été refusée le premier jour, et constatons qu'à marée haute elle est vraiment minuscule. Seuls quelques espaces disponibles sont coincés entre les racines de hauts cocotiers. Finalement, notre mésaventure nous a mené à la bonne place.

Au port, des crevettes sèchent sur des tamis, le temps s'est arrêté et nous, nous continuons à faire le tour de l'île.

Inutile de dérouler la liste des plages et autres baignades, mais la journée va se terminer comme elle a commencé. Sur un transat, face au soleil qui n'en finit plus de se repaître d'horizon.

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Vendredi 26 février – Koh Kood

Pavel ! Il s'appelle Pavel, notre sauveteur Russe, et il nous fait des grands coucous pendant qu'il enchaîne les séries d'abdos et de pompes. 
Moi qui trouve qu'il fait déjà trop chaud pour traverser le jardin !

Nous louons un scooter à notre hôtesse, et partons à la découverte de cette île très sauvage. 
Hormis les résidences de luxe du bord de mer, partout ailleurs, tout n'est que forêts et montagnes. Le centre de l'île est complètement préservé, seuls quelques sentiers donnent accès à de rares promenades.

Un ponton en bois, tout neuf, s'élance sur les eaux cristallines, le calme est un pur bonheur. Pas un bruit, pas de klaxon, même les moteurs de long tails semblent munis d'un vrai silencieux...

Ensuite, nous prenons la direction d'une cascade. Qui nous lit depuis longtemps, sait que nous sommes férus de chutes d'eau en tout genre. Surtout en saison sèche… 
Les Nam tok sont une obsession, mais invariablement à sec, idéalement après une longue promenade dans une forêt touffue et exagérément humide.

Alors nous empruntons ce petit sentier, descendons jusqu'à un lit de rivière qui glougloute entre d'énormes blocs rocheux. Remontant en direction de la cascade, nous nous apercevons qu'il n'y a plus d'eau et que le petit lac qui sert de lieu de baignade est un marigot vaseux et plein de larves de moustiques. 
Mais c'est beau, et ça devrait l'être encore plus après quelques heures de pluie.

Nous remontons vers notre scooter et finirons la journée allongés sur le sable, trempant de temps en temps nos corps dans les eaux limpides et chaudes du golfe de Thaïlande.

La petite terrasse du View Point Café est le lieu idéal pour finir la journée. Les pieds pendant au bout du quai, la main agrippée à une bière fraîche, nous souhaitons un bon voyage au soleil qui nous quitte vers un autre matin. 

Des nuées d'hirondelles offrent un spectacle délirant. Leur chorégraphie est parfaite, les ventres blancs frôlent l'onde, les becs nerveux gobent les milliers d'insectes imprudents, elles se repaissent d'un tas de bestioles qui ne nous piqueront pas cette nuit. 

Le soleil se rappellera au bon souvenir de mon épiderme. C'est chouette d'être blond, mais on devrait se contenter de fréquenter les pays nordiques...

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Jeudi 25 février – de Trat à Koh Kood

 À 10h40, nous montons dans le pick-up qui nous emporte vers l'agence de voyages, quelque part entre la ville et le quai. Je profite de cette halte pour utiliser le téléphone, que j'avais acheté à Chiang Mai et qui n'a jamais fonctionné au Myanmar, pour appeler le Siam Hut, un hôtel avec des bungalows au bord d'une plage de sable blanc.
Le monsieur à l'autre bout de l'île me dit qu'il y a encore de la place, pas de problème, il note mon nom et nous attend.

En deux heures d'une navigation peinarde, nous accostons à Ao Salad, au nord de l'île. Le village sur pilotis est un joyeux fatras de restaurants de fruits de mer et de poissons. Le vent du large rafraîchi un peu l'atmosphère, et nous sommes rapidement pris en charge par différents pick-up qui emmènent les touristes vers les hôtels de leurs choix. 
Le nôtre s'avère être au bout de la route, à Bang Bao. Nous sommes les derniers à débarquer du camion brinquebalant et finissons le trajet en traînant nos sacs à dos sous la chape de moiteur.
Enfin nous sommes à l'accueil d'un charmant établissement, les pieds dans l'eau.

Le jeune homme qui nous reçoit n'est pas du tout au courant d'une quelconque réservation. Il ne nous trouve pas sur son cahier. 
J'insiste, il appelle le gérant. Le monsieur fait virevolter les feuilles, comme s'il devait fouiller dans un almanach de réservations pour ses 10 bungalows. 
Hélas, nulle trace d'un quelconque nom me ressemblant. 
Je me disais aussi, lors de mon coup de fil, que le préposé au standard n'était pas vraiment sûr de lui, mais après les appels hasardeux de notre précédente destination, j'étais en confiance.
Je lui montre mon historique d'appels, fais sonner son téléphone avec le mien, rien n'y fait, c'est complet.
Complet, comme tous les autres lieux de villégiature de cette petite plage paradisiaque, mais qui, comme nous le constaterons dans quelques jours n'est pas aussi belle qu'elle n'y paraît. Le diable se cache dans les détails !

