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Lundi 7 mars – De Koh Chang à Jomtien

Allez, il est temps de clore ces séjours insulaires et regagner la terre ferme.
Il y a deux jours, nous avons réservé nos billets de bateau et bus pour Jomtien où nous passerons 3 jours avant de regagner Bangkok.
Il y a pléthore de petites agences de voyage, toutes prêtes à organiser des tas d'excursions ou activités. 
Le choix est tellement vaste que le hasard prend le dessus. Et la tête sympathique du gars de l'agence où nous nous sommes arrêtés.

Nous profitons une dernière fois de notre belle chambre et de sa douche extérieure, allons régler nos nuits supplémentaires au jeune homme qui déteste les petits matins, et nous mettons en attente devant l’hôtel avec nos sacs.
À l'heure presque prévue, le pick-up vient nous ramasser et remonte vers le nord et le quai des ferrys.

Mais nous savone pas l'écrire
Il s'arrête dans quelques hôtels et pensions, quartiers baba-cool, hôtels plus classes. Par contre, la clientèle ne l'est pas vraiment.
Ces Russes ne sont pas du tout prêts. Enfin, ils arrivent, récupèrent les sièges qui restent, oublient leurs papiers dans leur chambre. 

Tiens, il nous manque la grosse Mamouchka. Elle est peinarde, assise devant son omelette avec sa clope au bout de la fourchette, les jambes croisées sous sa nuisette en dentelle. 
Même le chauffeur commence à perdre patience, et ça, c'est mauvais signe…

Enfin tout le monde a trouvé sa place, nos voisins slaves se font mitrailler par les regards assassins des autres passagers. La blague aura tout de même duré plus de 30 minutes, et il fait chaud sous ce toit de tôle.

En quelques minutes, nous sommes dans la file d'attente devant le ponton d'embarquement. Bien sûr, nous avons raté deux transferts, mais le va-et-vient de la noria des traversiers est régulier et soutenu.
Le mini-bus dans lequel nous avons embarqué est maintenant arrimé sur le pont, et nous sommes invités à profiter des activités de la croisière.

Gagnant le pont supérieur, nous trouvons multitude de bancs et tables pour nous installer. Mais nous préférons pour l’instant admirer les sommets ennuagés de Koh Chang s’éloigner doucement.

D’activités, il n’y aura point, de toute façon, la traversée est assez rapide, pas le temps de profiter des piscines ou de la salle de spectacle.
Nous remontons à bord du mini-bus et continuons jusqu’à Jomtien en semant quelques touristes au passage.

Du terminal des bus, il nous reste quelques centaines de mètres à parcourir avant d’arriver à l’accueil de l’hôtel réservé en ligne. Quelques clins d’œil, un peu de charme et hop, nous sommes relogés dans une suite Deluxe au bord de la piscine. 

Nous resterons quelques jours au bord de la mer, profiterons de quelques poissons grillés et de myriades de touristes russes en goguette avant de regagner la Capitale.

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Dimanche 6 mars – À l'eau, à l'eau !

100 mètres de long, 15 de large pour un peu plus de 1650 tonnes, le bateau de débarquement américain USS LST-898 a été construit en 1944. 
Ce n'est qu'en 1955 que l'anonyme navire est baptisé USS Lincoln County. 
Il participe à quelques missions du côté de la guerre de Corée avant d'être désarmé en 1961, puis cédé à la Marine thaïlandaise l'année suivante.
Il change une dernière fois de nom pour devenir le HTMS Chang, et reste actif jusqu'en 2006. 
Après 62 ans de bons et loyaux services, le bateau est entièrement nettoyé de ses peintures, carburant, et autres matières nuisibles puis la coque percée de quelques trous judicieusement disposés.
Il est sabordé le 22 novembre 2012 au sud-ouest de Ko Chang pour devenir l’attraction sous-marine principale du Golfe de Thaïlande.

Bon, ben c'est là que je vais plonger aujourd'hui. 

L'ambiance à bord du bateau de BB Divers est sympa, l'organisation rodée et tout se passe parfaitement bien. 
Nous nous faisons la main sur deux sites relativement tranquilles. 
Petits jardins de coraux, quelques poissons et tortues, les lieux sont quand même un peu désolés et par endroit, les coraux sont tous morts. Pas de quoi fouetter un poisson-chat.

Après un délicieux repas bien épicé, nous attaquons la pièce maîtresse de la journée. 
Notre bateau est au mouillage sur la bouée de l'épave. Nous nous mettons à l'eau, le courant est soutenu, mais en nous halant le long de l'amarre, nous arrivons facilement au cordage accroché au mat de l'épave.

