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Cuba 2015 - Les joies du tout-inclus

Observation non-exhaustive des comportements de nos congénères hors de leur habitat naturel.
Les principaux acteurs de ces séjours sont des gens bien de chez nous, nord-américains, hors étasuniens qui sont toujours personæ non gratæ, il en vient aussi de l'autre côté de l'océan. Français, Suisses, Russes, Belges, le buffet est ouvert !


Le Québécois est un bon vivant peu enclin à la violence. Il aime sympathiser rapidement avec le personnel des bars, les serveuses des salles de restauration, les surveillants de baignade et à peu près tous les autres vacanciers.
Il se reconnaît principalement au CH affiché sur le t-shirt et/ou la casquette. Il est fier de sa culture francophone, mais manie aisément les bases espagnoles qui vont lui permettre de se faire comprendre plus rapidement. Ola, gracias, por favor et cerveza sont les mots-clés de ce joyeux luron qui va les distribuer généreusement et avec le sourire, au comptoir ou au buffet. Il a les défauts de ses qualités, il est sociable ! Trop... Non, je vous assure madame qui avez l'âge de ma maman, je ne sympathiserais pas plus avant avec vous. Vous êtes ben ben saoule et j'ai aucune envie de vous frencher, même pas juste un ti bec et je suis pas votre "mon minou" !


Le Canadien... Habite hors du Québec, il ne comprend en général pas un seul mot de Français. De toute façon, la planète entière parle Anglais, c'est aux autres de s'adapter...
Il est identifiable instantanément grâce à la feuille d'érable imprimée sur le t-shirt, la casquette, le sac, le maillot de bain, le bikini ou tatouée sur une partie visible du corps. Toutes ces options sont cumulables.
Il vit en bande qu'il a réussi à former dès son arrivée à l'hôtel et verse de substantiels pourboires au personnel du bar.
Il a une très forte propension à surconsommer des barils d'alcool. On ne le voit jamais sans son énorme fût accroché au bout du bras, qu'il fait remplir de bière, piña colada ou Cuba libre. Comme ça, ça lui évite de retourner au bar trop souvent, c'est loin...
Parlant fort et ne supportant pas bien les effets secondaires de ses beuveries, il finit par trouver un adversaire, francophone de préférence, pour échanger quelques claques.


Le Français ne change pas...
Français, il est, Français, il reste ! Extra Gallia nulla salus comme on dit.
En voyage organisé, il se tient en petits groupes et est fidèle à ses habitudes. Il se demande à quoi peut bien servir la menthe au bar et préfère un Ricard sans glace à un mojito. Aucune amélioration concernant son ignorance des langues étrangères, il n'en connaît aucune. Il est incapable, même après une semaine, de sortir un por favor ou gracias. Il arrive au bar en panique, pas d'glace, pas d'glace !! Je ne sais pas ce qui se dit en Hexagone concernant les glaçons des hôtels internationaux de Varadero, mais cela m'étonnerais que ces complexes prennent le moindre risque d'empoisonner leurs milliers de clients. Ils utilisent de l'eau traitée. Et un drink sans glaçons, c'est moyennement bon.
Impatient, il pousse tout le monde pour être servi en premier. Hélas, il n'a pas encore réalisé qu'il était en vacances, alors il râle tout le temps. Même la météo en prend pour son grade. Mais pourquoi ne se contente t'il pas d'aller visiter l'Autriche ou les Deux-Sèvres ? 
Par contre, il est souvent bien habillé, hyper technique by Quechua ou totaly fashion comme pour un week-end à La Baule. Il ne parle pas Anglais, mais ne sait plus vraiment parler sa langue maternelle sans y coller quelques anglicismes mal prononcés.
Radin, il a ses techniques imparables : laisse traîner un billet sur le comptoir pour être servi en premier et quand c'est fait, tu le récupère. (réellement entendu au bar).


Les Argentins sont nombreux et pourtant on ne les entends jamais. Eux sont rapidement servis puisqu'ils savent bien s'exprimer... Polis avec toute le monde, ils bronzent vite (c'est énervant !) et se promènent en permanence avec un thermos d'eau chaude et leur bombilla plantée dans une calebasse pleine de maté. 