Nous remontons le long sentier, dégoulinants de sueur, jusqu'à la route en espérant trouver un bon samaritain avec de la place dans sa voiture.
Il faudra marcher de longues minutes avant que le camion de BB Divers s'arrête au signe désespéré de ma main tremblotante.
Une touriste française : par contre ce n'est pas un taxi, c'est un club de plongée. 
Je la toise du regard en lui répondant, je sais ma bonne-dame charitable, mais comme il y a de la place, que le chauffeur s'est arrêté pour nous prendre, nous allons quand même monter dans votre véhicule. Je tiens à vous remercie de votre bienveillance. Maudite folle.

Le jeune Yvan, Igor, Vlad, Boris, comment s'appelait déjà ce jeune et gentil moniteur de plongée russe ? nous dépose devant son petit magasin et comme le hasard est une heureuse farce, juste en face se trouve un petit lodge où un beau bungalow tout neuf est prêt à nous ouvrir sa porte. 
Très rapide négociation, mais la fatigue, la chaleur et le petit stress de cette fin de journée me rendent un peu moins combatif. 
Et puis c'est très propre, bien situé, et même climatisé. On se pose là, maintenant !

De l'autre côté de la petite route, s'allongent les hôtels les plus chics et chers de l'île. Mais la plage est à tout le monde, alors nous faisons claquer nos gougounes sur le sable fin et profitons des prochaines heures pour nous délasser et prendre quelque repos.

Nous n'irons pas loin ce soir et traverserons simplement le petit jardin bien entretenu pour profiter d'une bonne cuisine familiale.  

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Mercredi 24 février – Trat

L'urgence essentielle en cette suite de voyage est de sécuriser les quelques achats que nous avons faits au Myanmar, et surtout les laques de Bagan.
Légers et bien enveloppés, ils n'en restent pas moins encombrants. Et nous avons pour habitude de jeter nos sacs sans trop de précautions dans les soutes des bus…

Pour quelques centaines de bahts, la poste thaïlandaise peut acheminer les colis à l'autre bout du monde. Bien plus pratique que les transporteurs classiques comme UPS ou FedEx, la poste est beaucoup moins chère, tout aussi sécuritaire et surtout sans frais de douane délirants.
Le choix des options varie de l'envoi par avion, mixte et terre/mer, il faut compter entre 2 semaines et 3 mois suivant la formule choisie. Fauchés, mais pas pressés, nous optons bien sûr pour cette troisième option.

Sur le bord de la route, une coiffeuse m'ouvre sa porte.
On ne badine pas avec une tondeuse branchée sur du 220V. Les quelques cheveux qu'il me reste, volent comme des plumes au courant d'air du gros ventilateur qui tente de brasser atmosphère chaude et humide de la petite pièce. 

Le crâne au vent, nous traînons quelques minutes dans la touffeur moite de la ville, faisons un tour au marché où, encore une fois, nous sommes interloqués par des peaux de têtes de porcs surmontés de leurs organes génitaux. Minutie du détail...

Dans le capharnaüm d'une quincaillerie, je dégote un tournevis de précision qui a l'air plus solide que la patente de bricolo chinois que j'avais trouvé à Yangon.
De retour dans le calme de notre chambre climatisée, je m'attaque au démontage de mon objectif bloqué, non sans avoir dûment fouillé l'Internet et trouvé un tuto pour m'aider dans cette démarche.
Une heure plus tard, l'objectif est remonté, je n'ai perdu aucune vis, presque gardé mon sang froid, mais cassé une toute petite pièce en plastique. 
Et dans un objectif photo, un tout petit n'importe quoi a une grande importance comme je ne tarderais pas à me rendre compte.

En attendant, le soir est tombé, ce qui ne change pas grand-chose à la température indécente, mais nous oblige quand même à sortir.
Nous allons réserver le bateau pour Koh Kood pour le lendemain matin. Un pick-up viendra nous chercher directement à l'hôtel et nous emmènera jusqu'au ponton d'embarquement.

Nous avons longuement hésité sur notre prochaine destination.
Les îles en face de Trat sont peu nombreuses, mais toutes très attirantes.
La prude et chic Ko Wai, Ko Mak où tout est plein, pour finalement, jeter notre dévolu sur Ko Kut (Koh Kood) où l'offre paraît suffisante pour combler nos besoins de calme et de plage.

Le marché de nuit nous sustentera une nouvelle fois, nos sacs seront vite bouclés et prêts pour de nouvelles aventures.  

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