À trois mètres sous la surface, le fanal du nid de pie nous accueille, puis nous descendons le long du mat.
En longeant le pont tribord vers l'avant, nous descendons un peu sur la proue en frôlant les 30 mètres avant de revenir visiter la plage arrière. 
Les plongeurs de notre palanquée sont arrivés à la limite de sécurité de leur air en canne. Seule ma binôme et moi avons encore de quoi tenir de précieuses minutes pour terminer la visite. Le chef de palanquée me donne son blanc-seing pour poursuivre la plongée. 
Je ne me fais pas prier pour visiter l'intérieur de la passerelle et me perdre dans des rêveries de marin.

Il est temps pour nous aussi de remonter vers la surface. 
Nous gravissons les échelons du mat, résistons au courant et observons la vie marine qui a pris possession de cet opportun récif surnaturel. Ah, qu'il est bon de se replonger dans l'essentiel !
...
Je retrouve mon binôme terrestre confortablement installé au bord de la piscine. 
Ce soir, nous ne nous éloignerons pas de notre camp de base. Il y a de très bons petits restaurants dans ce petit coin tranquille de l'île.






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Vendredi 4 mars – Avoir 40 ans à Koh Chang

Joyeux anniversaire ma coquerelle !
Après avoir traîné un peu sur Internet qui fonctionne enfin, nous prenons la route vers le nord de l'île. Hélas, le ciel se couvre et l'orage menace. 
Nous faisons demi-tour pour récupérer nos superbes manteaux de pluie qui nous avaient valu tant de regards amusés et fiers au terme de notre périple nordique.

Il commence tranquillement à pleuvoir, mais jusque-là tout va bien.
Ça ne dure pas, les gouttes deviennent rapidement de petits missiles qui s'abattent sur nous. Il pleut à verse, c'est un vrai déluge. 
La route se transforme en fleuve, la montagne déverse son trop-plein de liquide, c'est hallucinant. Mais je ne veux pas m'arrêter, ça a l'air encore plus dangereux.

Des voitures sont bloquées au bas des côtes, la route est devenue une patinoire recouverte d'eau et de limon. Impossible pour ces gros pick-up de grimper, les roues patinent et tournent dans le vide.
De mon côté, je garde une vitesse raisonnable pour dépasser tout le monde et surtout ne pas me vautrer comme un hippopotame saoul. 
Les deux pieds tremblotant d'incertitude, je garde le cap, mais sous mon casque, je n'en mène vraiment pas large.

Heureusement, la route redevient raisonnable le long des plages, le ciel s’éclaircit et le soleil commence à sécher le bitume, qui par endroit s'est transformé en lac fangeux.

Nous trouvons une boulangerie dont les tablettes débordent de très appétissantes viennoiseries. On ne sait laquelle choisir, alors on va en prendre plus que de raison.
Le service est particulièrement désagréable, le serveur se prend pour la reine de l'île et nous toise du haut de son mètre 40. Alors nous entrons dans son jeu, on va bien voir qui est la plus bitch du pays mon cher !

Ayant gagné cette manche, nous prenons la poudre d'escampette non sans avoir lancé un dernier regard hautain dans sa direction. Le soleil est revenu pour transformer le paysage en sauna au grand air. Inutile de préciser que le facteur humidité est à son apogée. 



Nous reprenons la route enfin sèche vers le sud et le ponton de Bang Bao. Juste à coté une petite plage nous permet de nous détendre un peu avant de remonter sur notre selle en direction du nord. 
Aucune route ne fait le tour complet de l'île. Tout au sud, elle s’arrête net au cœur de la brousse, et reprend quelques kilomètres plus loin au sortir d'une forêt inextricablement dense.

Passé les plages et hôtels classes, bars et discothèques, restos branchés et clientèle huppée, nous arrivons dans les bras grands ouverts d'un officier de police au regard perçant et sans empathie. 


Ici, le panneau indiquant l'obligation de porter un casque est scrupuleusement officiel et son absence est sanctionnée par des contrôles policiers aléatoires. Ce sont donc les aléas de la vie qui nous jettent tout droit dans l'impressionnant barrage dont il est illusoire de tenter d'éviter. Je sais, j'ai essayé...
Les cheveux au vent, les casques accrochés au guidon, nous nous acquittons de notre dette et obtenons en échange un reçu dûment tamponné des armes du royaume.
Tout le monde se fait arrêter, locaux et touristes, et si la contravention n'est pas excessive, nous porterons désormais nos casques, même si, après des années d'utilisation et des centaines de têtes de tailles différentes, ils ne sont qu'un leurre en cas d'accident.