Le Jeune. Calmez-vous, j'ai déjà été jeune et, qui plus est, marin, ce qui fait de moi un spécialiste des bars et des fins de soirées étranges. Mais sérieusement, c'est quoi l'idée de se tartiner dès l'ouverture du premier bar ? Enfin pour ceux qui peuvent patienter, il y en a qui descendent de leur chambre à 8h du matin avec une ou deux Cristal dans les mains, d'autres qui n'ont pas dormi de la nuit et qui arrivent saouls comme des cochons au buffet du petit-déjeuner. 
Il est persuadé que tout un chacun aime la musique qui éructe de son sac à dos, et que son haleine de coyote mort est un parfum prisé des jeunes filles. Il ne comprend pas pourquoi ses voisins de chambre sont fâchés après qu'il ait hurlé toute la nuit, déroulé les lances incendie et poussé à fond le volume de ses hauts-parleurs bluetooth. Les gens sont tellement intolérants ! Il revendique sa swag attitude avec sa casquette croche et sa moue boudeuse. 
Ah, un gars trop saoul c'est vilain, mais une fille c'est vraiment laid !

Étrangement les quelques Russes que nous avons croisés étaient tous fort sympathiques. Familles avec enfants bien élevés, couples style couverture de magazine, jeunes mariés, il n'y a aucune anecdote à propos de ces fiers slaves. Désolé.
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En rafale, je vous évoque quelques acteurs triés sur le volet. Toute ressemblance avec des personnages réels n'est ni fortuite, ni involontaire. 

- Miss Barbie ne maîtrise pas l'utilisation de ses talons hauts. Elle marche toujours très vite tête baissée comme si elle avait une envie pressante et permanente d'aller aux toilettes. J'ai tellement peur qu'elle tombe. Ses rallonges, mal faites, font une vilaine bosse décolorée derrière la tête. 
- Tiffany porte des bijoux en faux diamants et un maquillage extrême, même à la plage. Une belle couche de goudron lui sert de mascara et colle ses sourcils en un épais rideau noir. Le soir, scotchée au bar, elle luit comme une boule disco, des rivières de brillants lui coulent dans la craque de boules comme autant de cascades merveilleuses. Elle avale sa tequila comme un chameau s'abreuve à un oasis et est vêtue comme si elle allait participer au bal du commandant. Le lendemain, elle est fraîche et dispose pour une nouvelle journée de folie. Apanage de la jeunesse...
- Shawinigay n'a pas compris qu'il était en terrain miné. Innocence alcoolisée, il découvre le monde à travers ses yeux d'enfant. Il finira sa première soirée en sang après s'être pris une beigne pour avoir voulu draguer le chef de la gang de rue au coin du bar. On ne l'a plus revu...
- Monsieur Toujours Content est un grand barbu tout en muscles qui passe ses journées à jouer au frisbee, à lancer une balle de base-ball ou de football américain avec son ami. Il a toujours un superbe sourire affiché sur sa face joviale et sympathise avec tout le monde. Il est l'incarnation de la joie de vivre et son geste favori est le fist bumping. 
- Monsieur Jamais Content, c'est tout le contraire. Un suisse allemand tout tatoué, avec une coupe de cheveux à l'iroquoise venu avec sa petite famille. Après 13 jours, nous l'avons pas encore vu sourire.
- Rase Motte et ses amis. En voilà un joli trio d'imbéciles... Un QI total proche d'un Jello mal figé, abonnés à tous les bars, ils font nuit blanche et ne savent hélas s'exprimer qu'en borborygmes. Le type de clientèle relativement classique de ce genre de vacances.
- Son Père est arrivé de Montréal pour une seule raison : ne jamais dessouler ! Il a la cinquantaine, mais en fait 15 de plus. Il porte les même vêtements pendant toute la semaine et sa main droite n'a jamais eu une température plus élevée que sa bière. Il finit ses journées invariablement en titubant dans le lobby à la recherche de son fils qui est à peu près aussi saoul que lui. C'est d'ailleurs son fiston que nous voyons arriver le matin avec une Cristal dans une main, un Red Bull dans l'autre.

J'en passe des dizaines d'autres, je ne voudrais pas vous gâcher la surprise lors de votre prochain séjour. Ne voyez aucune méchanceté dans mes propos, je ne fait que constater ce que j'ai vu. Il me manque énormément de faits divers puisque le soir je fuyais rapidement les lieux de beuverie.

Cela m'a empêché de me faire des "amis", mais je me souviens de toutes mes vacances. Je vous reviens sous peu avec mon escapade à La Havane.