J'ai choisi un restaurant réputé pour ses poissons et autres produits de la mer. Il est situé peu après l'embarcadère des ferrys et est fortement recommandé par plusieurs voyageurs.
C'est aussi une pisciculture, ici le poisson ne peut être que frais et parfaitement cuit. 
J'ai très hâte de savourer mon ''j'ai pas compris son nom'' grillé, et André ses frétillantes crevettes.
Installés sur la jetée, nous profitons de la vue et de la chaleur torride qui nous enveloppe. La charmante dame des lieux nous apporte nos plats. Surpriiiiiise !
Mon poisson frit dont le ventre regorge d'ail est trop cuit, les crevettes sortent du congélateur, mais le sourire et la gentillesse de la dame, ainsi que ses bières bien fraîches, nous font oublier ce léger désagrément. De toute façon qu'allons-nous y faire si ce n'est en rire. 
En dessous de notre table, les poissons vivants se régaleront des restants de leur congénère, l'eau bouillonne sous le quai, il était donc là notre menu.

Le repas du soir ne sera pas plus exceptionnel, même si le cadre de ce bel hôtel est romantique. 


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Jeudi 3 mars – de Koh Kood à Koh Chang

Bon, enfin un peu d'action !
Hier, nous avons réservé nos places sur le speed boat vers Koh Chang. Alors à 8h30, nous sommes assis sur ce petit ponton du khlong Chao, il fait déjà trop chaud et tout va aussi lentement qu'on peut le supposer.

Enfin, un peu avant 9 heures, le bateau accoste. Nos sacs sont rapidement embarqués, suivis par les quelques passagers de ce petit matin.

Les deux énormes moteurs hors-bords ronronnent dans le petit canal. Nous passons devant un ou deux hôtels très chics, avant de franchir la passe pour gagner la haute mer.
En fait de haute mer, nous faisons quelques haltes le long de la côte, pour ramasser d'autres passagers avant de filer vers le nord.


Les moteurs ont cessés de ronronner et se sont transformés en étalons fougueux. La mer est calme, le pilote met la gomme, nous filons comme le vent.

Nous passons entre Koh Mak et Koh Rang, faisons une rapide halte à Koh Wai pour échanger quelques passagers.
Les hauts contreforts de Koh Chang, la deuxième plus grande île du royaume, s'étirent sur un horizon nuageux. 
Le bateau accoste le quai de Bang Bao tout au sud de l'île. 
Ce quai est tout entier construit de restaurants, boutiques et succursales de clubs de plongée.
Les bagages récupérés, nous montons dans le pick-up qui va desservir les hôtels réservés par les passagers.

Nous arrivons rapidement à Elephant bay, qui est loin de l'agitation des plages des fêtards ou de celles des routards babacoolesques, un peu trop proches de notre Mère la Terre.

Il y a tellement de choix offerts sur Internet que nous nous sommes virtuellement perdus.
Le hasard, une rencontre australienne, le prix de la chambre et la seule condition exigée par André : plus de plages, je veux une piscine ! nous ont fait choisir ce petit hôtel. Je crois que les mouches de sable ont eu raison de notre appétit de sable fin…

L'Elephant Bay Resort est joliment entouré de bungalows aux couleurs toutes différentes. C'est vraiment charmant et bien aménagé. Les chambres sont propres, le lit confortable et la piscine à la hauteur de nos attentes.

Nous louons une mob à la voisine qui est aussi la matrone gérante de la laverie locale. 
Ses machines à laver vident leurs eaux bleues et savonneuses directement sur le sentier, une drôle de rivière serpente entre les hautes herbes qui ont déjà connu un arrosage plus naturel.

La route vers le nord est très sinueuse, elle grimpe et descend abruptement à travers d’immenses forêts impénétrables. Il faut se montrer prudent, nous sommes loin des balades îliennes le nez en l'air les cheveux aux vents…

Ici, il y a des voitures, du monde et beaucoup de virages avec des grosses falaises et des arbres démesurés de chaque côté de la route. 

Un resto plein de poulets grillés nous attire de ses fumets délectables. Sur les braises rougeoyantes des monceaux de volailles finissent de roussir. 
Tout ici invite à une pause repas bien méritée, les gallinacées sont grillées à point, la sauce arrache juste ce qu'il faut, et le service est agréable.

Tours et détours sur la route de la côte ouest, plages et piscine. 

Une journée classique à Koh Chang.



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