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Réflexions cubaines 3 - du divers et du varié, mais surtout du varié

Je sais vous vous demandez si j'ai aimé mon séjour à Varadero... OUI, j'ai adoré !
Si les vacances sont synonymes de dépaysement, je peux vous dire que je l'ai été pas mal. Et ce tout en restant allongé dans mon transat, faisant mine de lire...
Du haut de la plage, bien abrité des rayons de notre belle étoile sous mon palapas j'observe et souvent me désole en notant dans un petit coin de mon cortex préfrontal quelques souvenirs dont je vais maintenant (enfin!) vous faire part.

J'ai déjà évoqué les verres en plastique, qui par dizaines roulent en formations serrées sur la plage, s'échouant au grès des dunes de sable, la plupart finissant avalées par les marées. Ni vu, ni connu pour la plus grand bonheur des tortues.
Est-ce que je suis le seul a être choqué lorsque les touristes prennent la plage pour une poubelle ou un cendrier géant ? Ces plages feraient le bonheur des itinérants de mon quartier avec tous ces mégots à récupérer. C'est pas compliqué d'utiliser un verre pour y jeter ses restants de clopes, on peut même le faire tout en restant allongé et saoul...
Juste en passant, pour ceux que ça intéresse, il y a 5000 produits nocifs dont 50 cancérigènes dans chaque mégot, et il mettra pas moins de deux ans pour se décomposer. Mais pourquoi se soucier d'un endroit où ne reviendra pas ou au pire dans un an, de toute façon c'est même pas chez nous.

Autre phénomène que je vois se développer rapidement et sans aucune logique, l'exhibition d'animaux.
Des Cubains se promènent sur la plage munis de leur animal totem et les touristes en mal d'exotisme aiment à se faire photographier avec ladite mascotte.
Un iguane ou un perroquet juchés sur l'épaule d'un commerçant sans scrupule est à l'extrême limite logique. Mais que penser d'un boa endormi, d'un mini-crocodile neurasthénique, d'un singe courtement attaché à une chaîne, d'un faucon déprimé ou d'un lapin à poils longs qui se demande ce qu'il fout attaché à un humain qui déambule sur une plage écrasé par les rayons implacables d'un soleil de plomb ?
Je vous jure que c'est vrai, il y a un Cubain qui se promène avec une espèce de lapin angora et des vrais gens se font prendre en photo avec ledit rongeur, quel magnifique souvenir !

Pour finir avec cette rubrique "plage", je vais rapidement me demander pourquoi les garçons portent des shorts de plage jusqu'aux genoux qu'ils s'empressent de rouler autour de la taille pour un meilleur bronzage ?
Pourquoi mes délicats tympans sont-ils obligés de subir une musique insipide, mortellement répétitive et surtout que je n'ai pas choisi éructée du ghetto blaster de ma voisine ? Elle pense qu'elle est plus jeune que son âge, et aimerait bien se taper les coqs en rut qui pourraient être ses fils, en les attirant avec sa zique.

Rien de grave j'ai mon casque sur les oreilles, suis plongé à corps perdu dans mon roman, admire le va-et-vient des vagues et me dit que si je ne suis pas content, la prochaine fois j'irais me vautrer sur une plage déserte... Mais je n'aurais plus rien à écrire.


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Dauphins en esclavage, touristes en extase

Vacances de rêve, cauchemar pour les dauphins

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Février 2012 - Me voilà de retour d’un très agréable séjour sur cette île colorée et musicale. Bronzé, reposé, le cigare au bec (Cohiba, évidemment), un soupçon de rhum dans le verre, de très bonnes lectures dans le sac, une escapade mémorable à La Havane, et une plongée dans les eaux chaudes de la Baie des Cochons. Un programme tranquille, parfait pour recharger les batteries loin de la neige et du froid.

Ces vacances ont aussi été l’occasion d’observer mes congénères d’un œil amusé (et parfois un peu inquiet). Il faut dire que les comportements en milieu tropical sont toujours instructifs, souvent surprenants. Et, curieusement, les premiers à se sentir visés sont généralement les premiers à me reprocher mes remarques. Allez comprendre…

Il y a trois jours, j’avais posté sur un forum de voyage un petit texte — celui que je reproduis plus bas — concernant le merveilleux loisir de "nager avec les dauphins". Une activité chaudement recommandée par les responsables de l’hôtel et l’agent local du voyagiste. Ce matin, message laconique dans ma boîte : texte supprimé, motif : il ne cadrait pas avec la magie attendue d’une excursion hors de prix sur un catamaran bondé de fêtards, avec musique hurlante, alcool à volonté, et ambiance « croisière s’amuse » garantie du matin au soir.

Eh bien désolé, mais je persiste : un vacancier bien renseigné voyage mieux. Que ce soit sur l’histoire du pays, sa population, sa réalité économique ou ses enjeux environnementaux, connaître un minimum ce qu’on vient fouler du pied (même en sandales) n’a jamais gâché une seule expérience. Au contraire.

Évidemment, Varadero n’est guère concernée par ce genre de considérations. 80 % des touristes n’en sortiront même pas, et la plupart des autres suivront un itinéraire bien balisé. Ce n’est pas une critique : chacun voyage à son rythme, selon ses envies et ses limites. Se détendre ou suivre un guide compétent, c’est très bien. Mais ouvrir un guide de voyage de temps en temps ne fait pas de mal.

Je précise aussi que je ne milite pas pour le PETA, cette organisation qui semble parfois prête à sauver une souris au détriment de l’humain, en repassant à l’infini les images de bébés phoques ensanglantés, alors que la chasse commerciale des blanchons est interdite depuis 1987. Je ne suis pas extrémiste, je suis juste fatigué de l’ignorance — surtout quand elle est complaisante.

Avant de passer aux dizaines d’autres bizarreries que j’ai notées, je vous propose de lire le texte censuré. Vous pourrez toujours aller caresser le gentil dauphin au sourire enjôleur, mais au moins, vous saurez ce qu’il y a derrière.



🐬 Le sourire trompeur des dauphins

… ou comment les touristes pourraient faire changer les choses

Qui n’a jamais rêvé de nager avec les dauphins, ces créatures que l’on dit intelligentes, sensibles, presque magiques ?
Aujourd’hui, pour quelques centaines de dollars, ce rêve est à portée de main dans des parcs aquatiques de Cuba, du Mexique ou des États-Unis.

Mais détrompez-vous : le sourire du dauphin n’est pas un sourire, c’est simplement la forme de sa mâchoire. Et s’il exécute des cabrioles ou transporte des touristes sur son dos, ce n’est pas par plaisir : c’est par faim.

Derrière cette industrie se cache une réalité sordide :

  • Captures violentes, souvent illégales

  • Trafic international, organisé

  • Conditions de captivité inadaptées, voire cruelles

  • Espérance de vie drastiquement réduite

Un dauphin peut coûter jusqu’à 100 000 $ à l’achat, et rapporter plus d’un million de dollars par an. Une manne pour certains, un enfer pour l’animal.

Les dauphins sont chassés dans les eaux du Japon, de Cuba ou des îles Salomon. Les plus beaux spécimens sont sélectionnés pour les spectacles ; les autres sont abattus. Chaque année, environ 23 000 dauphins sont tués, et leur chair — pourtant toxique à cause des métaux lourds — est consommée en Asie.


Quelques vérités essentielles

  • Durée de vie : en liberté, un dauphin peut vivre plus de 50 ans ; en captivité, plus de la moitié meurent dans les trois premiers mois.

  • Alimentation : en liberté, ils chassent du poisson frais ; en captivité, on les affame volontairement pour les conditionner avec du poisson mort en récompense.

  • Vie sociale : en liberté, ils vivent en groupe, dans des structures sociales riches ; en captivité, l’isolement, le stress et la dépression sont courants. Certains finissent par se suicider (oui, c’est documenté).

  • Espace vital : un dauphin peut parcourir jusqu’à 160 km par jour, plonger à plus de 300 mètres. Les bassins de béton font 2,5 mètres de profondeur, sans marée, sans vie, saturés de chlore et d’excréments.

  • Sonar : en mer, leur sonar leur permet de « voir ». En bassin, les ondes rebondissent douloureusement contre les parois. C’est comme hurler dans une cage métallique.

  • Reproduction : en liberté, une femelle peut avoir 6 à 7 petits au cours de sa vie. En captivité, moins d’un. Les fausses couches sont fréquentes.

  • Dressage : les cerceaux, les pirouettes, les portages de touristes : ce ne sont pas des jeux. Ce sont des humiliations infligées à un animal affamé, puni s’il résiste.


Touristes, posez les bonnes questions

Pas « quel est le nom du dauphin ? », mais : d’où vient-il ? Comment a-t-il été capturé ? Combien de temps vivra-t-il encore dans ce bassin ?

Si vous aimez les dauphins — vraiment — la seule manière éthique de les voir, c’est en liberté, dans leur habitat naturel, en respectant leur rythme et leur distance.


Maintenant que vous savez, le choix vous appartient.
L’émerveillement n’est pas incompatible avec la lucidité.


C'EST MAINTENANT À VOUS DE FAIRE LE BON CHOIX

#EmptyTheTanks



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